Anarchie en République centrafricaine : Le HCR craint pour la sécurité des civils

Articles d'actualité, 6 septembre 2013

© HCR/D.Mbaiorem
Ces personnes fuyaient les violences en République centrafricaine, plus tôt cette année.

BANGUI, République centrafricaine, 6 septembre (HCR) Le HCR a fait part vendredi de « sa vive inquiétude » sur la sécurité des civils en République centrafricaine (RCA), après que le personnel du HCR ait fait état de l'anarchie généralisée durant une mission sur le terrain dans le nord du pays.

Des membres du personnel du HCR et d'OCHA, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, se sont rendus la semaine dernière dans la ville de Paoua, à 500 kilomètres au nord de Bangui, la capitale de la RCA. Ils ont trouvé sept villages réduits en cendres et désertés et un huitième village partiellement détruit avec des villageois qui se cachaient dans la brousse.

« Les habitants ont parlé de violences physiques, d'extorsion, de pillages, d'arrestations arbitraires et de torture par des hommes armés », a indiqué Melissa Fleming, porte-parole en chef du HCR, citant des membres de l'équipe en mission. « Les villageois ont indiqué que ces actions pourraient être des représailles après des affrontements le mois dernier avec des groupes d'auto-défense qui tentaient de protéger leurs familles et leurs biens », a-t-elle ajouté aux journalistes à Genève.

« Nous sommes de plus en plus inquiets pour les civils qui sont pris au piège au milieu des combats et qui sont à la merci de toute personne armée », a-t-elle déclaré. « Nous réitérons notre appel aux autorités de République centrafricaine et à tous les groupes armés, pour qu'ils protègent les civils et assurent que les agences humanitaires puissent aider les personnes dans le besoin. »

A Paoua, les résidents et les déplacés ont expliqué au personnel du HCR qu'ils passent la nuit dans la brousse pour plus de sécurité et qu'ils rentrent chez eux uniquement dans la journée. Les personnes ne vont pas sur les routes pour éviter d'être repérées. Et les pluies rendent les conditions de vie encore plus difficiles.

Dans le village de Bedengui, à 65 kilomètres de Paoua, le personnel du HCR a trouvé des personnes qui étaient en deuil après l'enlèvement et le meurtre de quatre membres de leur famille.

Il est difficile de dire exactement combien de personnes ont fui leurs maisons en RCA, en partie à cause de l'insécurité et de l'accès restreint. Avant la prise du pouvoir par l'alliance des rebelles seleka à Bangui en mars dernier, près de 160 000 personnes vivent dans les zones affectées.

Avec l'éruption et le regain de violence dans le nord à la fin du mois dernier, des milliers de personnes ont fui. Mercredi matin, le personnel du HCR avait enregistré 3 020 personnes déplacées dans la région qui s'ajoutent au total estimé à au moins 206 000 déplacés à travers le pays depuis décembre.

Les combats et la violence ont également poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir au-delà des frontières dans les pays voisins. Au Tchad, une récente vague de plus d'un millier de réfugiés est arrivée dans la région de Moissala. Elle a été suivie par une autre vague de 4 125 personnes en juillet et cela porte le total des réfugiés cette année à plus de 13 000.

Le personnel du HCR au Cameroun a enregistré environ 4 100 réfugiés centrafricains depuis mars, y compris 123 la semaine dernière. En République démocratique du Congo, plus de 40 000 réfugiés sont arrivés fin août. Au total, plus de 62 000 personnes ont fui la République centrafricaine en quête de sécurité à l'étranger.

Le HCR distribue des biens de secours dans la région de Paoua, y compris des bâches goudronnées, des moustiquaires et des batteries d'ustensiles de cuisine.

Par Djerassem Mbaiorem à Bangui, République centrafricaine

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Le HCR et ses partenaires ont mis en place des cliniques mobiles supplémentaires aux points de passage frontière pour fournir des soins d'urgence dès l'arrivée des réfugiés. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés appuie également des dispensaires publics qui sont submergés par le nombre de réfugiés et leur mauvais état de santé.

Parallèlement, le HCR a transféré quelque 20 000 réfugiés qui vivaient en plein air dans les zones frontalières de Garoua Bouai et de Kenzou. Ils se trouvent désormais dans de nouveaux sites à Lolo, Mborguene, Gado et Borgop dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua.

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Au cours de l'année écoulée, le HCR a publié sur ses sites Internet une série de galeries de photos prises par le photographe américain Brian Sokol ayant pour thème les possessions que les réfugiés emportent avec eux lorsqu'ils sont forcés de fuir leur domicile. Nous nous sommes d'abord intéressés en août dernier aux réfugiés soudanais au Soudan du Sud, puis nous avons fait un reportage sur les réfugiés originaires de Syrie et du Mali.

Brian Sokol s'est rendu l'an dernier dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC) pour poser cette question aux réfugiés originaires de la République centrafricaine : quel est l'effet personnel le plus important pour vous que vous ayez emporté ? Il a reçu encore une fois des réponses intéressantes de la part de tout un éventail de personnes originaires de régions rurales ou urbaines de la République centrafricaine, où les violences intercommunautaires ont dégénéré, échappant à tout contrôle. Leurs réponses sont présentées ici. La sandale d'une femme âgée, une paire de béquilles utilisée par un homme pour rejoindre un lieu sûr et la photo portée par un garçon de son père tué en sont quelques exemples. Un autre garçon a désigné les membres de sa famille ayant, comme lui, réussi à s'échapper comme son bien le plus précieux - ils sont nombreux à ressentir la même chose.

Depuis décembre 2012, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont fui la République centrafricaine vers des pays voisins. 60 000 personnes se sont ainsi retrouvées dans le nord de la RDC. Quelque 30 000 d'entre elles vivent dans quatre camps de réfugiés établis par le HCR. Les autres sont hébergées par des familles de la communauté locale. La majorité d'entre elles n'ont pas eu le temps de faire leurs bagages avant de s'enfuir. Elles ont fui les violences et le chaos et elles sont arrivées en RDC, exténuées et traumatisées. Elles n'ont été en mesure d'emporter que des effets essentiels et légers. Les photos qui suivent ont été prises au centre de transit de Batanga, dans le camp de réfugiés de Boyabo et dans le village de Libenge.

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