Environ 30 000 Syriens ont rejoint le Kurdistan iraquien, davantage sont en route

Articles d'actualité, 20 août 2013

© HCR/G.Gubaeva
Des Syriens ayant rejoint le Kurdistan via la frontière de Peshkhabour marchent vers un centre de réception de fortune.

GENÈVE, 20 août (HCR) Le HCR a indiqué mardi qu'environ 30 000 Syriens ont afflué au nord de l'Iraq depuis la semaine dernière et que des milliers d'autres attendent d'entrer en Iraq. Ils fuient des villes et villages situés dans une large partie du nord de la Syrie.

« Avec plusieurs dizaines de milliers de personnes qui ont traversé depuis la semaine dernière, ce nouvel exode depuis la Syrie est l'un des plus importants que nous ayons jamais vus depuis le début du conflit, qui est maintenant dans sa troisième année », a indiqué Dan McNorton, porte-parole du HCR, lors d'un point de presse.

« Ce matin, un nouveau groupe de 2 000 à 3 000 personnes attendrait près du côté syrien de la frontière, qu'elles vont sans doute traverser aujourd'hui », a-t-il indiqué.

Lundi, plus de 4 800 personnes sont entrées à Sahela, à environ 120 kilomètres au nord-ouest de Mossoul. Certaines sont originaires de la ville de Malikiyye dans le Gouvernorat voisin d'Al-Hasakah et elles ont indiqué au HCR avoir fui des raids aériens ce matin-là. D'autres arrivées ces derniers jours étaient originaires de régions plus à l'ouest, y compris Efrin et Alep, en plus d'Al Hasakah et Al Qamishly.

« Certains nous ont expliqué fuir les récents bombardements. D'autres disent avoir fui des combats et des tensions parmi différentes factions sur le terrain », a indiqué Dan McNorton. « De même, les arrivants ont cité l'effondrement de l'économie syrienne due à la guerre et les difficultés qui en résultent pour subvenir aux besoins de leurs familles. »

L'afflux a commencé jeudi dernier, lorsque les autorités du Gouvernement régional du Kurdistan au nord de l'Iraq ont soudainement ouvert l'accès au pont flottant temporaire de Peshkhabour au nord de Sahela. Plusieurs centaines de personnes qui campaient dans la zone depuis le début de la semaine dernière ont ainsi pu entrer en Iraq.

Le matin suivant, des milliers de personnes avaient afflué via le pont flottant qui enjambe le fleuve Tigre. Samedi, selon les estimations du HCR, 20 000 Syriens ont traversé le pont de Peshkhabour. Dan McNorton a indiqué qu'ils ont été suivis par un autre groupe de 6 000 personnes dimanche, lorsque les Syriens fuyant en exil étaient dirigés vers le point de passage frontière de Sahela, au sud de Peshkhabour.

En réponse à cet afflux, les équipes du HCR et des agences partenaires ont monté des abris pour fournir de l'ombre. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Gouvernement régional du Kurdistan ont fourni des bus et des camions pour transférer plus à l'intérieur de l'Iraq des milliers de personnes depuis la zone frontalière.

Dans le gouvernorat d'Erbil, plus à l'est, le HCR a établi un site de transit à Kawergost avec 1 100 tentes du HCR montées à côté de 200 tentes assemblées par l'International Rescue Committee. Le centre de transit de Kawergost, au nord de la ville d'Erbil et dans le district de Khabat, héberge désormais 7 000 à 9 000 Syriens. Le Président de la Région du Kurdistan, Massoud Barzani, s'est rendu hier au centre de transit.

Ces derniers jours, le HCR a envoyé plus de 90 camions transportant de l'aide depuis Erbil. Les biens de secours comprenaient des tentes, des bâches en plastique goudronnées, des latrines portables, des douches portables et des ventilateurs électriques. Cependant, du fait de l'ampleur et de la rapidité de l'afflux, certaines personnes à Kawergost manquent toujours de tentes et doivent camper sous des bâches en plastique goudronnées ou des abris de fortune.

Lundi, les autorités ont permis au HCR d'accéder à un entrepôt à Bahrak, qui est désormais utilisé pour héberger 2 500 Syriens. Des terrains ont été identifiés dans le district de Qusthtapa à Erbil pour un autre site de transit. Certaines personnes sont hébergées sous des tentes, quelque 14 000 autres vivent dans des familles d'accueil ou campent dans des mosquées vers Erbil.

Plus au sud-est, à Sulemaniyah, 4 000 personnes ont été hébergées temporairement dans 11 écoles. Comme à Erbil, un site temporaire a été construit. Environ 3 000 personnes arrivées lundi ont été transférées à Sulemaniyah.

Du côté syrien, la frontière à Sahela est contrôlée par les forces syriennes kurdes. Le Gouvernement régional kurde a identifié un site supplémentaire à Kushtapa où il a fait savoir au HCR que l'organisation pourrait établir un autre camp de transit.

Pour réapprovisionner les stocks de matériel d'aide qui s'épuisent rapidement en Iraq, le HCR a envoyé 15 camions semi-remorques vers le nord de l'Iraq depuis son principal entrepôt de stockage régional à Amman. Cette cargaison devrait arriver cette semaine et comprend plus de 3 100 tentes, deux entrepôts en pré-fabriqué et des jerrycans. D'autres biens de secours sont actuellement pré-positionnés.

A plus long terme, en coopération avec le Gouvernement régional du Kurdistan, le HCR et ses partenaires construisent le camp de Darashakran, qui devrait pouvoir accueillir des réfugiés d'ici quelques semaines.

Le HCR avait construit le camp de réfugiés de Domiz près de Dohuk, en Iraq plus tôt cette année. La capacité d'accueil initiale de ce camp était de 15 000 réfugiés syriens. Désormais, le camp est surpeuplé avec plus de 55 000 résidents ce qui signifie donc que les nouveaux arrivants doivent trouver un hébergement ailleurs. Avant ce tout dernier afflux, le HCR avait enregistré 155 000 réfugiés syriens en Iraq.

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Depuis le début de la crise à la mi-juillet, l'UNHCR a acheminé 1 553 tonnes de matériel de secours en Syrie et au Liban pour venir en aide aux victimes du conflit. Cela représente environ 15 000 tentes, 154 510 couvertures, 53 633 matelas et 13 474 kits de cuisine. L'agence pour les réfugiés a également importé 5 camions et 15 autres sont en route.

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A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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