Le monde de l'éducation s'ouvre à une jeune Somalienne devenue réfugiée

Articles d'actualité, 1 juillet 2013

© HCR Erythrée
Hali Shukri Ibrahim sourit derrière des piles de manuels au collège de Massawa près du camp de réfugiés d'Umkulu dans la ville portuaire de Massawa, Erythrée. Agée de 26 ans, devenir une réfugiée lui a permis de bénéficier de ce dont elle rêvait depuis toujours – l'éducation.

MASSAWA, Erythrée, 1er juillet (HCR) Rien n'a dissuadé la réfugiée somalienne Hali Shukri Ibrahim de sa passion de recevoir une éducation. Pas de mariage précoce forcé, pas de guerre, pas de séparation de ses parents, de son mari ou de son bébé, pas d'exil.

En fait, la jeune femme âgée de 26 ans explique que devenir une réfugiée lui a donné l'opportunité d'étudier et de réaliser ses ambitions. Des objectifs qui, chez elle, à Mogadiscio, la capitale de la Somalie déchirée par la guerre, auraient été limités car elle aurait sans aucun doute élevé une grande famille, dit-elle.

Désormais élève en niveau 12 dans un lycée public érythréen près de sa maison dans le camp de réfugiés d'Umkulu, Hali voit grand. « Je veux travailler dur, aller à l'université et devenir docteur », dit-elle. « Quand je suis venue en Erythrée, je parlais et j'écrivais à peine l'anglais. Maintenant je parle presque couramment et je peux écrire l'anglais. »

C'est son travail pour apprendre l'anglais qui l'a amenée dans cette ville portuaire sur la mer Rouge, où plus de 3 400 autres Somaliens vivent au camp de réfugiés.

Chez elle à Mogadiscio, elle écoutait la BBC pour améliorer son anglais. Un jour en 2008, elle a entendu sur le programme de la BBC intitulé « retrouver ses proches », que ses parents étaient en Erythrée et qu'ils la cherchaient.

Elle avait été réfugiée avec eux dans ce pays déjà une fois auparavant en 1996, à neuf ans. Mais elle était rentrée dans sa Somalie natale quand des affrontements ont éclaté à la frontière entre l'Ethiopie et l'Erythrée. Elle avait laissé toute sa famille entière en Erythrée. De retour à Mogadiscio, elle a été mariée à un étranger avant même de finir l'école primaire.

Une fois que son mari a entendu que ses parents la recherchaient, dans un acte d'abnégation, il a décidé de divorcer. Il l'a même aidée à partir seule pour les retrouver. Elle a laissé son fils de deux ans et elle est partie vers Djibouti pour une réunion familiale tant attendue avec ses vieux parents.

La vie au camp de réfugiés de Umkulu lui a apporté un avantage inattendu. Le HCR paye les frais de scolarisation de Hali, pour l'école située à 20 minutes du camp, ainsi que son uniforme et ses frais de transport.

« Je n'imagine rien faire d'autre qu'étudier », explique-t-elle. Aujourd'hui, elle utilise ses nouvelles compétences de langage pour travailler à mi-temps en tant que traductrice anglais-somalien.

Après avoir rejoint ses parents et en recevant une éducation, sa joie s'est encore accrue quand, cinq ans après l'avoir laissé en Somalie, le HCR a fait venir son fils près d'elle. Il est maintenant âgé de sept ans et il reçoit une éducation au camp.

« Ma joie est immense. Avoir mon fils près de moi, c'est me retrouver toute entière, une partie de moi était comme morte », dit Hali. « Je suis heureuse de l'avoir avec moi et de soigner mon père diabétique », ajoute-t-elle. « Bien sûr, je dois jongler entre mon travail à l'école et mes responsabilités familiales, mais je ne me plains pas. »

Dans ce camp, il y a juste une école primaire, à laquelle sont inscrits plus de 1 100 élèves depuis le jardin d'enfants jusqu'au grade 8. Parce qu'il y a moins de 100 élèves en niveau secondaire dans le camp, « ce n'est pas rentable de construire un lycée. C'est pourquoi le HCR préfère que les réfugiés soient scolarisés dans un lycée public », a indiqué Viola Kuhaisa, employée du HCR en charge de l'éducation au bureau régional du HCR à Nairobi. Elle a récemment travaillé avec l'équipe du HCR en Erythrée dans le camp.

Pour Hali, ce n'est pas grave que le lycée soit à l'intérieur du camp ou à une distance de 20 minutes. L'important, c'est son éducation. « Si j'étais en Somalie », dit-elle, « je serai mariée et j'aurais cinq ou six enfants. Je suis éternellement reconnaissante au HCR de me permettre de réaliser mon rêve et ma passion. »

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Pendant deux décennies de conflit et de chaos en Somalie, Mohammed Ousman est resté à Mogadiscio où il enseignait l'art alors que d'autres fuyaient le pays. Mais la vie est devenue impossible pour continuer le travail de création artistique, après que des militants d'Al Shabaab aient tué son frère. Quatre de ses neuf enfants ont également été assassinés. Mohammed a fermé sa « Picasso Art school » et il a épousé la veuve de son frère, selon la coutume somalienne. Toutefois, sans emploi, cet homme de 57 ans luttait pour subvenir aux besoins de ses deux familles et, finalement, il lui en a coûté sa première famille. Mohammed a décidé de partir, il a pris l'avion vers Berbera au Somaliland à la fin 2011 puis il a traversé vers le camp de réfugiés d'Aw Barre en Ethiopie, où il a rejoint sa seconde épouse et ses cinq enfants. Le HCR a transféré Mohammed et sa famille à Addis-Abeba pour des raisons de protection, en pensant qu'il pourrait mieux y gagner sa vie en exerçant son art. Mais il découvre que la vente de peintures et de dessins peut être difficile. Il compte sur le soutien du HCR. Les images de l'artiste et sa famille ont été prises par Kisut Gebre Egziabher du HCR.

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Plus de 800 personnes ont participé à la cérémonie annuelle de remise de la distinction Nansen pour les réfugiés à Genève le 1er octobre 2012. La lauréate de cette année, Hawa Aden Mohamed, est somalienne. Elle n'a pas pu se joindre à la cérémonie pour des raisons de santé, mais elle avait enregistré un message vidéo. En l'absence de l'ex-réfugiée, le Haut Commissaire pour les réfugiés, Antonio Guterres, a remis la distinction à sa soeur, Shukri Aden Mohamed.

L'humanitaire de 63 ans, éducatrice et défenseur des droits de la femme, plus connue sous le nom de « Maman Hawa », a été honorée pour son dévouement inlassable - dans des conditions extrêmement difficiles - pour aider les réfugiés et les déplacés, principalement des femmes et des jeunes filles mais aussi de jeunes garçons.

Elle a surtout été reconnue - en tant que co-fondatrice du Centre d'éducation de Galkayo pour la paix et le développement en Somalie dans la région de Puntland - pour avoir aidé des milliers de femmes et de jeunes Somaliennes déplacées, beaucoup d'entre elles ayant été victimes de viol. Le centre assure l'enseignement secondaire ainsi que l'apprentissage de l'autonomie.

Durant la cérémonie de remise, les spectacteurs ont entendu une allocution de la militante pour la paix libérienne, Leymah Gbowee, co-lauréate du prix Nobel de la paix 2011. Une vidéo a été diffusée en l'honneur de Mama Hawa. La cantatrice soprano et Ambassadrice honoraire à vie auprès du HCR, Barbara Hendricks, et le musicien suisse, Bastian Baker ont interprêté des morceaux musicaux.

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