Le HCR se félicite de l'adoption de la politique nationale yéménite relative aux personnes déplacées internes

Points de presse, 23 juillet 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 23 juillet 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR se félicite de l'adoption par le Yémen d'une politique nationale relative aux personnes déplacées internes. Le gouvernement a adopté cette politique à la fin du mois de juin. Celle-ci vise à protéger les plus de 500 000 Yéménites qui ont été forcés de fuir leur foyer ces dernières années et à contribuer à résoudre la problématique du déplacement dans cet état du Golfe. Le HCR considère qu'il s'agit là d'une avancée majeure.

La politique nationale, adoptée par le Cabinet le 25 juin, vise à protéger et à aider les personnes déplacées à cause des conflits, de la violence ou de catastrophes naturelles des événements qui peuvent détruire des communautés et amener des familles et des individus à devoir lutter pour survivre. La politique établit un Comité suprême, présidé par le Premier Ministre Mohammed Basindawa, et vise à réaliser trois objectifs stratégiques : le premier est de prévenir le déplacement arbitraire, tout en se préparant à gérer les déplacements le cas échéant. Le second objectif consiste à soutenir non seulement les personnes déplacées internes, mais également les communautés qui les accueillent et les autres communautés affectées par ce déplacement, notamment grâce au droit de recevoir des articles ménagers, une formation professionnelle et un accès à d'autres programmes visant à aider les communautés à se remettre. Le troisième objectif de cette politique consiste à créer les conditions pour des solutions durables comme l'emploi, l'intégration locale et le retour des personnes dans leur pays des solutions que les déplacés internes peuvent accepter volontairement et en toute sécurité.

Bien que la mission et la responsabilité première des états consistent à protéger les déplacés internes, l'Assemblée générale des Nations unies a reconnu, dans une série de résolutions, l'expertise humanitaire du HCR et encourage son implication en cas de déplacement interne. Au Yémen, le HCR collabore avec le gouvernement et nos partenaires afin d'apporter son soutien à plus de 200 000 réfugiés, des dizaines de milliers de demandeurs d'asile, à des centaines de milliers de personnes déplacées. Notre travail dans le cadre du développement de la politique nationale yéménite relative aux déplacés internes a notamment consisté à organiser une série de réunions de planification en 2012 pour rassembler autour de la table des représentants du gouvernement, des déplacés internes, des personnes déplacées de retour, des communautés d'accueil, des organismes internationaux, des ONG et des donateurs.

Les combats qui font rage dans le nord et le sud du Yémen depuis les dix dernières années ont entraîné un déplacement de population, on dénombre 538 899 déplacés internes /personnes déplacées de retour dans cette région. Ce chiffre comprend 306 791 personnes toujours déplacées à la fin du mois de juin et 232 108 personnes qui sont retournées dans leurs communautés d'origine et continuent de recevoir de l'aide. La majeure partie de ce déplacement est dû à la fuite des citoyens face au conflit armé et à la violence et au moins la moitié du pays a été directement affecté par ce déplacement de population, en effet, 11 gouvernorats sur 21 accueillent des déplacés internes. Les combats dans le nord qui ont commencé en 2004 ont provoqué la première vague de déplacement. Et depuis 2011, la violence tribale associée à l'insécurité politique a également entraîné un déplacement interne dans et autour des gouvernorats de Sana'a, Al-Badha et Dhamar. La grande majorité (90%) des déplacés internes au Yémen ne vit pas dans des camps, mais plutôt avec des familles d'accueil, dans des pièces de location et dans des centaines d'établissements informels même dans des caves lorsque les déplacés internes n'ont pas de connexion familiale ou manquent d'argent.

On a constaté une évolution positive. En 2011, les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles dans le gouvernorat d'Abyan ont entraîné un déplacement interne à grande échelle dans le sud du Yémen. Mais le HCR et le gouvernement yéménite ont depuis supervisé le retour de plus d'un quart de million (262 336) de personnes déplacées la plupart d'entre elles sont retournées dans leur foyer dans le gouvernorat d'Abyan. Le nombre total de déplacés internes enregistrées est passé de 385 325 à la fin de 2012 à 232 108 à la fin du mois de juin 2013 soit une diminution de 40 %, ou plus de 150 000 personnes.

Depuis 2011, 147 pays du monde entier ont soit adhéré à la Convention de 1951 sur les réfugiés ou au Protocole de 1967 alors qu'ils sont nettement moins nombreux à avoir ratifié des accords pour la protection des déplacés internes comme la Convention de Kampala (2009). Le déplacement interne représente une préoccupation croissante : à la fin de 2012, on comptait 28,8 millions de personnes déplacées internes dans le monde. Le HCR estime qu'une législation visant à aider les personnes déplacées dans leur propre pays fait défaut. Et actuellement, le Yémen, à l'instar de l'Afghanistan, du Kenya et de l'Ouganda, fait partie des pays qui se sont efforcés d'adopter une politique nationale en la matière. Nous estimons qu'il s'agit de la meilleure manière d'avancer pour s'assurer que les pays et la communauté internationale soient prêts à gérer le déplacement de population le cas échéant, et par-dessus tout, à protéger et à soutenir les personnes déplacées.

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Manuel pour la protection des déplacés internes

Dans plus de 50 pays du monde entier, quelque 24 millions de personnes sont déracinées et déplacées dans leur propre pays suite à un conflit ou à des violations des droits de l'homme.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées fuient en quête de sécurité dans d'autres régions au sein même de leur pays, où ils ont besoin d'une aide.

Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

L'aide internationale est indispensable pour arrêter la traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Un nombre alarmant de personnes meurent en tentant de rejoindre le Yémen à bord d'embarcations de passeurs, dans le Golfe d'Aden, en partance de Somalie. En l'espace de trois semaines, fin 2005, au moins 150 personnes ont péri lors de ces traversées. Ces morts surviennent lors du chavirement des embarcations surchargées ou bien de leur dérive sans eau potable ni vivres. Ceux qui parviennent au terme de leur périple au Yémen racontent souvent que les voyageurs sont battus par les passeurs ou forcés à sauter par-dessus bord encore loin de la côte - parfois les mains et les pieds liés.

En réaction, l'UNHCR a appelé la communauté internationale à agir d'urgence pour endiguer le flux de réfugiés et d'immigrants éthiopiens et somaliens désespérés tombant aux mains de trafiquants sans scrupules dans l'espoir de rejoindre le Yémen puis d'autres pays. L'agence pour les réfugiés a également travaillé avec les autorités du Puntland, au nord-est de la Somalie, sur les moyens d'informer les gens sur le danger d'emprunter des bateaux de passeurs pour traverser le Golfe d'Aden. Ces moyens incluent la production de vidéos et de programmes radios, afin de sensibiliser les Somaliens et les Ethiopiens aux risques de ces traversées.

L'aide internationale est indispensable pour arrêter la traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Yémen 2011 : Risquer le pire pour une vie meilleure

Poussées par la violence, la sécheresse et la pauvreté affectant la corne de l'Afrique, des milliers de personnes désespérées fuient chaque année. En quête de sécurité ou d'une vie meilleure, ces civils - principalement des Somaliens et des Ethiopiens - effectuent d'abord un dangereux périple à travers la Somalie vers le port de Bossasso au nord.

Une fois à Bossasso, ils payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden sur des bateaux de passeurs. Ils attendent souvent des semaines dans des abris de fortune ou des foyers, jusqu'à ce qu'un appel soudain les presse à partir un soir, à bord de bateaux surchargés et impropres à la navigation.

En mer, ils sont la proie des passeurs. Certains passagers sont battus, poignardés, tués et leurs corps sans vie sont jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les côtes du Yémen, où sont enterrés des centaines d'innocents morts en route.

L'ONG yéménite SHS (Société pour la solidarité humaine) vient en aide à ces personnes depuis 1995. Le 13 septembre 2011, le HCR a annoncé que la distinction Nansen 2011 pour les réfugiés est décernée à SHS pour ses efforts exceptionnels dans l'assistance aux personnes arrivées depuis le golfe d'Aden et la mer Rouge.

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Au Yémen, les combats continuent dans le nord. Le HCR fait état de l'augmentation du nombre de familles en fuite. Les camps de déplacés ont désormais dépassé leur capacité d'accueil. 22/12/2009
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Yémen : Attendre la restauration de la paix

Le Gouvernement yéménite a déclaré que la guerre était finie dans le nord du pays. Toutefois, la plupart des 280 000 personnes déplacées par la violence hésitent encore à rentrer dans leurs villages d'origine.
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Conflit au Yémen

La situation reste tendue et instable au nord du Yémen. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés fournit de l'aide aux dizaines de milliers de personnes déplacées par les récents affrontements les forces gouvernementales et les combattants rebelles. Toutefois la distribution de l'aide est entravée par l'insécurité permanente.