Le HCR appelle à une accélération des préparatifs pour le vote des réfugiés maliens

Points de presse, 23 juillet 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 23 juillet 2013 au Palais des Nations à Genève.

Dans le cadre du premier tour des élections présidentielles au Mali prévu ce dimanche (28 juillet), le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) poursuit les préparatifs avec les autorités maliennes et les états voisins pour permettre aux réfugiés qui se trouvent hors du pays de voter. Le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger accueillent quelque 173 000 réfugiés maliens qui ont fui leur pays lorsque le conflit a éclaté en janvier 2012.

Le rôle du HCR dans ces élections est de veiller au respect des droits des réfugiés en facilitant leur participation et en veillant à la nature volontaire du processus électoral dans un environnement sécuritaire. Notre rôle est uniquement humanitaire et non politique. En juin, nous avons mené des enquêtes officielles et non officielles dans les principales régions où se trouvent les réfugiés au moyen de groupes de discussion. Les conclusions de ces enquêtes ont montré que les réfugiés sont généralement favorables à la participation aux élections, qu'ils sont bien informés de la situation au Mali et que certains estiment que ces élections contribueront à amener la paix et la stabilité un élément essentiel pour de nombreux réfugiés dans leur choix de revenir ou non dans leur pays.

Nos équipes du HCR présentes au Burkina Faso, au Niger, et en Mauritanie rencontrent les communautés de réfugiés pour leur expliquer clairement le rôle du Haut Commissariat visant à faciliter la participation et à respecter la neutralité. Nous avons contribué au transport de matériel lié à l'élection. Toutefois, le transport des documents sensibles, comme les cartes d'électeur ou les bulletins de vote, incombera aux autorités électorales maliennes et aux pays d'asile.

En juin, les autorités maliennes ont visité les camps de réfugiés et d'autres sites au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger afin de déterminer la volonté des réfugiés de voter. En tout, 19 020 réfugiés se sont inscrits volontairement pour participer à l'élection sur les 73 277 réfugiés en âge de voter (dès 18 ans). Leurs noms ont ensuite été vérifiés avec le registre civil biométrique (RAVEC Recensement administratif à vocation d'État civil) qui a été mis à jour pour la dernière fois en 2011 et a été utilisé pour établir les listes électorales. Le HCR s'inquiète toutefois du fait que seul un petit nombre de noms de réfugiés qui souhaitent voter a été trouvé dans le registre. Au Burkina Faso, selon les équipes d'inscription maliennes, 876 personnes sur les 3 504 réfugiés inscrits ont été trouvées dans le RAVEC; en Mauritanie 8 409 personnes ont été trouvées sur les 11 355 inscrites, et au Niger 932 sur les 4 161 inscrits. En d'autres mots, la moitié seulement des réfugiés qui se sont portés volontaires pour participer à l'élection ont jusque-là été identifiés dans le registre.

Certains rapports sont également préoccupants, en effet ils indiquent que peu de cartes de vote NINA (Numéro d'Identification nationale) ont jusque-là été délivrées aux réfugiés par les autorités maliennes au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger. Au Burkina Faso, par exemple, seules 32 cartes NINA ont été délivrées à la représentation malienne à ce jour. Le retard d'émission et de distribution de cartes NINA n'est pas spécifique aux réfugiés, et il a également des répercussions sur les citoyens maliens au Mali et à l'étranger.

Il est important que les autorités maliennes rendent rapidement publiques les listes d'électeurs et accélèrent la distribution des cartes électorales au Burkina Faso, au Niger et en Mauritanie. Cette condition est particulièrement importante, car les camps et les sites de réfugiés sont situés dans des endroits reculés, où l'accès peut s'avérer difficile maintenant que la saison des pluies a commencé. Les autorités maliennes nous ont informés qu'elles envisageaient des alternatives pour permettre aux réfugiés de voter en cas de retards supplémentaires.

173 593 Maliens ont trouvé refuge dans des pays voisins depuis le début du conflit en janvier 2012, dont 49 975 au Burkina Faso, 48 710 au Niger, 74 907 en Mauritanie et 1 500 en Algérie. Et selon la Commission de Mouvement de Population, notre partenaire au Mali, 353 000 personnes sont également déplacées à l'intérieur du pays.

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Des milliers de Nigérians fuient pour échapper à la violence dans leur pays

Dans certaines régions au nord-est du Nigéria, la situation de sécurité est instable depuis mai 2103, quand les autorités ont décrété l'état d'urgence dans les Etats de Borno, Yobé et Adamaoua. Beaucoup ont rejoint la région de Diffa au Niger voisin ou alors le Cameroun. Cette année, un regain de violence a contraint des milliers de personnes à fuir vers ces deux pays. La photographe du HCR Hélène Caux s'est rendue à Bosso, une ville de la région de Diffa au Niger, peu avant le tout dernier afflux. Elle y a rencontré des réfugiés qui avaient rejoint le Niger lors de précédentes vagues de violence. Ils lui ont décrit les violences dont ils ont été témoins, la perte de leurs proches et leurs efforts pour mener une vie aussi normale que possible à Diffa, avec notamment la scolarisation des enfants. Les réfugiés nigérians sont reconnaissants envers les communautés qui les accueillent au Niger.

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« L'objet le plus important » présente - par des témoignages et des photos - l'une des décisions les plus difficiles à prendre par les personnes qui doivent fuir leur maison. Avec le soutien du HCR, le photographe américain Brian Sokol avait commencé ce projet au Soudan du Sud, en prenant des photos de réfugiés soudanais et l'objet le plus cher à leurs yeux qu'ils avaient apporté. Il leur a également demandé d'expliquer pourquoi. Brian Sokol a continué ce projet avec des réfugiés syriens en Iraq. Cette galerie de photos concerne des Maliens se trouvant dans des camps de réfugiés au Burkina Faso voisin. Alors que les photos montrent ce qui leur est le plus précieux, ce sont leurs témoignages qui en disent le plus.

Pour les Soudanais, les objets les plus importants étaient des objets de première nécessité qui leur ont permis de survivre durant le voyage long et difficile : une marmite, une hache, une jarre ou un sac. Pour les Syriens, les objets étaient davantage sentimentaux : une bague, une photographie déchirée, une clé pour ouvrir une porte qui n'existe plus. Les objets décrits par les Maliens dans cette galerie de photos ont trait à leur identité culturelle. Ils ont emporté des objets qui renforcent leur sentiment d'appartenance à leur communauté, et ce malgré l'exil

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Transfert depuis la région frontalière du Burkina Faso

Le processus de réinstallation des réfugiés d'un site vers un autre, plus sûr, est toujours confronté à des difficultés. Au Burkina Faso, le HCR travaille avec des organisations partenaires et le gouvernement pour transférer des milliers de familles de réfugiés maliens plus à l'intérieur du pays depuis des sites localisés en région frontalière, comme Damba, vers un site plus sûr à 100 kilomètres vers le sud. Les employés humanitaires travaillent sous une chaleur torride et dans des conditions difficiles. Ils démontent les abris et aident les personnes à charger leurs possessions dans des camions pour le voyage. Le nouveau site de Mentao est également plus facile d'accès pour l'aide d'urgence, y compris les abris, les vivres, les soins de santé et l'éducation. Ces images prises par le photographe Brian Sokol suivent le voyage d'Agade Ag Mohammed, un nomade âgé de 71 ans, et de sa famille depuis Damba vers Mentao en mars. Ils ont fui leurs maisons dans la province de Gao l'année dernière pour échapper à la violence au Mali, y compris un massacre ayant causé la mort de deux de ses fils, un frère et cinq neveux. A la mi-avril 2013, on comptait plus de 173 000 réfugiés maliens dans les pays voisins. Au Mali, environ 260 000 personnes sont déplacées internes.

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