Égypte : Le HCR s'inquiète de l'incarcération de réfugiés dans un climat d'hostilité envers les Syriens

Points de presse, 26 juillet 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 26 juillet 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) est préoccupé du fait que l'armée égyptienne et le personnel de sécurité arrêtent arbitrairement et mettent en détention un nombre croissant de Syriens, y compris plusieurs mineurs et des personnes enregistrées auprès du HCR dans un climat d'hostilité croissante envers les Syriens.

Le HCR a demandé à pouvoir rencontrer 85 prisonniers syriens et à obtenir la garantie qu'ils ne seraient pas renvoyés dans leur pays, insistant sur le fait qu'ils devaient bénéficier de l'application juste de la législation égyptienne

Ce nouveau climat de méfiance a commencé à la suite d'allégations concernant la participation de quelques Syriens aux protestations et aux actes violents du mois de juillet. De nombreux rapports font également état de remarques xénophobes et d'attaques verbales à l'encontre des Syriens, avec des déclarations inquiétantes diffusées par plusieurs médias.

Depuis le début du conflit dans leur pays, les Syriens ont bénéficié d'un environnement particulièrement accueillant en Égypte. Le gouvernement leur a accordé des visas sans limitation de durée et des permis de séjour et leur a offert un accès complet aux services publics. Les Syriens n'avaient pas ressenti l'urgence de devoir renouveler les permis de séjour arrivés à expiration comme il se doit. À présent, un nombre croissant de Syriens expriment leur crainte de se voir arrêter s'ils circulent dans la rue.

Cet environnement hostile a amené une augmentation importante du nombre de réfugiés syriens qui entrent en contact avec le HCR pour s'enregistrer. Le gouvernement estime qu'actuellement entre 250 000 et 300 000 Syriens résident en Égypte. En date du 25 juillet, 80 000 d'entre eux étaient enregistrés auprès de l'HCR, et près de 28 800 autres ont un rendez-vous pour s'enregistrer dans les prochaines semaines.

En outre, le gouvernement a récemment introduit des exigences d'entrée pour les Syriens; les réfugiés doivent notamment posséder un visa et une attestation de sécurité avant d'arriver en Égypte. Plusieurs vols transportant des Syriens en direction d'un aéroport égyptien ont dû faire demi-tour et repartir vers leur aéroport d'origine, notamment Damas et Lattaquié en Syrie. Quelque 476 Syriens ont été déportés ou se sont vus refuser l'entrée en Égypte depuis que ces nouvelles mesures ont été mises en place le 8 juillet dernier. Le HCR a appelé le gouvernement à envisager d'autoriser au moins les femmes, les enfants et les personnes âgées à entrer dans le pays sans restrictions en matière de visa.

Le HCR apprécie la confirmation du gouvernement égyptien que les Syriens sont les bienvenus en Égypte. Étant donné la situation actuelle en matière de sécurité, nous demandons au gouvernement de veiller à ce que le cas échéant, les mesures de précaution ne portent pas atteinte aux principes fondamentaux des droits de l'homme et les responsabilités internationales du pays à offrir asile et protection aux réfugiés.

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Un visage parmi un million d'autres : les difficultés des réfugiés syriens au Liban

Ils sont partout au Liban - un million de réfugiés syriens, dans un pays de 4,8 millions d'habitants. Il n'y a pas de camps de réfugiés au Liban. La plupart des réfugiés louent des appartements, tandis que les autres vivent dans des abris de fortune, des garages, des usines et des prisons. Trois ans après le début de la crise en Syrie, le Liban est devenu le pays au monde hébergeant la plus forte densité de réfugiés par habitant. Le Liban tente de faire face. Le montant des loyers a grimpé en flèche, les logements se font rares ; le prix des denrées augmente. Pendant ce temps, une génération pourrait être sacrifiée. La moitié des réfugiés syriens sont des enfants ; la plupart ne vont pas à l'école. Beaucoup travaillent pour aider leurs familles à survivre. Certains se marient jeunes, d'autres mendient pour gagner un peu d'argent. Pourtant, ils ont tous les mêmes rêves d'éducation.

Dans la ville de Tripoli, au nord du Liban, beaucoup de Syriens vivent dans le district d'Al Tanak, surnommé « Tin City » (« ville de tôle »). Longtemps habité par les populations pauvres de la ville, ce quartier est désormais une banlieue surréaliste - des tas d'ordures d'un côté, une grande roue de l'autre. Les habitants cohabitent avec les rats. « Ils sont gros comme des chats », déclare l'un d'eux. « Ils n'ont pas peur de nous, c'est nous qui avons peur d'eux ».

La photo-journaliste plusieurs fois primée, Lynsey Addario, a visité la « ville de tôle » et d'autres régions du Liban avec le HCR pour montrer les visages et faire connaître les souffrances des Syriens dans le monde. A travers ses publications dans le New York Times et National Geographic, Lynsey Addario a mis en lumière les victimes des conflits et les violations des droits dans le monde, en particulier les femmes.

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Troisième anniversaire de la crise en Syrie: un enfant du conflit

Achraf est né le jour même où le conflit a commencé en Syrie : le 15 mars 2011. C'est le septième enfant d'une famille de Homs. Une semaine après sa naissance, le conflit a atteint son quartier. Pendant des mois, sa famille est restée quasiment recluse à la maison. Certains jours, les bombardements étaient sans interruption, d'autres jours un calme inquiétant régnait. Ces jours-là, la maman d'Achraf se précipitait avec lui dans la clinique locale pour les vaccins et les contrôles.

Quand Achraf avait environ 18 mois, sa tante, son oncle et son cousin ont été assassinés - la gorge tranchée - alors que le garçon dormait à côté dans la maison de sa famille. Terrifiée et craignant d'être les prochains, la famille d'Achraf s'est entassée dans leur voiture, emportant quelques effets précieux, et est partie vers la frontière.

Ils ont abandonné leur maison, construite par le père et l'oncle d'Achraf. Au bout de quelques jours, la maison a été pillée et détruite. Le photographe Andrew McConnell a rendu visite à la famille dans leur nouveau foyer dans la plaine de la Bekaa, au Liban, également construit par le père et l'oncle d'Achraf. Situé au bord d'un champ de boue, c'est un patchwork de bâches en plastique, de toile et de ferraille. Le sol est couvert de couvertures et de matelas fournis par le HCR. Ils font désormais face à de nouveaux défis comme la lutte quotidienne pour que les enfants soient au chaud, au sec et protégés contre les rats. Achraf sursaute toujours quand il entend des bruits soudains et forts, mais le médecin a expliqué à sa mère que le garçon s'y habituerait.

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Forcé de grandir trop vite au Liban : Mahmoud

Mahmoud est âgé de 15 ans et il ne va plus à l'école depuis trois ans. Dans sa Syrie natale, ses parents avaient peur de l'envoyer à l'école à cause de la guerre civile. Ils ont fini par fuir il y a un an lorsqu'un matin, très tôt, une bombe est tombée sur une maison du voisinage. La famille, encore engourdie après avoir été réveillée aussi brutalement, a préparé quelques affaires et a fui vers le Liban. Depuis, leur maison et l'école locale ont été détruites.

Au Liban, le père de Mahmoud ne trouve pas de travail et la famille peut désormais à peine payer le loyer.

Il y a un mois, Mahmoud a commencé à travailler à la commission, il s'occupe de vider des poissons dans une petite boutique non loin de chez lui. Il gagne environ 60 dollars par mois. Avec cet argent, il aide à payer le loyer de la pièce unique souterraine de sa famille, qu'il partage avec ses parents et ses huit frères et soeurs. Mahmoud est fier d'aider sa famille. Toutefois, le magasin de poissons étant situé dans la même structure souterraine que sa maison, il voit à peine le soleil.

Des enfants comme Mahmoud, dont certains âgés de sept ans seulement, travaillent de longues heures pour un maigre salaire, parfois dans des conditions dangereuses. Ces enfants mettent en péril leur avenir en manquant l'école et en perdant les années d'insouciance de l'enfance. Beaucoup sont également traumatisés par ce qu'ils ont vu en Syrie.

Le HCR et ses partenaires, conjointement avec les autorités locales, fournissent des allocations d'aide financière pour aider des familles vulnérables de réfugiés syriens à couvrir des dépenses courantes, comme le loyer et les soins médicaux. Cette aide leur permet de moins retirer les enfants de l'école pour les faire travailler. Les agences des Nations Unies et leurs partenaires ont également mis en place des systèmes de gestion et d'orientation en Jordanie et au Liban pour identifier les enfants à risque et les orienter vers des services appropriés.

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L'Emissaire spéciale du HCR Angelina Jolie et le chef de l'agence pour les réfugiés António Guterres rencontrent des réfugiés syriens en Jordanie et écoutent leurs témoignages déchirants.
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Entre les avancées et les reculs du front dans l'est de la Libye, un flux régulier de personnes déracinées arrive en Egypte et dans d'autres pays voisins en quête d'un refuge. Témoignages