Le HCR fait son possible pour gérer les arrivées de réfugiés congolais

Articles d'actualité, 19 juillet 2013

© HCR/L.Beck
Beaucoup de réfugiés parviennent à fuir vers l'Ouganda en emportant quelques affaires, des ustensiles de cuisine, des matelas et même du bétail.

BUBUKWANGA, Ouganda, 19 juillet (HCR) Une semaine après que des civils congolais aient commencé à fuir vers l'ouest de l'Ouganda, le HCR tente d'accéder à des milliers de personnes qui sont toujours dispersées dans cette région frontalière vallonnée et, parallèlement, à gérer la situation dans un centre de transit fortement surpeuplé plus à l'intérieur de l'Ouganda.

Jeudi soir, 15 500 réfugiés avaient déjà été transférés hors de la zone frontalière dangereuse vers le centre de transit de Bubukwanga, où sont assurés la protection et d'autres services. Le centre de transit a une capacité d'accueil initiale de 25 000 personnes, avec la nouvelle allocation d'un terrain de 1,8 hectare par les autorités ougandaises.

Selon la Société ougandaise de la Croix-Rouge qui gère le centre, plus de 66 000 personnes ont fui la semaine dernière les combats sévissant dans la province du Nord-Kivu en RDC entre les troupes gouvernementales et les Forces démocratiques alliées, un groupe rebelle ougandais.

Le HCR et ses partenaires gouvernementaux gèrent une flotte de 15 camions pour transférer les réfugiés et leurs possessions vers le centre de Bubukwanga, situé à plus de 20 kilomètres de la frontière. Les réfugiés ont tous été transférés depuis quatre écoles et environ 5 000 personnes se trouvent désormais dans le site principal, l'école primaire de Butongo.

A Bubukwanga, la Croix-Rouge ougandaise a d'abord monté 229 tentes pour des familles. Puis le HCR a commencé à établir des abris collectifs pour fournir un abri à davantage de personnes et plus rapidement. Déjà 16 abris collectifs ont été installés.

Beaucoup de réfugiés ont indiqué au HCR qu'ils avaient fui pour sauver leur vie, en laissant tout derrière eux. Ils ont passé plusieurs nuits dans la brousse, où des femmes ont accouché. Les personnes ont ensuite marché sur une distance de 15 kilomètres pour atteindre Butongo, où ils avaient très peu de nourriture et où ils ont attendu pour un transfert vers le centre de transit.

A Butongo, une réfugiée, Marinyese Nyota, âgée de 35 ans, a déclaré au HCR jeudi qu'elle avait fui la ville de Bayumba au Nord-Kivu la semaine dernière avec son mari et leurs cinq enfants. Ils ont passé trois nuits dans la brousse, puis trois autres nuits à Butongo. « Nous avons couru sans rien apporter avec nous. Quand les rebelles sont arrivés, personne n'a rien pris, pas même une houe ni de quoi dormir, rien. Vous ne pensez qu'à sauver votre vie pour arriver ici. »

Les réfugiés hébergés dans l'école n'ont reçu ni nourriture ni aide. Les enfants ont la diarrhée. Les conditions d'hygiène et d'assainissement sont dégradées, mais les camions allaient et venaient sans cesse pour transférer des réfugiés vers le centre de transit.

« C'est douloureux pour moi de voir mes enfants qui ne sont pas nourris. Mes enfants vont dormir en étant affamés. Ils souffrent et je pense sans cesse 'que vais-je faire ?' Ces pensées me font mal et je souffre d'hypertension artérielle à cause de mes soucis », a déclaré Marinyese qui, peu après, a fait monter ses enfants dans l'un des camions. Elle a expliqué qu'elle suivrait le vendredi.

Au centre de transit, deux cuisines collectives ont été mises en place, pour fournir trois repas chauds par jour préparés avec des vivres livrés par le Programme alimentaire mondial. Une troisième cuisine est en cours de construction. Près de 80 latrines ont été creusées. A ce jour, il n'y a pas eu d'épidémie.

Grâce aux contributions des partenaires dont l'UNICEF, Médecins Sans Frontières (France), Oxfam et la Fédération luthérienne mondiale, des réservoirs d'eau sont livrés en nombre suffisant au centre de transit. Cependant, le HCR reste préoccupé par l'approvisionnement en eau, alors que le nombre de réfugiés dans le centre est en hausse.

Les enfants âgés de neuf mois à 15 ans sont actuellement vaccinés contre la rougeole et on leur administre des suppléments de vitamine A ainsi que des comprimés de vermifuge. Des équipes médicales identifient également les enfants malades et recherchent tous ceux qui souffriraient de malnutrition après avoir passé une semaine ou plus sans s'alimenter durant la fuite en exil ou leur séjour à la frontière.

Médecins Sans Frontières se rend le long de la frontière pour fournir des soins médicaux et administrer des compléments nutritionnels aux enfants réfugiés parmi ceux qui attendent encore d'être transférés. Le Ministère ougandais de la Santé renforce également le personnel médical et les équipements médicaux dans la région pour aider les réfugiés.

Le centre de transit est destiné à héberger les réfugiés pour une durée qui ne dépassera pas plus de trois semaines. Il est considéré comme sûr, mais le HCR et les autorités identifient d'autres lieux de transfert où les personnes pourront bénéficier d'une protection et se voir allouer des parcelles de terrain à cultiver pour subvenir à leurs besoins ainsi que du matériel pour l'abri et des rations alimentaires.

L'arrivée de milliers de réfugiés a perturbé les classes pendant une semaine dans de nombreuses écoles du district de Bundibugyo, où les réfugiés sont hébergés. Le HCR travaille avec le Bureau du Premier Ministre pour assurer que les classes peuvent reprendre la semaine prochaine.

La planification d'un séjour éventuellement prolongé des réfugiés est en cours. Toutefois, à Lamiya Bridge près de Busunga, le personnel du HCR a vu des centaines de réfugiés rentrer dans l'est de la RDC, jeudi, en portant leurs possessions, y compris des canards et des chèvres. Beaucoup d'autres réfugiés vivent avec des amis ou des proches du côté ougandais. Il n'est pas clair combien restent encore le long de la frontière.

Parallèlement, la reprise des combats cette semaine au Nord-Kivu entre les troupes gouvernementales de la RDC et le mouvement rebelle M23 a poussé 4 200 personnes à fuir vers la capitale provinciale, Goma, selon OCHA (Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires). Les déplacés dorment dans des écoles et des églises à Goma. Selon des employés du HCR, plus de 660 personnes, ayant fui au Rwanda plus tôt cette semaine pour échapper à ces combats, se trouvent toujours dans ce pays. Il n'y a pas eu de nouveaux arrivants depuis lundi.

Par Kitty McKinsey à Bubukwanga, Ouganda

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise de la RD du Congo : Appel Urgent

L'intensité des combats de ces derniers mois a forcé plus de 64 000 Congolais à fuir leur pays.

Donnez pour cette crise

Le HCR et ses partenaires apportent de l'aide au Nord-Kivu

Alors qu'une distribution alimentaire massive a lieu dans six camps gérés par le HCR pour des dizaines de milliers de déplacés internes congolais au Nord-Kivu, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés continue à fournir des abris et des articles domestiques dont le besoin se fait ressentir d'urgence.

Un convoi de quatre camions, transportant 33 tonnes de divers biens de secours, notamment des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des jerrycans, a voyagé mercredi depuis le Rwanda vers Goma, la capitale de la province affectée par le conflit et située à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). L'aide, en provenance d'un entrepôt régional d'urgence situé en Tanzanie, devait être distribuée immédiatement. L'aide d'urgence est arrivée à Goma alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) débutait, conjointement avec le HCR, une distribution de vivres pour quelque 135 000 déplacés internes hébergés dans les six camps situés aux alentours de Goma et gérés par le HCR.

Plus de 250 000 personnes sont déplacées dans le Nord-Kivu depuis la reprise des combats en août. On estime que la population déplacée s'élève à plus de 1,3 million de personnes dans cette province à elle seule.

Le HCR et ses partenaires apportent de l'aide au Nord-Kivu

Déplacements incessants de population au Nord-Kivu

Les combats font rage dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), sans aucune perspective d'accalmie en vue pour des centaines de milliers de Congolais forcés à fuir la violence et l'insécurité ces deux dernières années. Des vagues successives de conflit sont à l'origine de déplacements en continu, et souvent les familles sont séparées. Au moins un million de personnes sont déracinées dans le Nord-Kivu, la province la plus touchée. Après des années de conflit, plus de 1 000 personnes meurent chaque jour - principalement de faim ou de maladies qui pourraient être pourtant soignées. Dans certaines régions, deux femmes sur trois sont victimes de viols. Les enlèvements sont toujours fréquents, et des enfants sont recrutés de force pour combattre. Des cas de choléra et d'autres maladies se sont accrus, alors que la situation se détériore et que les organisations humanitaires luttent pour répondre aux besoins de la population.

Lorsque la crise de déplacement a empiré dans le Nord-Kivu en 2007, l'agence pour les réfugiés a envoyé plusieurs équipes d'urgence sur place et a mis en oeuvre des opérations dans plusieurs camps accueillant des déplacés. Les efforts d'assistance comprennent aussi l'enregistrement de la population déplacée et la distribution d'articles non alimentaires. Le HCR mène également un contrôle dans le domaine de la protection pour identifier les abus des droits humains et d'autres problèmes, auxquels sont confrontés les déplacés dans le Nord et le Sud-Kivu.

Juin 2009

Déplacements incessants de population au Nord-Kivu

La crise continue au Nord-Kivu

Dans la province du Nord-Kivu en RDC (République démocratique du Congo), l'insécurité persiste et plus de 500 000 personnes sont des déplacés internes. Un grand nombre d'entre eux sont déplacés pour la deuxième ou la troisième fois consécutive. Le conflit armé, la persécution des populations civiles, les meurtres, les enlèvements, les abus sexuels et le recrutement forcé des enfants sont les motifs de déplacement. Les signalements de viols et de meurtres se comptent par milliers. Quelque 176 000 déplacés vivent dans le district de Masisi, y compris 49 000 d'entre eux accueillis dans 19 camps. Les conditions de vie sont précaires, des familles entières vivent dans des huttes de fortune comptant une pièce unique sans eau potable ni accès aux services essentiels. Le HCR est préoccupé par la situation sécuritaire, les conditions de vie et l'avenir de ces personnes déplacées. Même si quelque 36 000 personnes auparavant hébergées dans des camps au Nord-Kivu ont réussi à rentrer dans leurs villages d'origine en 2010, environ 72 000 personnes restent déplacées à ce jour.

Le HCR coordonne la gestion de 31 camps de déplacés et fournit une assistance d'urgence. Ces camps sont localisés à travers tout le Nord-Kivu. Le HCR est confronté à des défis de taille en termes d'accès aux zones où les déplacés ont trouvé refuge et l'agence pour les réfugiés continue à réclamer l'accès humanitaire aux personnes dans le besoin afin de leur venir en aide.

La crise continue au Nord-Kivu

RDC : retour à KimokaPlay video

RDC : retour à Kimoka

En 2007 et 2008, les conflits armés avaient contraint des centaines de milliers de Congolais à fuir la province du Nord-Kivu. Les habitants du village de Kimoka sont enfin de retour chez eux.
RDC : Au bord du gouffrePlay video

RDC : Au bord du gouffre

Fatuma Kapuweli, une mère chef de famille et déplacée interne en RDC, craint pour la sécurité et le bien-être de ses enfants.