Le chef du HCR fait l'éloge de l'Ethiopie pour l'ouverture de ses frontières et la protection aux réfugiés

Articles d'actualité, 12 juillet 2013

© Ethiopian Press Agency/N.Tsehay
Le Haut Commissaire António Guterres a rencontré aujourd'hui le Premier Ministre éthiopien Hailemariam Desalegn à Addis Abeba.

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 12 juillet (HCR) Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a fait l'éloge vendredi de l'Ethiopie, un pays qui héberge plus de 400 000 réfugiés et sur son effort pour aider la Somalie voisine à sortir de la guerre et à se reconstruire.

Pour la troisième et dernière étape de sa mission dans la région durant laquelle il s'est déjà rendu en Somalie et au Kenya, António Guterres a félicité l'Ethiopie pour l'ouverture de ses frontières ainsi que pour sa politique d'asile. Il a déclaré que ce pays est « un pilier en matière de protection des réfugiés. »

Le HCR travaille avec ARRA, l'agence du Ministre éthiopien de l'Intérieur en charge de l'Assistance aux réfugiés, aux personnes déplacées et rapatriées, ainsi que d'autres partenaires pour venir en aide à environ 240 000 réfugiés somaliens dans les zones de Jijiga et Dollo Ado à l'est de l'Ethiopie. L'Ethiopie accueille également plus de 73 000 Erythréens, 62 000 Sud-Soudanais et plus de 30 000 Soudanais.

L'agence des réfugiés et ARRA ont développé des lignes directrices afin d'organiser la livraison de l'aide humanitaire à l'intérieur de la Somalie, où des signes de paix émergent pour la première fois depuis plus de deux décennies. Ces efforts transfrontaliers visent à fournir une aide et des services essentiels aux habitants vivant dans des zones stables.

Lors d'une réunion vendredi avec António Guterres, le Premier Ministre éthiopien Hailemariam Desalegn a souligné l'opportunité de construire des liens « de population à population » entre l'Ethiopie et la Somalie ainsi que la nécessité d'investir d'urgence en Somalie pour y créer les infrastructures et les services essentiels. Parallèlement, a-t-il indiqué, l'Ethiopie aidera davantage de réfugiés somaliens à acquérir des compétences pour les aider à être productifs quand le moment viendra de rentrer dans leur pays.

Un programme d'autosuffisance permettant aux réfugiés qualifiés de travailler hors des camps va également être étendu. Dans le cadre de ce projet, environ 1 200 réfugiés érythréens sont inscrits dans des universités. António Guterres a considéré ce programme comme étant « remarquable » après sa visite auprès d'un groupe de diplômés.

Un programme novateur avec la Fondation IKEA prévoit également de développer des compétences d'autosuffisance pour les réfugiés somaliens et les communautés locales dans et autour des camps de Dollo Ado, Kobe et Hilaweyn.

António Guterres était en visite la région pour promouvoir une initiative mondiale visant à trouver des solutions pour les réfugiés somaliens. En tant que pays hôte de la deuxième plus grande population de réfugiés somaliens après le Kenya, et en tant que voisin influent, le rôle de l'Ethiopie est essentiel, a indiqué António Guterres. « L'idée est de mettre l'accent sur les conditions à l'intérieur de la Somalie et, parallèlement, de mobiliser le soutien de la communauté internationale. »

Il a exprimé son inquiétude pour les quelque 1 700 enfants érythréens séparés et non accompagnés qui vivent au camp de réfugiés de Mai-Aini ainsi que pour les réfugiés qui entreprennent des voyages périlleux depuis l'Ethiopie avec des passeurs.

Lors d'une réunion avec le Directeur d'ARRA, Isayas Wolde Giorgis, le Haut Commissaire a réitéré l'engagement du HCR pour assurer la protection et fournir une assistance aux réfugiés. « L'Ethiopie est la preuve vivante du message positif sur la protection des réfugiés », a-t-il déclaré, tout en ajoutant : « Le problème, c'est que le nombre des réfugiés en Ethiopie est en hausse et que les ressources sont limitées. »

António Guterres a fait référence au conflit en Syrie, qui draine ailleurs des fonds pour l'aide humanitaire. « Il est essentiel, et également stratégique, de maintenir le soutien à toutes les actions humanitaires dans la corne de l'Afrique », a-t-il souligné.

Par Melissa Fleming à Addis Abeba, Ethiopie

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Le Haut Commissaire

M. António Guterres a rejoint, le 15 juin 2005, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, dont il est le 10ème Haut Commissaire.

Crise dans la corne de l'Afrique

Des dizaines de milliers de Somaliens fuient le conflit et la sécheresse vers Djibouti, l'Ethiopie et le Kenya.

Nouvelles arrivées en Ethiopie

La contrée isolée de Dolo Ado devient le refuge de quelque 10 000 Somaliens fuyant la violence dans leur pays.

Depuis le début de l'année, environ 10 000 Somaliens ont traversé la frontière en quête de refuge et ils sont arrivés à Dolo Ado, un lieu isolé, brûlé par le soleil et situé au sud-est de l'Ethiopie - où les habitants sont majoritairement de l'ethnie somali. La plupart ont fui l'insécurité après le retrait des troupes éthiopiennes du centre et du sud de la Somalie et la reprise de ces régions par des insurgés. Au pic de l'afflux au début du mois de février 2009, quelque 150 personnes franchissaient la frontière chaque jour. En réponse à cette situation, une équipe d'urgence du HCR a été envoyée sur place pour aider à gérer un centre de transit à Dolo Ado. De plus, le HCR a fait parvenir des convois contenant des articles de secours, y compris des moustiquaires, des couvertures, des jerrycans, des batteries d'ustensiles de cuisine et des bâches en plastique. Les efforts humanitaires sont coordonnés avec d'autres agences des Nations Unies et des ONG pour assurer que les besoins sont satisfaits. Bien que de nombreux Somaliens déplacés à l'intérieur du sud et du centre de la Somalie ont commencé à rentrer, principalement vers Mogadiscio, de nombreux Somaliens restent à Dolo Ado car ils ont besoin de protection. Etant donné les faibles perspectives de rapatriement dans un avenir proche, un nouveau camp est actuellement en cours de préparation et les cas des réfugiés sont maintenant examinés.

Nouvelles arrivées en Ethiopie

Camp de Bonga, Ethiopie

Le camp de Bonga est situé dans la région tourmentée de Gambella, à l'ouest de l'Éthiopie. Contrairement au camp de Fugnido et à la ville de Gambella toute proche, il a été épargné par les conflits ethniques qui ont fait des ravages ces derniers mois.

Pour les 17 000 réfugiés soudanais du camp de Bonga, la vie poursuit son cours malgré les troubles dans la région. Les enfants réfugiés vont à l'école et jouent tandis que leurs parents améliorent l'aide fournie par l'UNHCR en participant à des projets d'autosuffisance.

La vie culturelle n'est pas en reste, avec notamment les cérémonies traditionnelles de la tribu majoritaire Uduk. D'autres communautés ethniques - les Shuluks, les Nubas et les Équatoriens - se sont aussi bien intégrés dans le camp, comme en témoigne la réception réservée aux nouveaux arrivants transférés de Fugnido à la fin 2002.

Camp de Bonga, Ethiopie

Golfe d'Aden : Péril en mer

Chaque année, des milliers de personnes venues de toute la région de la Corne de l'Afrique - principalement des Somaliens et des Ethiopiens - quittent leurs maisons, poussées par la peur ou par pur désespoir, en quête de sécurité ou d'une vie meilleure. Ces populations empruntent des routes dangereuses en Somalie pour se rendre à Bossasso, une ville de la région semi-autonome du Puntland.

Dans cette zone de non-droit où des réseaux de passeurs règnent en maîtres, des civils innocents et désespérés payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden.

Certains restent des semaines dans des maisons ou des abris temporaires à Bossasso avant de pouvoir partir, soudainement au milieu d'une nuit, entassés dans de petites embarcations de fortune. En mer, tout peut se passer, ils sont à la merci des passeurs. Certains sont battus, poignardés, tués ou jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les plages du Yémen, qui sont devenues des cimetières de fortune pour certains de ceux qui sont morts en route.

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En conclusion de la session annuelle de l'organe directeur du HCR, le Haut Commissaire António Guterres a souligné le nombre sans précédent de crises aigues auxquelles le HCR doit faire face.
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