Le HCR se félicite de la décision de la Haute Cour du Kenya concernant les droits des réfugiés urbains

Points de presse, 30 juillet 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Fatoumata Lejeune-Kaba à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 30 juillet 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) se félicite de la décision de la Haute Cour du Kenya qui maintient le droit d'asile des réfugiés urbains. Cette décision, rendue le 26 juillet, est liée à la « Pétition numéro 19 de 2013 » dans laquelle les réfugiés ont contesté une directive émise par le gouvernement kenyan en décembre de l'année dernière et qui prévoyait le transfert des réfugiés des zones urbaines vers les camps de réfugiés de Dadaab et de Kakuma.

La Haute Cour s'est opposée à cette directive qui avait des conséquences particulièrement graves sur la protection et le bien-être des communautés de réfugiés à Nairobi et dans d'autres villes du pays.

En effet, suite à l'adoption de cette directive, les réfugiés et les demandeurs d'asile somaliens ont commencé à signaler une augmentation des cas de harcèlement, de détention et d'extorsion perpétrés par des membres de la police, principalement à Nairobi. Nombre d'entre eux ne pouvaient pas se déplacer librement et la peur de subir ce type de traitements a poussé des centaines de réfugiés somaliens à retourner en Somalie ou à partir vers des pays voisins.

En décembre, on comptait 51 000 réfugiés urbains au Kenya, principalement originaires de Somalie.

La plupart des réfugiés vivant dans les zones urbaines ont développé des mécanismes d'adaptation et comptent sur l'aide humanitaire. On compte également un grand nombre d'enfants réfugiés inscrits dans les écoles des zones urbaines dont l'éducation aurait été compromise si l'ordre de réinstallation avait été appliqué.

Fidèle à son mandat, le HCR est apparu dans la pétition comme un « ami de la Cour » ou « Amicus Curiae » et a offert des conseils sur les lois internationales applicables en matière de droits des réfugiés et de droits de l'homme.

Le HCR espère que le gouvernement mettra en œuvre cette importante décision constitutionnelle et agira rapidement pour reprendre rapidement les services juridiques qui ont été suspendus dans l'attente de la décision de la Cour. Ces services comprennent notamment l'enregistrement et l'émission de documents pour les réfugiés et les demandeurs d'asile, qui sont essentiels pour garantir leur liberté de mouvement, leur accès aux avantages sociaux et communautaires, et les prémunir contre les arrestations arbitraires.

Le HCR estime que cette décision de la Cour est importante pour la jurisprudence relative aux droits des réfugiés, non seulement au Kenya, mais aussi dans le monde entier.

Le Kenya accueille actuellement quelque 600 000 réfugiés.

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Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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Des inondations dans le nord-est du Kenya à la mi-novembre ont causé des dégâts dans les trois camps de réfugiés du complexe de Dadaab. Plus de 100 000 réfugiés sur les 160 000 qui y sont accueillis ont été affectés par ces inondations, en particulier au camp d'Ifo. Les réfugiés ont perdu leurs abris et les latrines ont été inondées et détruites. La route d'accès principale reliant Dadaab au reste du Kenya a été coupée par les inondations dues aux fortes pluies, empêchant tout approvisionnement d'aide par voie terrestre.

L'UNHCR a commencé à transférer les réfugiés - souvent avec des charrettes, tirées par des ânes - vers un lieu plus en sécurité, le camp de Hagadera, situé à 20 kilomètres et à une altitude plus élevée. La mise en place d'un pont aérien a permis d'apporter du carburant pour les générateurs, des kits médicaux d'urgence, des bâches en plastique et des pelles pour remplir des sacs de sable afin de consolider les digues anti-inondations. Des biens de premier secours ainsi que de la nourriture ont été distribués aux réfugiés démunis.

L'ampleur de ces inondations rappelle celle des inondations massives ayant suivi les pluies record d'El Nino en 1997, qui avaient submergé toutes les basses terres de l'est du Kenya.

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