107 réfugiés syriens quittent le Liban pour une réinstallation temporaire en Allemagne

Points de presse, 10 septembre 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 10 septembre 2013 au Palais des Nations à Genève.

Demain, mercredi 11 septembre, 107 réfugiés syriens extrêmement vulnérables devraient quitter le Liban dans le cadre d'un programme pour des admissions humanitaires temporaires qui a été annoncé par l'Allemagne en mars 2013. Ce groupe se dirigera vers Hanovre et sera le premier à recevoir une aide du HCR dans le cadre de ce processus.

A l'arrivée, les réfugiés seront transférés dans un centre d'hébergement à Friedland en Basse-Saxe où ils resteront pendant quatorze jours. Les réfugiés bénéficieront d'un cours d'orientation culturelle, avec une formation linguistique de base et des informations générales sur la vie en Allemagne, y compris les systèmes scolaires et de santé, ainsi qu'une aide pour s'adresser auprès des autorités locales.

A la fin de la période de deux semaines, les réfugiés partiront vers plusieurs localités à travers l'Allemagne. Ils seront hébergés dans de petits centres ou des appartements et ils auront accès à l'ensemble des services de soins, d'éducation et autres services sociaux. Durant leur séjour, les réfugiés auront le droit de travailler. Le permis de résidence délivré à ces réfugiés a une validité de deux ans, avec une possibilité d'extension si la situation en Syrie reste inchangée.

Le programme d'admission temporaire de l'Allemagne fournit jusqu'à 5 000 places pour des réfugiés syriens. En tant que tel, c'est le plus important programme de réinstallation actuellement mis en œuvre au bénéfice des réfugiés syriens. Les équipes du HCR dans la région de la Syrie préparent actuellement d'autres dossiers de candidature pour ce programme, dont la mise en œuvre sera terminée à la fin 2013. L'Organisation internationale pour les migrations travaille conjointement avec le HCR pour organiser les voyages, les pré-visites médicales et d'autres types d'assistance.

La réinstallation des réfugiés, que ce soit une réinstallation formelle ou une procédure accélérée pour l'admission de réfugiés, comme c'est le cas pour le programme mis en œuvre actuellement par l'Allemagne, est un outil vital qui peut sauver des vies. Il vise à aider des réfugiés particulièrement vulnérables. Parmi les personnes réinstallées, il peut y avoir des femmes et des jeunes filles dont la vie est menacée, des personnes gravement malades, des survivants de la torture et d'autres personnes ayant des besoins spécifiques.

Le HCR a annoncé en juin 2013, dans son plan régional d'aide aux réfugiés syriens pour 2013, qu'il cherchait 10 000 places pour l'admission humanitaire et 2 000 places de réinstallation pour des Syriens particulièrement vulnérables. Depuis lors, l'Allemagne et l'Autriche ont offert des places pour l'admission humanitaire (5 000 et 500 respectivement), alors que d'autres pays ont offert des places de réinstallation. Parmi ces pays, il y a l'Australie, le Canada, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, l'Espagne, la Suède et la Suisse. Au total, ces pays se sont engagés sur plus de 1 650 places de réinstallation, dont 960 pour 2013. Les Etats-Unis d'Amérique ont indiqué être prêts à envisager un nombre indéterminé de places supplémentaires.

Le HCR réitère son appel pressant aux Etats pour qu'ils proposent davantage de places de réinstallation ou d'admission humanitaire. En particulier, du fait de la population réfugiée syrienne croissante dans les pays voisins de la Syrie, nous espérons que des pays offriront des places additionnelles par rapport à leurs quotas annuels et permettront des procédures accélérées pour l'admission humanitaire. Ceci aiderait à répondre aux besoins de Syriens extrêmement vulnérables, et cela assurerait des opportunités de réinstallation qui resteraient accessibles à des réfugiés extrêmement vulnérables originaires d'autres pays.

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L'histoire de Jihan

Comme des millions d'autres, Jihan, 34 ans, était prête à tout pour échapper à la guerre sévissant en Syrie et pour mettre sa famille en sécurité. Contrairement à la plupart, Jihan est aveugle.

Il y a neuf mois, elle a fui Damas avec Ashraf, son mari âgé de 35 ans, qui est également en train de perdre la vue. Avec leurs deux fils, ils se sont rendus en Turquie par la mer Méditerranée, à bord d'un bateau avec 40 autres personnes. Ils espéraient que le voyage ne durerait huit heures. Ils n'avaient aucune garantie d'arriver sains et saufs.

Après une périlleuse traversée qui aura duré 45 heures, la famille est enfin arrivée à Milos, une île grecque de la mer Egée, à des kilomètres de la destination qui était prévue. Sans aucun soutien ni aucune assistance, ils ont dû se débrouiller pour se rendre à Athènes.

La police les a détenus pendant quatre jours à leur arrivée. On leur a demandé de rester hors d'Athènes, ainsi que trois autres villes grecques, en les laissant à l'abandon.

Démunis et épuisés, la famille a été contrainte de se séparer. Ashraf est parti vers le nord en quête d'asile et Jihan s'est rendue à Lavrion avec ses deux enfants, une installation informelle à une heure de route de la capitale grecque.

Aujourd'hui, Jihan est impatiente de retrouver son mari qui, entre temps, a obtenu le statut de réfugié au Danemark. La chambre qu'elle partage avec ses deux fils, Ahmed, 5 ans, et Mohammad, 7 ans, est minuscule, et elle s'inquiète pour leur éducation. Sans greffe de la cornée, une chirurgie très complexe dont elle a besoin d'urgence, son oeil gauche se fermera à jamais.

« Nous sommes venus ici en quête d'une vie meilleure et pour trouver des personnes qui seraient plus à même de comprendre notre situation », explique-t-elle d'un air triste. « Je suis tellement en colère quand je vois qu'ils ne comprennent pas. »

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Une simple tente pour commencer : un enseignant syrien ouvre une école en Jordanie

Dans la zone semi-rurale de Kherbet Al-Souk, dans la banlieue d'Amman, des réfugiés syriens qui n'avaient pas pu inscrire leurs enfants dans des écoles publiques surpeuplées ont pris les choses en mains. Ils ont ouvert eux-mêmes une petite école dans leur installation spontanée comptant environ 500 réfugiés. Les familles vivaient dans les camps de Za'atri ou d'Al-Aghwar, mais ils ont déménagé pour se rapprocher de leurs proches et accéder aux services essentiels dans la capitale. Assurer l'éducation à tous les enfants réfugiés en Jordanie est difficile pour le gouvernement et ses partenaires, y compris le HCR. Selon les Nations Unies, plus de la moitié de tous les enfants réfugiés syriens en Jordanie ne sont pas scolarisés. A Kherbet Al-Souk, l'école gérée par les réfugiés se compose d'une grande tente où les élèves sont assis à même le sol avec leurs manuels. Ils suivent les cours tous ensemble avec les plus jeunes d'entre eux aux premiers rangs. Avant, ils passaient beaucoup de temps à jouer, mais ils n'apprenaient rien. Un réfugié, Djamal, a décidé de faire quelque chose. Le photographe Shawn Baldwin a rencontré Djamal et s'est rendu dans cette école sous tente. Voici quelques-unes de ses photos.

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Un visage parmi un million d'autres : les difficultés des réfugiés syriens au Liban

Ils sont partout au Liban - un million de réfugiés syriens, dans un pays de 4,8 millions d'habitants. Il n'y a pas de camps de réfugiés au Liban. La plupart des réfugiés louent des appartements, tandis que les autres vivent dans des abris de fortune, des garages, des usines et des prisons. Trois ans après le début de la crise en Syrie, le Liban est devenu le pays au monde hébergeant la plus forte densité de réfugiés par habitant. Le Liban tente de faire face. Le montant des loyers a grimpé en flèche, les logements se font rares ; le prix des denrées augmente. Pendant ce temps, une génération pourrait être sacrifiée. La moitié des réfugiés syriens sont des enfants ; la plupart ne vont pas à l'école. Beaucoup travaillent pour aider leurs familles à survivre. Certains se marient jeunes, d'autres mendient pour gagner un peu d'argent. Pourtant, ils ont tous les mêmes rêves d'éducation.

Dans la ville de Tripoli, au nord du Liban, beaucoup de Syriens vivent dans le district d'Al Tanak, surnommé « Tin City » (« ville de tôle »). Longtemps habité par les populations pauvres de la ville, ce quartier est désormais une banlieue surréaliste - des tas d'ordures d'un côté, une grande roue de l'autre. Les habitants cohabitent avec les rats. « Ils sont gros comme des chats », déclare l'un d'eux. « Ils n'ont pas peur de nous, c'est nous qui avons peur d'eux ».

La photo-journaliste plusieurs fois primée, Lynsey Addario, a visité la « ville de tôle » et d'autres régions du Liban avec le HCR pour montrer les visages et faire connaître les souffrances des Syriens dans le monde. A travers ses publications dans le New York Times et National Geographic, Lynsey Addario a mis en lumière les victimes des conflits et les violations des droits dans le monde, en particulier les femmes.

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L'afflux est important pour Arsal, une ville libanaise qui tente de faire face. Des abris d'urgence ont été installés dans tous les espaces disponibles de la ville. Les autorités locales, le HCR et ses partenaires font leur possible pour gérer l'afflux des réfugiés.
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L'année dernière, plus de 13 000 personnes sont arrivées à Lampedusa en Italie. Beaucoup d'autres sont mortes durant la tentative de traversée. De jeunes hommes originaires du continent africain aux familles syriennes…. Tous partagent le même rêve…. de sécurité et de stabilité en Europe.
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