Plus de 8000 demandeurs d'asile et migrants ont traversé la Méditerranée au premier semestre 2013

Points de presse, 5 juillet 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 5 juillet 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR a indiqué vendredi qu'environ 8 400 migrants et demandeurs d'asile sont arrivés sur les côtes de l'Italie et de Malte durant les six premiers mois de cette année. La majorité d'entre eux sont arrivés en Italie (7 800), alors que Malte en a reçu environ 600 autres.

Les personnes qui entreprennent ce voyage sont parties en majorité depuis l'Afrique du Nord, principalement la Libye pour environ 6 700 d'entre elles. D'autres, au nombre de 1 700, ont traversé depuis la Grèce et la Turquie, et sont arrivées dans les régions d'Apulie et de Calabre au sud de l'Italie.

La traversée en haute mer est très dangereuse et, chaque année, des personnes trouvent la mort en tentant le voyage. Le Pape François se rendra lundi dans l'île italienne de Lampedusa pour rendre hommage à ces naufragés et il lancera une couronne de fleurs à la mer en leur mémoire.

Les pays d'Afrique subsaharienne sont les principaux pays d'origine de ces migrants et demandeurs d'asile, particulièrement la Somalie et l'Erythrée. Parmi d'autres pays d'origine, il y a l'Egypte, le Pakistan et la Syrie. Des ressortissants de Gambie, du Mali et de l'Afghanistan entreprennent également la traversée, mais en plus petit nombre.

La mer Méditerranée est l'une des zones maritimes les plus fréquentées du globe. C'est aussi une dangereuse frontière pour les migrants et les demandeurs d'asile qui souhaitent rejoindre le sud de l'Europe. Du fait de ces dangers, le HCR réitère son appel à tous les navires de rester en alerte pour aider les migrants et les réfugiés en situation de détresse. Nous renouvelons également notre appel aux capitaines de navires à une vigilance accrue et au respect continu du devoir maritime ancestral consistant à prêter assistance à toute personne se trouvant en situation de détresse en mer.

Selon le droit international et européen, les États doivent également veiller à ce que les personnes interceptées ou secourues en mer qui demandent l'asile, puissent avoir accès au territoire et à une procédure d'asile où leurs besoins ou leurs demandes en matière de protection internationale puissent être examinés.

La période de pic des traversées pour les migrants et les demandeurs d'asile dure de mai à septembre. A cette saison, quand il y a une hausse du nombre des personnes tentant la périlleuse traversée en haute mer, il est essentiel de respecter le devoir maritime ancestral consistant à prêter assistance à toute personne se trouvant en situation de détresse en mer ainsi que ce qui est prévu dans le droit maritime international.

Pour toute l'année 2012, environ 15 000 migrants et demandeurs d'asile étaient arrivés par la mer en Italie et à Malte (13 200 et 1 800 respectivement). Le nombre des arrivants durant les six premiers mois de 2012 était de 4 500 (3 500 en Italie et 1 000 à Malte).

Environ 40 personnes ont trouvé la mort pendant leur tentative de traversée depuis la Tunisie vers l'Italie durant les six premiers mois de 2013, selon les statistiques du HCR. En 2012, près de 500 personnes avaient trouvé la mort ou sont portées disparues. La baisse du nombre des décès en 2013 est due notamment aux efforts coordonnés des autorités italiennes et maltaises pour le sauvetage en mer.

Le HCR se félicite également des efforts des autorités en Italie, à Malte et en Libye pour les sauvetages en mer de bateaux en détresse dans la Méditerranée et appelle tous les Etats à continuer de remplir leurs obligations conformément à la législation internationale sur les réfugiés et au droit maritime.

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Chaque année, la mer Méditerranée - une destination estivale parmi les plus prisées en Europe - se transforme en cimetière. Des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants s'y noient, au cours de leur tentative désespérée pour atteindre des pays de l'Union européenne (UE).

La distance entre l'île italienne de Lampedusa et la côte libyenne est tout juste de 290 kilomètres. En 2006, quelque 18 000 personnes ont traversé ce bras de mer - la plupart dans des embarcations gonflables équipées de moteurs hors-bord. Certains cherchaient du travail, d'autres voulaient retrouver des membres de leur famille ou d'autres encore fuyaient la persécution, le conflit ou les violences. Ils n'avaient pas d'autre choix que celui de fuir, en quête de sécurité, via des itinéraires clandestins.

Parmi ceux qui ont réussi à atteindre Lampedusa, quelque 6 000 d'entre eux ont demandé l'asile. Et près de la moitié ont été reconnus comme réfugiés ou ont obtenu la protection des autorités italiennes.

En août 2007, les autorités à Lampedusa ont ouvert un nouveau centre de réception pour assurer que les personnes arrivant par bateau ou secourues en mer soient accueillies dans la dignité, et hébergées de façon appropriée, et qu'elles puissent recevoir des soins de santé.

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Un migrant ivoirien décrit ainsi la vie à Tripoli avant son départ : « Il n'y avait aucun lieu en paix. On entendait des tirs partout. Puis l'OTAN a débuté les bombardements. Nous n'avions rien à manger. Des Libyens ont commencé à attaquer les étrangers la nuit, pour voler leur argent, leur téléphone mobile, tout ce qu'ils avaient... Impossible de rester là-bas avec eux. Il valait mieux prendre la fuite. »

Le HCR estime qu'une personne sur dix meurt pendant le voyage en mer. Les corps rejetés par la mer sont inhumés au cimetière de Lampedusa.

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