Le HCR distribue de l'aide aux Syriens sur une île méditerranéenne

Articles d'actualité, 4 juillet 2013

© HCR Syria
Un travailleur humanitaire vérifie le stock d'articles de secours sur l'un des bateaux qui ont acheminé le matériel du HCR vers l'île d'Arwad.

DAMAS, Syrie, 4 juillet (HCR) L'aide fournie par le HCR a été distribuée à certains habitants de la communauté locale parmi les plus nécessiteux et à des familles déplacées parmi les 10 000 personnes qui vivent sur l'île d'Arwad, la seule île syrienne habitée en Méditerranée.

Le maire a confirmé ce week-end que la plupart des articles de secours avaient été distribués fin juin à 119 familles de la communauté locale (soit 600 personnes) et environ 60 familles (soit 300 personnes) qui avaient trouvé refuge à Arwad après avoir fui leurs maisons à Homs et à Alep. Tous les déplacés sont accueillis par des familles vivant sur l'île, dont beaucoup sont des proches et des amis.

Les articles de secours des matelas, des nattes de couchage, des couvertures, des bâches en plastique, des kits d'hygiène, des batteries d'ustensiles de cuisine, des jerrycans, des couches pour les enfants et les personnes âgées ainsi que des serviettes hygiéniques ont été livrés au port syrien de Tartus puis chargés à bord de trois bateaux pour une traversée de 20 minutes vers Arwad. Ils ont été stockés dans deux cafés vides, qui ont servi à la fois d'entrepôt et de centres de distribution. La distribution a été menée par le Croissant-Rouge arabe syrien.

Une petite équipe du HCR s'était rendue auparavant à Arwad pour évaluer les besoins des personnes sur l'île, où le principal revenu est tiré de la pêche, et pour identifier les personnes qui devraient recevoir une assistance. Ils ont établi que les articles d'hygiène, comme les couches et les serviettes hygiéniques, étaient tout particulièrement nécessaires.

Selon les employés du HCR, la situation économique dans la petite île a visiblement empiré depuis le début de la crise syrienne il y a plus de deux ans et l'industrie de la pêche a souffert du fait de l'insécurité.

Ailleurs en Syrie, pour la première fois, le HCR a envoyé des médicaments vitaux à Ansari Est, une zone densément peuplée à l'est d'Alep qui est hors de contrôle des troupes gouvernementales depuis le début de la crise. Les médicaments ont été livrés jeudi dernier à l'hôpital Al Zarzour par le Croissant-Rouge arabe syrien avec deux camions.

Les médicaments seront utilisés pour les urgences et pour traiter plus de 6 000 personnes souffrant de maladies chroniques. L'hôpital Al Zarzour est l'un des seuls qui fonctionnent encore à Alep, la deuxième ville de Syrie. L'infrastructure médicale à Alep, tout particulièrement dans les zones contestées, a été sérieusement affectée par le conflit.

« La situation générale humanitaire à Alep est désastreuse, mais la situation de santé est particulièrement dégradée. De nombreux hôpitaux publics ne fonctionnent pas », a indiqué Tarik Kurdi, le représentant du HCR en Syrie. La livraison a été rendue possible après des discussions avec les autorités du Croissant-Rouge arabe syrien et toutes les autres parties dans la région. Tarik Turki a indiqué que la livraison de ces médicaments était nécessaire, « toutefois cette assistance est loin d'être suffisante. Nous devons et faisons notre possible pour organiser d'autres convois de ce type. »

Parallèlement, le HCR continue la distribution d'allocations en espèces aux familles déplacées les plus vulnérables. Après Damas et Tartus au début de cette année, le HCR a commencé la semaine dernière la distribution d'allocations en espèces, pour la première fois, à des familles déplacées dans les villes d'Homs et de Qamishly.

Durant trois jours la semaine dernière, le HCR a distribué des chèques à 394 familles particulièrement vulnérables (plus de 2 000 personnes) et hébergées dans des centres collectifs à Homs, qui est ravagée par le conflit. La plupart des chèques étaient d'une valeur de 150 dollars. Au total, le HCR prévoit de venir en aide à 15 000 familles vulnérables à Homs cette année, si les conditions de sécurité le permettent.

A Qamishly, depuis la semaine dernière, le HCR a distribué des allocations en espèces à plus de 10 000 personnes (soit 1 895 familles). La distribution des allocations en espèces continuera cette semaine et aidera jusqu'à 4 000 familles déplacées. L'objectif de cette année est d'aider jusqu'à 20 000 familles dans les gouvernorats de Qamishly et Hassakeh.

Les allocations en espèces viennent en complément des colis standard d'aide d'urgence que le HCR fournit aux familles déplacées. A Hassakeh, cependant, la livraison de matériel d'aide a été difficile au point que le HCR s'apprête à distribuer des allocations en espèces à toutes les familles déplacées pour assurer qu'elles puissent couvrir leurs besoins les plus urgents.

Cette année, l'assistance du HCR a déjà été délivrée à plus de 1,2 million de Syriens déplacés à travers les 14 gouvernorats du pays.

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Un visage parmi un million d'autres : les difficultés des réfugiés syriens au Liban

Ils sont partout au Liban - un million de réfugiés syriens, dans un pays de 4,8 millions d'habitants. Il n'y a pas de camps de réfugiés au Liban. La plupart des réfugiés louent des appartements, tandis que les autres vivent dans des abris de fortune, des garages, des usines et des prisons. Trois ans après le début de la crise en Syrie, le Liban est devenu le pays au monde hébergeant la plus forte densité de réfugiés par habitant. Le Liban tente de faire face. Le montant des loyers a grimpé en flèche, les logements se font rares ; le prix des denrées augmente. Pendant ce temps, une génération pourrait être sacrifiée. La moitié des réfugiés syriens sont des enfants ; la plupart ne vont pas à l'école. Beaucoup travaillent pour aider leurs familles à survivre. Certains se marient jeunes, d'autres mendient pour gagner un peu d'argent. Pourtant, ils ont tous les mêmes rêves d'éducation.

Dans la ville de Tripoli, au nord du Liban, beaucoup de Syriens vivent dans le district d'Al Tanak, surnommé « Tin City » (« ville de tôle »). Longtemps habité par les populations pauvres de la ville, ce quartier est désormais une banlieue surréaliste - des tas d'ordures d'un côté, une grande roue de l'autre. Les habitants cohabitent avec les rats. « Ils sont gros comme des chats », déclare l'un d'eux. « Ils n'ont pas peur de nous, c'est nous qui avons peur d'eux ».

La photo-journaliste plusieurs fois primée, Lynsey Addario, a visité la « ville de tôle » et d'autres régions du Liban avec le HCR pour montrer les visages et faire connaître les souffrances des Syriens dans le monde. A travers ses publications dans le New York Times et National Geographic, Lynsey Addario a mis en lumière les victimes des conflits et les violations des droits dans le monde, en particulier les femmes.

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Troisième anniversaire de la crise en Syrie: un enfant du conflit

Achraf est né le jour même où le conflit a commencé en Syrie : le 15 mars 2011. C'est le septième enfant d'une famille de Homs. Une semaine après sa naissance, le conflit a atteint son quartier. Pendant des mois, sa famille est restée quasiment recluse à la maison. Certains jours, les bombardements étaient sans interruption, d'autres jours un calme inquiétant régnait. Ces jours-là, la maman d'Achraf se précipitait avec lui dans la clinique locale pour les vaccins et les contrôles.

Quand Achraf avait environ 18 mois, sa tante, son oncle et son cousin ont été assassinés - la gorge tranchée - alors que le garçon dormait à côté dans la maison de sa famille. Terrifiée et craignant d'être les prochains, la famille d'Achraf s'est entassée dans leur voiture, emportant quelques effets précieux, et est partie vers la frontière.

Ils ont abandonné leur maison, construite par le père et l'oncle d'Achraf. Au bout de quelques jours, la maison a été pillée et détruite. Le photographe Andrew McConnell a rendu visite à la famille dans leur nouveau foyer dans la plaine de la Bekaa, au Liban, également construit par le père et l'oncle d'Achraf. Situé au bord d'un champ de boue, c'est un patchwork de bâches en plastique, de toile et de ferraille. Le sol est couvert de couvertures et de matelas fournis par le HCR. Ils font désormais face à de nouveaux défis comme la lutte quotidienne pour que les enfants soient au chaud, au sec et protégés contre les rats. Achraf sursaute toujours quand il entend des bruits soudains et forts, mais le médecin a expliqué à sa mère que le garçon s'y habituerait.

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Forcé de grandir trop vite au Liban : Mahmoud

Mahmoud est âgé de 15 ans et il ne va plus à l'école depuis trois ans. Dans sa Syrie natale, ses parents avaient peur de l'envoyer à l'école à cause de la guerre civile. Ils ont fini par fuir il y a un an lorsqu'un matin, très tôt, une bombe est tombée sur une maison du voisinage. La famille, encore engourdie après avoir été réveillée aussi brutalement, a préparé quelques affaires et a fui vers le Liban. Depuis, leur maison et l'école locale ont été détruites.

Au Liban, le père de Mahmoud ne trouve pas de travail et la famille peut désormais à peine payer le loyer.

Il y a un mois, Mahmoud a commencé à travailler à la commission, il s'occupe de vider des poissons dans une petite boutique non loin de chez lui. Il gagne environ 60 dollars par mois. Avec cet argent, il aide à payer le loyer de la pièce unique souterraine de sa famille, qu'il partage avec ses parents et ses huit frères et soeurs. Mahmoud est fier d'aider sa famille. Toutefois, le magasin de poissons étant situé dans la même structure souterraine que sa maison, il voit à peine le soleil.

Des enfants comme Mahmoud, dont certains âgés de sept ans seulement, travaillent de longues heures pour un maigre salaire, parfois dans des conditions dangereuses. Ces enfants mettent en péril leur avenir en manquant l'école et en perdant les années d'insouciance de l'enfance. Beaucoup sont également traumatisés par ce qu'ils ont vu en Syrie.

Le HCR et ses partenaires, conjointement avec les autorités locales, fournissent des allocations d'aide financière pour aider des familles vulnérables de réfugiés syriens à couvrir des dépenses courantes, comme le loyer et les soins médicaux. Cette aide leur permet de moins retirer les enfants de l'école pour les faire travailler. Les agences des Nations Unies et leurs partenaires ont également mis en place des systèmes de gestion et d'orientation en Jordanie et au Liban pour identifier les enfants à risque et les orienter vers des services appropriés.

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