Le HCR appelle au dialogue et à des mesures de restauration de la confiance après les récentes violences contre des déplacés au Myanmar

Points de presse, 13 août 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 13 août 2013 au Palais des Nations à Genève.

Vendredi dernier, de violents affrontements entre des musulmans déplacés et les forces de l'ordre dans l'État de Rakhine au Myanmar ont causé un mort. Par ailleurs, environ 10 personnes ont été blessées. Le HCR réitère son appel à un dialogue pacifique et à des mesures de restauration de la confiance entre les personnes déplacées et les autorités. Selon le HCR, c'est la clé pour éviter de nouvelles violences.

Le tout dernier incident en date aurait commencé vendredi matin quand un corps sans vie a été retrouvé dans un ruisseau près du camp de déplacés d'Ohn Taw Gyi près de Sittwe, la capitale de l'État de Rakhine. La cause du décès et le déplacement du corps ont généré un différend entre un groupe de personnes déplacées et la police locale. Cela aurait dégénéré en de violents affrontements entre la police et les personnes déplacées, durant lesquels quatre personnes déplacées ont été blessées par balles et une autre a été frappée à la tête par d'autres personnes déplacées. Les personnes déplacées ont brûlé une ancienne base de gardes-frontières près d'Ohn Taw Gyi. Nous comprenons qu'au moins trois personnes ont été arrêtées.

Les personnes déplacées ont ensuite bloqué une route menant vers le site des affrontements. En tant que membre d'une équipe inter-agence des Nations Unies, le HCR a été invité par le gouvernement à servir de médiateur et à apaiser les tensions. L'équipe des Nations Unies a réussi à obtenir un accès temporaire et à évaluer la situation sur place, mais nous avons reçu plus tard des informations selon lesquelles la police avait retiré le barrage routier en utilisant la force, ce qui a généré encore d'autres blessés.

Dimanche, il a été signalé que l'une des victimes blessées par balles était décédée de ses blessures. Des sources communautaires humanitaires ont pu confirmer, dans une certaine mesure, le bilan des événements de vendredi. Toutefois, l'accès à une information fiable reste problématique.

Ce week-end, le HCR et ses partenaires n'ont pas pu accéder aux zones touchées pour des raisons de sécurité. Hier, la situation était suffisamment calme pour que le travail humanitaire puisse reprendre dans les camps touchés.

Parallèlement à la fin de la construction de la plupart des abris temporaires, les activités pour la coordination et la gestion du camp sont d'une importance primordiale pour aider à assurer un dialogue constructif avec les autorités et pour prévenir de futurs incidents. Nos équipes travaillent avec les partenaires et les personnes déplacées pour renforcer la gestion du camp et aider à créer des comités de camp fiables qui puissent atténuer les tensions futures.

Quelque 140 000 personnes restent déplacées à l'intérieur de l'État de Rakhine suite aux violences intercommunautaires de l'année dernière. De plus, environ 36 000 personnes dans des zones reculées et des communautés hôtes dans l'État de Rakhine ont également été affectées, avec peu ou pas d'accès à l'emploi et aux services essentiels.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Une crise humanitaire s'est développée dans l'Etat de Rakhine au Myanmar, où quelque 115 000 personnes ont désespérément besoin d'aide après avoir été déplacées au cours de deux vagues de violence intercommunautaire successives en juin et en octobre 2012. Les personnes déplacées, dont la plupart sont des Rohingyas, ont trouvé refuge dans des camps provisoires et d'autres restent dispersées à travers l'Etat, vivant étroitement surveillées dans leurs villages détruits. Les conditions sont difficiles : les camps sont surpeuplés et certains sont même dépourvus d'installations d'assainissement, alors que de nombreux villages sont totalement détruits et ne disposent que de faibles ressources en eau. Dans l'un des villages, plus de 32 familles vivaient ensemble sous seulement deux grandes tentes. Les enfants n'ont pas accès à l'éducation. Les nouveau-nés et les personnes âgées sont très vulnérables en raison d'une pénurie de centres de soins. Le HCR distribue des articles de secours et travaille avec les autorités ainsi que les partenaires pour améliorer les conditions de vie dans les camps. Mais une aide internationale est nécessaire.

Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Rapatriés au Myanmar

Au début des années 90, plus de 250 000 Rohingyas musulmans traversèrent la frontière du Myanmar pour venir se réfugier au Bangladesh, mettant en cause des violations de droits humains perpétrés par le gouvernement militaire de leur pays. En exil, ils furent accueillis dans une vingtaine de camps situés dans la région de Cox's Bazaar au Bangladesh. Plus de 230 0000 de ces réfugiés sont rentrés chez eux depuis 1992, mais il en subsiste encore environ 22 000 dans les camps. L'UNHCR travaille en collaboration avec des ONG pour garantir la stabilité dans les communautés de rapatriés, en les aidant à se réintégrer au mieux dans leur pays. L'UNHCR fournit une présence itinérante sur le terrain, assure la protection et la sécurité des rapatriés et offre enfin des programmes d'éducation primaire et pour adultes, des projets générateurs de revenus et des formations professionnelles.

Rapatriés au Myanmar

Réfugiés du Myanmar

Au cours des derniers mois, plus de 2 000 réfugiés originaires du Myanmar sont arrivés dans le nord de la Thaïlande. Ils disent fuir la reprise du conflit et les violations des droits humains dans l'Etat de Kayin au Myanmar. Les réfugiés, qui appartiennent principalement à l'ethnie Karen, disent que leurs maisons et leurs villages ont été brûlés et que des civils ont été tués. Beaucoup sont en très mauvaise santé et souffrent de maladies telles que le paludisme après un voyage long et dangereux vers les camps à travers des zones extrêmement minées. Les réfugiés arrivent dans des camps gérés par le gouvernement, principalement dans la région de Mae Hong Son, au nord de la Thaïlande.

L'UNHCR travaille avec le gouvernement thaïlandais et les organisations non gouvernementales pour s'assurer que les nouveaux arrivants sont admis dans les camps et qu'ils reçoivent l'hébergement et la protection adéquats. L'hébergement est une préoccupation majeure car certains camps de réfugiés sont surchargés. Lors d'une réunion à la mi-mai, les autorités thaïlandaises ont donné leur accord pour la construction de maisons en matériaux plus résistants afin d'y installer les nouveaux arrivants.

Actuellement 140 000 réfugiés originaires du Myanmar vivent en Thaïlande dans neuf camps situés près de la frontière, beaucoup d'entre eux sont là depuis plus de 20 ans.

Septembre 2006

Réfugiés du Myanmar

Inde : Jeune et seulePlay video

Inde : Jeune et seule

Ni Ang, âgée de 16 ans, parcourt le marché de nuit à Delhi pour trouver de la nourriture pour elle et ses trois frères et soeurs. Ces enfants non accompagnés luttent pour leur survie en Inde après avoir fui leur village au Myanmar.