Le HCR condamne le meurtre de civils dans l'est de la RDC ; nouveaux déplacements vers le Burundi

Points de presse, 27 août 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 27 août 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR et d'autres agences sœurs des Nations Unies déplorent le meurtre de civils durant les combats ce week-end entre l'armée congolaise et le groupe M23 autour de Goma, la capitale du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Au moins trois personnes ont été tuées et cinq autres blessées samedi matin (24 août) lorsqu'une bombe est tombée sur Ndosho, une banlieue de Goma. Goma a une très importante population civile car plus de 150 000 personnes ont été déplacées vers cette ville depuis 2012.

Une autre bombe est tombée samedi près du camp de Mugunga 3, où sont hébergés plus de 14 000 déplacés internes. Le 22 août, plusieurs bombardements avaient eu lieu contre des zones résidentielles à Goma, tuant au moins quatre personnes et en blessant 15 autres toutes des civils.

Nous réitérons à toutes les parties au conflit que les attaques aveugles et délibérées contre les civils sont des crimes de guerre. Les civils ne doivent pas être ciblés.

Ailleurs dans l'est de la RDC, nous voyons la reprise d'un conflit ancien dans la plaine de Ruzizi, à la frontière entre le Sud-Kivu et le Burundi. Le conflit avait commencé en avril 2012, mais il a envoyé 1 500 demandeurs d'asile vers le Burundi durant les 12 derniers jours. Les demandeurs d'asile, ayant fui les zones de Sange, Mutalule, et Rwanena dans la plaine de Ruzizi, nous disent que des hommes armés non identifiés ont tué huit personnes et en ont sérieusement blessé beaucoup d'autres.

Les demandeurs d'asile sont temporairement hébergés au centre de transit de Cishemere, à l'ouest de la province de Cibitoke au Burundi. Beaucoup de ceux qui sont accueillis par des familles burundaises dans la commune de Buganda ont été transférés vers le centre de transit où ils peuvent être mieux assistés. Nous avons déjà transféré 174 personnes au camp de réfugiés de Kavumu dans l'est de la province de Cankuzo. Quelque 341 autres sont en chemin.

Nous voyons des personnes arriver au Burundi, au nombre d'environ 60 par jour, et entre 150 et 200 par jour la semaine dernière. Environ 60% d'entre eux sont des enfants.

Parallèlement, l'Ouganda accueille toujours quelque 50 000 réfugiés congolais qui ont fui les combats au Nord-Kivu à la mi-juillet. Les réfugiés continuent d'arriver par leurs propres moyens depuis la frontière vers un centre de transit à Bubukwanga, dans l'ouest de l'Ouganda. Bien que nous ayons déjà transféré plus de 3000 personnes vers l'installation plus confortable de Kyangwali dans l'ouest de l'Ouganda, 21 344 personnes se trouvent toujours dans le centre de transit. Par ailleurs, plus de 20 000 réfugiés hébergés chez des proches ou des familles hôtes du côté ougandais de la frontière ont besoin d'aide.

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De Batalimo à Batanga et au-delà : Des Congolais rentrent de RCA

Ce mois-ci, près de 6 300 réfugiés originaires de la République démocratique du Congo (RDC) ont quitté le camp de Batalimo en République centrafricaine, un pays déchiré par les violences. Ils sont rentrés chez eux dans la province de l'Equateur sur une base volontaire. Leur décision de rentrer prouve encore une fois, s'il en était besoin, la gravité de la situation en République centrafricaine, où la violence s'est intensifiée depuis décembre. Le conflit a généré des centaines de milliers de personnes déplacées internes et en a forcé près de 350 000 autres à fuir vers les pays voisins. Les réfugiés du camp de Batalimo faisaient partie des quelque 20 000 Congolais ayant fui en République centrafricaine pour échapper aux conflits interethniques en RDC. L'opération de retour depuis Batalimo avait été reportée plusieurs fois pour des raisons de sécurité et de logistique. Toutefois, le 10 avril, un premier convoi a traversé le fleuve Oubangui en bateau. Le tout dernier est arrivé en RDC en date du 10 mai. Le HCR a organisé le transport des réfugiés depuis Batalimo vers la ville fluviale de Zinga en RCA. De là, ils sont montés à bord de bateaux pour la traversée vers Batanga ou Libenge dans la province de l'Equateur en RDC. A Batanga, les rapatriés ont été enregistrés, ils ont reçu des documents d'identité et une subvention d'aide à la réinsertion. Ils ont ensuite été transportés vers leurs villages, où ils bénéficieront d'un suivi. La photographe Leonora Baumann a suivi l'un de ces groupes de rapatriés vers la RDC.

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Sur la route : le HCR transfère des réfugiés congolais vers leur future maison en Ouganda

À la mi-juillet 2013, des milliers de réfugiés congolais ont commencé à affluer à la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et l'Ouganda, dans le district de Bundibugyo à l'ouest du pays. Ils fuyaient les combats ayant éclaté quand un groupe rebelle ougandais, les Forces démocratiques alliées, ont attaqué la ville de Kamango dans la province instable du Nord-Kivu en RDC. Beaucoup sont restés dans la zone frontalière montagneuse, mais d'autres ont été transférés vers le centre de transit de Bubukwanga plus à l'intérieur de l'Ouganda. Ils y ont reçu protection et assistance de la part du gouvernement, du HCR et de ses partenaires. Mais le centre de transit a une capacité d'accueil initiale de 12 500 personnes. Il a été rapidement surpeuplé et les gens ont été encouragés à rejoindre l'installation de réfugiés de Kyangwali, située à 280 kilomètres au nord dans le district de Hoima. Depuis que le premier convoi a quitté Bubukwanga pour Kyangwali le 14 août dernier, plus de 11 000 personnes ont rejoint ce site où elles accèdent à des services plus complets et plus durables. Le photographe Michele Sibiloni s'est récemment rendu à Bubukwanga et il a suivi un convoi de réfugiés se rendant à l'installation de Kyangwali.

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Lauréate de la distinction Nansen 2013 du HCR pour les réfugiés

Soeur Angélique Namaika, une religieuse congolaise qui démontre un courage exceptionnel et qui offre un soutien infaillible aux survivants de la violence en République démocratique du Congo (RDC), est la lauréate de la distinction Nansen 2013 du HCR pour les réfugiés.

L'Armée de résistance du Seigneur (LRA), un groupe rebelle ougandais sans scrupules, a mené une campagne de violences qui a déraciné des centaines de milliers de personnes dans la province Orientale, au nord-est de la RDC, au cours de la dernière décennie. De nombreuses femmes et jeunes filles congolaises ont été kidnappées et terrorisées.

Soeur Angélique est une lueur d'espoir pour ces victimes, notamment par l'approche très personnelle et individualisée qu'elle utilise pour aider les rescapées à sortir de leur traumatisme. Un grand nombre de personnes dont elle s'occupe ont été déracinées et elles ont subi des sévices sexuels.

La brutalité de la LRA est notoire, et les témoignages des femmes que soeur Angélique a aidées sont effroyables. Le fait que de nombreuses victimes soient stigmatisées par la société à cause de leur expérience accentue le traumatisme subi. Il faut une personnalité hors du commun pour aider ces femmes à surmonter leur problème et à reconstruire leur vie.

La lauréate de la distinction Nansen 2013 du HCR pour les réfugiés a passé la dernière décennie à aider les femmes, via notamment des activités génératrices de revenus, des formations professionnelles, des cours d'alphabétisation et une aide psychosociale. Elle a amélioré la vie de milliers de personnes, leur famille et leur communauté.

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