Des Syriens affluent massivement au Kurdistan iraquien

Points de presse, 16 août 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 16 août 2013 au Palais des Nations à Genève.

Des employés du HCR sur le terrain ont signalé un premier groupe d'environ 750 Syriens qui ont traversé le pont flottant à Peshkabour sur le fleuve Tigre dans la matinée de jeudi. Dans l'après-midi, un groupe plus important comptant 5 000 à 7 000 personnes a suivi.

Les facteurs de ce déplacement de population soudain ne sont pas très clairs pour nous à ce stade. Ce matin, nous n'avons pas vu de nouveaux groupe de cette importance qui auraient traversé la frontière.

Certains des Syriens auraient attendu près du fleuve Tigre durant deux à trois jours. Ils campaient dans un site de fortune. Le HCR surveille les mouvements à la frontière et a vu des dizaines de bus arriver du côté syrien de la frontière débarquant des personnes qui cherchaient à passer en Iraq.

A la fois les côtés syrien et iraquien du point de passage frontière de Peshkabour sont étroitement contrôlés.

La vaste majorité des nouveaux arrivants sont des familles des femmes, des enfants et des personnes âgées principalement originaires d'Alep, Efrin, Hassake et Quamishly. Certaines familles ont indiqué au HCR avoir des proches qui résident dans le nord de l'Iraq. Certains étudiants ont voyagé seuls. Ils ont expliqué au HCR qu'ils étudient au nord de l'Iraq et qu'ils étaient seulement retournés en Syrie pour les récents congés de l'Eïd.

Le HCR et les agences partenaires travaillent conjointement avec les autorités locales, depuis les premières heures du matin pour aider les nouveaux arrivants. Le HCR, ses partenaires et les autorités ont fourni de l'eau et des vivres ; l'OIM et le Gouvernement régional du Kurdistan ont fourni des centaines de bus pour transférer les réfugiés hors de la région frontalière vers Dohuk et Erbil.

A Erbil, environ 2 000 des nouveaux arrivants sont désormais hébergés sous des tentes dans un site de la ville de Kawergost, où le HCR a établi un centre de transit et de réception d'urgence. Certains des nouveaux arrivants sont hébergés sous des tentes déjà établies par le HCR. D'autres seraient accueillis dans des mosquées ou résideraient chez des proches ou des amis qui habitent dans les environs, a indiqué le HCR.

Le HCR travaille avec les autorités du Gouvernement régional du Kurdistan, d'autres agences des Nations Unies et des ONG partenaires pour établir un camp à Darashakran près du centre de transit d'urgence.

Celui-ci devrait ouvrir dans deux semaines. Nous espérons qu'il soulagera la pression portée sur le camp de Domiz qui est surpeuplé et qu'il permettra aux réfugiés vivant actuellement dans un logement au loyer élevé de rejoindre un camp géré par le HCR pour y bénéficier d'une assistance.

Le HCR a remercié les autorités iraquiennes et particulièrement le Gouvernement régional du Kurdistan pour leur participation aux négociations qui permettent aux nouveaux réfugiés de traverser la frontière, d'être transportés et de recevoir d'autres types d'assistance qui leur sont fournis à la frontière.

A ce jour, 1 916 387 Syriens ont fui la guerre et sont enregistrés en tant que réfugiés ou ont déposé une demande d'enregistrement. Les deux tiers d'entre eux sont arrivés cette année.

On compte désormais plus de 684 000 réfugiés syriens au Liban, 516 000 en Jordanie, 434 000 en Turquie, 154 000 en Iraq et 107 000 en Egypte.

Les gouvernements des pays de la région gèrent étroitement leurs frontières avec la Syrie, principalement du fait de leur propre préoccupation en termes de sécurité nationale. Mais les réfugiés continuent d'arriver dans les pays voisins de la Syrie en nombre croissant. Le HCR a exhorté les pays de la région et au-delà à maintenir leurs frontières ouvertes et à recevoir tous les Syriens en quête de protection.

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Un visage parmi un million d'autres : les difficultés des réfugiés syriens au Liban

Ils sont partout au Liban - un million de réfugiés syriens, dans un pays de 4,8 millions d'habitants. Il n'y a pas de camps de réfugiés au Liban. La plupart des réfugiés louent des appartements, tandis que les autres vivent dans des abris de fortune, des garages, des usines et des prisons. Trois ans après le début de la crise en Syrie, le Liban est devenu le pays au monde hébergeant la plus forte densité de réfugiés par habitant. Le Liban tente de faire face. Le montant des loyers a grimpé en flèche, les logements se font rares ; le prix des denrées augmente. Pendant ce temps, une génération pourrait être sacrifiée. La moitié des réfugiés syriens sont des enfants ; la plupart ne vont pas à l'école. Beaucoup travaillent pour aider leurs familles à survivre. Certains se marient jeunes, d'autres mendient pour gagner un peu d'argent. Pourtant, ils ont tous les mêmes rêves d'éducation.

Dans la ville de Tripoli, au nord du Liban, beaucoup de Syriens vivent dans le district d'Al Tanak, surnommé « Tin City » (« ville de tôle »). Longtemps habité par les populations pauvres de la ville, ce quartier est désormais une banlieue surréaliste - des tas d'ordures d'un côté, une grande roue de l'autre. Les habitants cohabitent avec les rats. « Ils sont gros comme des chats », déclare l'un d'eux. « Ils n'ont pas peur de nous, c'est nous qui avons peur d'eux ».

La photo-journaliste plusieurs fois primée, Lynsey Addario, a visité la « ville de tôle » et d'autres régions du Liban avec le HCR pour montrer les visages et faire connaître les souffrances des Syriens dans le monde. A travers ses publications dans le New York Times et National Geographic, Lynsey Addario a mis en lumière les victimes des conflits et les violations des droits dans le monde, en particulier les femmes.

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Troisième anniversaire de la crise en Syrie: un enfant du conflit

Achraf est né le jour même où le conflit a commencé en Syrie : le 15 mars 2011. C'est le septième enfant d'une famille de Homs. Une semaine après sa naissance, le conflit a atteint son quartier. Pendant des mois, sa famille est restée quasiment recluse à la maison. Certains jours, les bombardements étaient sans interruption, d'autres jours un calme inquiétant régnait. Ces jours-là, la maman d'Achraf se précipitait avec lui dans la clinique locale pour les vaccins et les contrôles.

Quand Achraf avait environ 18 mois, sa tante, son oncle et son cousin ont été assassinés - la gorge tranchée - alors que le garçon dormait à côté dans la maison de sa famille. Terrifiée et craignant d'être les prochains, la famille d'Achraf s'est entassée dans leur voiture, emportant quelques effets précieux, et est partie vers la frontière.

Ils ont abandonné leur maison, construite par le père et l'oncle d'Achraf. Au bout de quelques jours, la maison a été pillée et détruite. Le photographe Andrew McConnell a rendu visite à la famille dans leur nouveau foyer dans la plaine de la Bekaa, au Liban, également construit par le père et l'oncle d'Achraf. Situé au bord d'un champ de boue, c'est un patchwork de bâches en plastique, de toile et de ferraille. Le sol est couvert de couvertures et de matelas fournis par le HCR. Ils font désormais face à de nouveaux défis comme la lutte quotidienne pour que les enfants soient au chaud, au sec et protégés contre les rats. Achraf sursaute toujours quand il entend des bruits soudains et forts, mais le médecin a expliqué à sa mère que le garçon s'y habituerait.

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Forcé de grandir trop vite au Liban : Mahmoud

Mahmoud est âgé de 15 ans et il ne va plus à l'école depuis trois ans. Dans sa Syrie natale, ses parents avaient peur de l'envoyer à l'école à cause de la guerre civile. Ils ont fini par fuir il y a un an lorsqu'un matin, très tôt, une bombe est tombée sur une maison du voisinage. La famille, encore engourdie après avoir été réveillée aussi brutalement, a préparé quelques affaires et a fui vers le Liban. Depuis, leur maison et l'école locale ont été détruites.

Au Liban, le père de Mahmoud ne trouve pas de travail et la famille peut désormais à peine payer le loyer.

Il y a un mois, Mahmoud a commencé à travailler à la commission, il s'occupe de vider des poissons dans une petite boutique non loin de chez lui. Il gagne environ 60 dollars par mois. Avec cet argent, il aide à payer le loyer de la pièce unique souterraine de sa famille, qu'il partage avec ses parents et ses huit frères et soeurs. Mahmoud est fier d'aider sa famille. Toutefois, le magasin de poissons étant situé dans la même structure souterraine que sa maison, il voit à peine le soleil.

Des enfants comme Mahmoud, dont certains âgés de sept ans seulement, travaillent de longues heures pour un maigre salaire, parfois dans des conditions dangereuses. Ces enfants mettent en péril leur avenir en manquant l'école et en perdant les années d'insouciance de l'enfance. Beaucoup sont également traumatisés par ce qu'ils ont vu en Syrie.

Le HCR et ses partenaires, conjointement avec les autorités locales, fournissent des allocations d'aide financière pour aider des familles vulnérables de réfugiés syriens à couvrir des dépenses courantes, comme le loyer et les soins médicaux. Cette aide leur permet de moins retirer les enfants de l'école pour les faire travailler. Les agences des Nations Unies et leurs partenaires ont également mis en place des systèmes de gestion et d'orientation en Jordanie et au Liban pour identifier les enfants à risque et les orienter vers des services appropriés.

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Durant sa récente mission au Moyen-Orient, l'Emissaire du HCR Angelina Jolie a rencontré des déplacés et des rapatriés iraquiens à Bagdad.
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