Le spectacle doit continuer : Tournage de séries TV au Liban pour le Ramadan

Articles d'actualité, 7 août 2013

© HCR/E.Dorfman
Sur le plateau de tournage d'une série TV au Liban pour le Ramadan, les acteurs et l'équipe du film, tous des Syriens, écoutent les conseils du metteur en scène.

BEYROUTH, Liban, 7 août (HCR) Mosalsalats, les séries TV, sont un moment clé lors du Ramadan dans le monde arabe. Les Syriens fuyant la guerre acharnée dans leur pays d'origine continuent la tradition.

Après iftar, le repas du soir des Musulmans pour la rupture du jeûne durant l'actuel mois de Ramadan, des dizaines de millions de personnes à travers le Moyen-Orient en proie à des troubles se détendent devant une série TV. En général, leur thème concerne des héros du monde arabe engagés dans des batailles célèbres et les séries TV sont un moment clé et très attendu du Ramadan.

La Syrie est célèbre dans la région pour ses séries TV. Avant le début du conflit en mars 2011, les séries du petit écran étaient l'un des meilleurs produits à l'export et les compagnies de production étaient très puissantes. « Les émissions de la télévision syrienne pour le Ramadan étaient célèbres à travers le monde », a indiqué un Syrien en exil.

Désormais, cette industrie ayant été pratiquement réduite à néant en Syrie, certaines des productions ainsi que les équipes d'acteurs et de tournage ont rejoint le Liban pour continuer à travailler. La plupart ne peuvent pas rentrer chez eux en Syrie.

Bien qu'ils s'en sortent financièrement mieux que la majorité des réfugiés, ceux qui ont fui seraient en danger s'ils rentraient dans leur pays. « Il y a une liste noire des acteurs [publiée sur Internet] », a expliqué un Syrien.

Au Liban, ils reprennent leur travail et ils continuent la tradition de raconter des histoires, une partie intégrante de leur culture. Saifeddine Al Sibaii, qui vit et travaille désormais au Liban, tourne sa toute dernière série TV, « Al Wilada Min Al Khasira, » près de Beyrouth.

Un membre du personnel du HCR, en visite auprès de l'équipe sur le lieu de tournage, a pris des photos des acteurs qui étaient filmés dans un bâtiment abandonné. Dans le script, ils retenaient en otage une personne de la communauté parce qu'elle avait pris parti pour le gouvernement qui, selon eux, n'avait pas fourni les nouvelles maisons promises. L'attente est longue et les tensions sont vives.

C'est le scénario de base de la troisième partie d'une série sur des questions sociales, qui avait été diffusée ces deux dernières années pendant le Ramadan. Cette année, cette série TV est diffusée dans toute la région via une chaîne câblée basée à Abu Dhabi.

Dans cette série TV très populaire, Saifeddine Al Sibaii fait référence à la guerre syrienne et ses effets sur la population. Le metteur en scène explique que le script pose indirectement des questions comme : Que devons-nous faire en tant que peuple ? Pouvons-nous continuer comme ça ? Pouvons-nous parler ? Devons-nous continuer à rester en retrait, à se tuer les uns les autres ou y aurait-il une autre solution ?

Bien que Saifeddine Al Sibaii ait quitté la Syrie, il dit que dans son cœur est resté là-bas. Il est engagé dans le tournage et pris par son travail, mais il explique que lui et tous les acteurs sont inquiets de ce qui se passe dans leur pays et qu'ils sont souvent déprimés. Ils sont déracinés et leur avenir est incertain.

La metteuse en scène Abiha Esber a travaillé ces dernières semaines sur une série TV pour le Ramadan, « Al Obour, » (« La Transition ») dans une région montagneuse du Liban. Tout en racontant une histoire traditionnelle, cette série relève plutôt de la science-fiction, une approche inhabituelle pour une saga traditionnelle.

Dans le scénario, il s'agit d'un étranger en quête d'un nouveau monde, qui n'a ni règle ni population à gouverner. A la fin de l'histoire, après que le pays ait été détruit, l'étranger promet qu'il ramènera les citoyens dans leur lieu d'origine datant d'avant les actes de destruction.

Durant tout le scénario écrit par Abiha Esber, l'étranger pose des questions existentielles aux téléspectateurs : Qu'est-ce que la patrie ? Qu'est-ce que le pouvoir ? Pourquoi les gens doivent souffrir des erreurs des autres ?

Abiha Esber vit et travaille au Liban depuis ces six derniers mois. La plupart des acteurs de sa production TV doivent rester calmes fuyant les interviews afin de continuer à travailler. Abiha Esber et ses acteurs regrettent que le secteur artistique en Syrie ait été détruit. « Chaque jour, je dois recommencer à motiver tout le monde, mais les acteurs sont des professionnels et ils font très bien leur travail. »

Par Elena Dorfman à Beyrouth, Liban

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise en République arabe syrienne : Appel urgent

Vous pouvez sauver la vie de milliers de réfugiés.

Donnez pour cette crise

La Distinction Nansen pour les réfugiés 2008

La distinction Nansen pour les réfugiés 2008 est remise au Centre de coordination de l'action contre les mines des Nations Unies au Sud-Liban.

Le coordonnateur britannique d'un programme d'action contre les mines des Nations Unies au Sud-Liban, ainsi que son équipe composée de près de 1 000 démineurs civils - des Libanais pour la plupart - ont été nommés, par le HCR, lauréats de la distinction Nansen pour les réfugiés 2008.

Christopher Clark, un ancien officier de l'armée britannique, est devenu en 2003 responsable du Centre de coordination de l'action contre les mines des Nations Unies au Sud-Liban (UNMACC-SL). Ses équipes ont détecté et détruit des tonnes de munitions non explosées (UXO) et des dizaines de milliers de mines antipersonnel.

Ces chiffres incluent près de 145 000 sous-munitions, provenant de bombes à sous-munitions, trouvées au Sud-Liban après la guerre de cinq semaines ayant eu lieu mi-2006. Leur travail a permis à près d'un million de déplacés libanais par le conflit de rentrer chez eux en sécurité. Il a cependant eu un coût, 13 démineurs ont perdu la vie et 38 autres ont été blessés depuis 2006. Le Sud-Liban retrouve sa prospérité et la reconstruction se poursuit rapidement, en grande partie grâce au travail mené par les lauréats de la distinction Nansen 2008.

La Distinction Nansen pour les réfugiés 2008

La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Les équipes de l'UNHCR ont commencé dès la deuxième quinzaine d'août 2006 à distribuer de l'aide humanitaire dans les villages meurtris du sud du Liban. Des tentes, des bâches en plastique et des couvertures sont distribuées aux personnes les plus vulnérables. Le matériel de l'UNHCR provient des entrepôts de Beyrouth, Saïda et Tyr, et continue d'arriver au Liban par voie aérienne, maritime et par camion.

Bien que 90 pour cent des personnes déplacées soient rentrées chez elles dans les premiers jours qui ont suivi le cessez-le-feu du 14 août, de nombreux Libanais n'ont pas pu regagner leur foyer et sont hébergés chez des proches ou dans des abris publics, tandis que quelques milliers sont restés en Syrie.

Depuis le début de la crise à la mi-juillet, l'UNHCR a acheminé 1 553 tonnes de matériel de secours en Syrie et au Liban pour venir en aide aux victimes du conflit. Cela représente environ 15 000 tentes, 154 510 couvertures, 53 633 matelas et 13 474 kits de cuisine. L'agence pour les réfugiés a également importé 5 camions et 15 autres sont en route.

Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Liban : Hébergement dans la plaine de la Bekaa Play video

Liban : Hébergement dans la plaine de la Bekaa

Des réfugiés syriens continuent de fuir vers les pays voisins pour échapper au violent conflit qui déchire leur pays.
Jordanie : Angelina Jolie à la frontière syriennePlay video

Jordanie : Angelina Jolie à la frontière syrienne

L'Emissaire spéciale du HCR Angelina Jolie et le chef de l'agence pour les réfugiés António Guterres rencontrent des réfugiés syriens en Jordanie et écoutent leurs témoignages déchirants.
Liban : Aide pour les réfugiésPlay video

Liban : Aide pour les réfugiés

Au Nord-Liban, des réfugiés syriens reçoivent une aide vitale de la part de HCR et des communautés locales.