Le déplacement forcé depuis la République centrafricaine continue dans un contexte d'anarchie

Points de presse, 13 août 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 13 août 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR continue d'observer le déplacement forcé de populations depuis la République centrafricaine (RCA) et à l'intérieur du pays. En RCA, on compte désormais 206 000 déplacés internes. Depuis la mi-juillet, nos collègues ont enregistré l'arrivée de 4 125 nouveaux réfugiés dans la région de Moissala au sud du Tchad.

On compte désormais 62 714 réfugiés ayant fui vers les pays voisins depuis l'éruption de cette toute dernière crise en RCA en décembre dernier. Sur ce total, 40 500 d'entre eux se trouvent en République démocratique du Congo, 13 087 au Tchad, 4 841 au Congo et 4 286 au Cameroun.

Le HCR demeure extrêmement préoccupé par la situation à l'intérieur de la RCA, avec des informations constantes sur l'anarchie et l'insécurité dans de nombreuses zones. A Bangui, un employé local du HCR a été victime dimanche soir d'une attaque commise par des éléments incontrôlés selekas. Ils l'ont attaqué dans sa maison à minuit. Ils lui ont réclamé de l'argent, puis ils ont pris son vélo et l'ont blessé par balles à la poitrine. Il se remet actuellement de ses blessures. Une autre employée locale du HCR a été gravement blessée et son mari a été tué durant une attaque similaire il y a une semaine. Ces attaques menées de nuit à Bangui sont de plus en plus courantes.

Dans les zones rurales, la population civile a peur et, dans certains cas, elle a organisé des groupes d'autodéfense. Des affrontements entre la population locale et des éléments selekas ont eu lieu hier matin et avant-hier à Beboura, un village situé à 30 kilomètres de Paoua, une ville près de la frontière tchadienne. Le bilan exact est encore inconnu mais des blessés ont été transportés vers un hôpital à Paoua. Le week-end dernier, nous avons également reçu des informations sur le meurtre de deux personnes commis par des hommes armés qui seraient liés aux Selekas à Bossangoa, dans la préfecture de Ouham, au nord-ouest du pays. Trente autres personnes auraient été tuées par les Selekas dans la même région.

L'accès pour les travailleurs humanitaires demeure difficile, bien que nous puissions désormais accéder aux camps de réfugiés de Bambari, Batalimo et Zemio au centre et au sud de la République centrafricaine. Ces régions accueillent 11 252 réfugiés, principalement des Congolais et des Soudanais. Nous avons effectué dans les camps la semaine dernière une seconde distribution de vivres, ainsi que de moustiquaires, couvertures, bâches en plastique et batteries d'ustensiles de cuisine pour 8 000 réfugiés et 796 personnes vulnérables de la communauté d'accueil.

Le HCR appelle de nouveau le Gouvernement centrafricain à faire son possible pour assurer la sécurité et la protection des civils ainsi que de leurs biens, pour éviter de nouveaux déplacements de populations et de nouvelles souffrances.

Nous appelons également les donateurs publics et privés à contribuer pour aider les victimes de cette crise oubliée. Vendredi dernier, notre opération en RCA était financée à moins de 30 % de l'appel de fonds. Nous avons déjà reçu huit millions de dollars sur les 28,8 millions de dollars nécessaires pour aider les réfugiés centrafricains dans les pays voisins.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise en République Centrafricaine : Appel urgent

Vous pouvez sauver la vie de milliers de refugiés.

Donnez pour cette crise

Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Edwige Kpomako est une femme pressée; mais cette énergie aide également cette réfugiée originaire de République centrafricaine (RCA) à faire face à la tragédie qui l'a forcée à fuir vers le nord de la République démocratique du Congo (RDC) en 2013. Avant que la violence ne ravage de nouveau son pays en 2012, la jeune femme de 25 ans étudiait en Master de littérature américaine à Bangui, et sa vie était tournée vers l'avenir. « J'ai commencé ma thèse sur l'oeuvre d'Arthur Miller mais, à cause de la situation en RCA…. », explique-t-elle, sans pouvoir terminer sa phrase. A la place, elle a dû fuir précipitamment en RDC avec un frère plus jeune, mais son fiancé et un fils de 10 ans ont été tués dans les violences intercommunautaires en RCA.

Après avoir franchi le fleuve Oubangui vers la RDC, Edwige a été transférée vers Mole, un camp qui héberge plus de 13 000 réfugiés. Tentant désespérément d'avancer dans la vie et de rester active, elle a commencé à aider les autres, à assumer un rôle de direction et à participer à des activités communautaires, notamment la capoeira, un art martial brésilien. Elle dirige le comité des femmes, s'engage dans des activités visant à combattre la violence sexuelle et agit comme officier de liaison au centre de santé. Elle donne aussi des cours et tient un petit commerce en vendant des crèmes pour le visage. « J'ai découvert que je n'étais pas faible », déclare Edwige, en restant optimiste. Elle est certaine que son pays va sortir de son cauchemar et se reconstruire et qu'elle deviendra un jour une avocate spécialisée dans la défense des droits humains au service des réfugiés.

Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

La violence et les conflits en République centrafricaine ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers depuis la mi-décembre. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, y compris 80 000 personnes au Cameroun. Avec le traumatisme et la confusion causés par les déplacements de populations, des familles sont séparées. Les réfugiés font face à de nombreux dangers sur le chemin de la sécurité, et leur voyage peut durer plusieurs semaines. Ramatou, une mère de 11 enfants âgée de 45 ans, a été séparée de trois de ses fils et de son mari quand des miliciens ont attaqué son village en janvier. Elle est partie en courant avec huit enfants et elle a fini par rejoindre le Cameroun avec l'aide des troupes de l'Union africaine pour le maintien de la paix. Son mari et ses trois fils ont couru dans une autre direction. Ils ont enduré de nombreuses épreuves dans la brousse, et ont été séparés à nouveau. Plus tôt ce mois-ci, Ramatou a retrouvé ses deux cadets dans le camp de réfugiés de Mbile au Cameroun. Elle était ravie, mais aussi consternée de les voir non accompagnés. Elle espère revoir bientôt son mari et son fils aîné. Le photographe Fred Noy a assisté à leurs retrouvailles émouvantes.

Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun en nombre croissant, dans un état de grande faiblesse physique. Ils passent des semaines voire des mois cachés dans la brousse, où il leur était difficile de trouver de la nourriture et de l'eau. Ils dorment en plein air. Ils ne peuvent pas retourner chez eux. Parmi ces réfugiés, les plus vulnérables sont les enfants âgés de moins de cinq ans. Rencontrer ces enfants émaciés est bouleversant. Ils ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence après s'être nourris de racines et de feuilles. Selon les estimations, environ 40% des enfants récemment arrivés souffrent de malnutrition. Pour certains, le voyage est de trop. Le HCR aide à sauver des vies dans l'est du Cameroun. Avec Médecins Sans Frontières, le HCR appuie un centre d'aide nutritionnelle à Batouri. MSF y envoie des enfants depuis son dispensaire de la ville frontalière de Gbiti, où se trouvent environ 20 000 sur les 80 000 réfugiés centrafricains arrivés au Cameroun. Le dispensaire de Gbiti est débordé. Les partenaires étendent la capacité du centre d'aide nutritionnelle, qui traite environ 100 enfants. Davantage encore arrivent chaque jour et le HCR a monté des tentes pour y abriter les enfants et leurs Mamans. Le photographe Frédéric Noy s'est rendu la semaine dernière à Gbiti et Batouri. Il y a capturé la série suivante d'images saisissantes et évocatrices.

Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

République centrafricaine : une crise oubliéePlay video

République centrafricaine : une crise oubliée

Lors d'une mission en République centrafricaine, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la violence et le déplacement forcé survenant dans le pays comme étant une tragédie silencieuse.
Des réfugiés centrafricains fuient vers le TchadPlay video

Des réfugiés centrafricains fuient vers le Tchad

La guerre se déroulant en République centrafricaine a reçu peu d'attention de la part des médias, en comparaison avec le conflit du Darfour, alors que ses effets sont semblables. Plus de 17 000 Centrafricains ont traversé la frontière vers le Tchad depuis janvier 2009, portant ainsi le total des réfugiés centrafricains à près de 70 000 dans ce pays.