Le HCR est consterné par la mort de deux déplacés dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Articles d'actualité, 28 juin 2013

© HCR/P.Behan
Une mère déplacée et ses deux enfants dans l'Etat de Rakhine. Ils sont originaires de la région de Pauktaw, où est survenu le violent incident de jeudi.

Rangoon, Myanmar, 28 juin (HCR) Le HCR est préoccupé par un violent incident survenu hier dans l'Etat de Rakhine à l'ouest du Myanmar et qui a causé la mort de deux personnes déplacées internes et en a blessé six autres dont deux mineurs.

L'incident s'est déroulé jeudi matin dans le camp de déplacés de Kyein Ni Pyin dans la municipalité de Pauktaw, Etat de Rakhine. C'est un site où le HCR construit des abris temporaires pour environ 4 400 déplacés rohyngias qui avaient été déplacés par les violences intercommunautaires de l'année dernière.

L'incident aurait commencé par un différend entre des personnes déplacées et un chef de village. Des relations apparemment mauvaises entre eux ont été aggravées par de fausses rumeurs selon lesquelles les déplacés seraient maintenus isolés et qu'on les empêcherait de retourner dans leur village d'origine.

« Lorsque certains des déplacés se sont rassemblés à un poste militaire situé non loin en demandant le remplacement du chef de village, les autorités ont dispersé la foule avec des coups de feu, ce qui a causé des pertes en vies humaines et des blessés », a indiqué Adrian Edwards, le porte-parole du HCR.

« Des employés du HCR sont arrivés sur place peu après pour s'occuper des familles des victimes et organiser les soins médicaux pour les blessés. Nous sommes également préoccupés par la sécurité du chef de village et de sa famille », a-t-il ajouté.

Le HCR appelle à l'ouverture d'une enquête sur cette tragédie. L'agence appelle les autorités à examiner cette question dans un environnement pacifique et calme afin d'éviter de dégrader davantage la situation par d'autres violences et pertes en vies humaines.

« Nous appelons également au dialogue entre les parties impliquées pour résoudre les différends », a indiqué Adrian Edwards, ajoutant : « Les efforts conjoints du gouvernement, des chefs de communautés et des agences humanitaires sont également nécessaires pour faire cesser les rumeurs qui se propagent à Kyein Ni Pyin et dans d'autres villages sur les droits des personnes déplacées à rentrer dans leur village d'origine. »

En tant qu'agence chef de file dans les domaines des abris, de la coordination des camps, de la gestion des camps et de la protection dans la réponse humanitaire dans l'Etat de Rakhine, la priorité actuelle du HCR est de fournir une aide temporaire aux déplacés durant la saison des pluies. Nous sommes convaincus que le gouvernement doit renforcer la confiance et promouvoir la réconciliation, afin que les personnes déplacées puissent un jour rentrer dans leurs villages d'origine.

L'incident tragique de jeudi rappelle également le besoin urgent de renforcer la coordination et la gestion des camps qui manquent gravement de financement en dépit des besoins actuels. Un an après l'éruption de la première vague de violences intercommunautaires en juin 2012, il y a toujours environ 140 000 personnes déplacées dans l'Etat de Rakhine.

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Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Une crise humanitaire s'est développée dans l'Etat de Rakhine au Myanmar, où quelque 115 000 personnes ont désespérément besoin d'aide après avoir été déplacées au cours de deux vagues de violence intercommunautaire successives en juin et en octobre 2012. Les personnes déplacées, dont la plupart sont des Rohingyas, ont trouvé refuge dans des camps provisoires et d'autres restent dispersées à travers l'Etat, vivant étroitement surveillées dans leurs villages détruits. Les conditions sont difficiles : les camps sont surpeuplés et certains sont même dépourvus d'installations d'assainissement, alors que de nombreux villages sont totalement détruits et ne disposent que de faibles ressources en eau. Dans l'un des villages, plus de 32 familles vivaient ensemble sous seulement deux grandes tentes. Les enfants n'ont pas accès à l'éducation. Les nouveau-nés et les personnes âgées sont très vulnérables en raison d'une pénurie de centres de soins. Le HCR distribue des articles de secours et travaille avec les autorités ainsi que les partenaires pour améliorer les conditions de vie dans les camps. Mais une aide internationale est nécessaire.

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Rapatriés au Myanmar

Au début des années 90, plus de 250 000 Rohingyas musulmans traversèrent la frontière du Myanmar pour venir se réfugier au Bangladesh, mettant en cause des violations de droits humains perpétrés par le gouvernement militaire de leur pays. En exil, ils furent accueillis dans une vingtaine de camps situés dans la région de Cox's Bazaar au Bangladesh. Plus de 230 0000 de ces réfugiés sont rentrés chez eux depuis 1992, mais il en subsiste encore environ 22 000 dans les camps. L'UNHCR travaille en collaboration avec des ONG pour garantir la stabilité dans les communautés de rapatriés, en les aidant à se réintégrer au mieux dans leur pays. L'UNHCR fournit une présence itinérante sur le terrain, assure la protection et la sécurité des rapatriés et offre enfin des programmes d'éducation primaire et pour adultes, des projets générateurs de revenus et des formations professionnelles.

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Réfugiés du Myanmar

Au cours des derniers mois, plus de 2 000 réfugiés originaires du Myanmar sont arrivés dans le nord de la Thaïlande. Ils disent fuir la reprise du conflit et les violations des droits humains dans l'Etat de Kayin au Myanmar. Les réfugiés, qui appartiennent principalement à l'ethnie Karen, disent que leurs maisons et leurs villages ont été brûlés et que des civils ont été tués. Beaucoup sont en très mauvaise santé et souffrent de maladies telles que le paludisme après un voyage long et dangereux vers les camps à travers des zones extrêmement minées. Les réfugiés arrivent dans des camps gérés par le gouvernement, principalement dans la région de Mae Hong Son, au nord de la Thaïlande.

L'UNHCR travaille avec le gouvernement thaïlandais et les organisations non gouvernementales pour s'assurer que les nouveaux arrivants sont admis dans les camps et qu'ils reçoivent l'hébergement et la protection adéquats. L'hébergement est une préoccupation majeure car certains camps de réfugiés sont surchargés. Lors d'une réunion à la mi-mai, les autorités thaïlandaises ont donné leur accord pour la construction de maisons en matériaux plus résistants afin d'y installer les nouveaux arrivants.

Actuellement 140 000 réfugiés originaires du Myanmar vivent en Thaïlande dans neuf camps situés près de la frontière, beaucoup d'entre eux sont là depuis plus de 20 ans.

Septembre 2006

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Ni Ang, âgée de 16 ans, parcourt le marché de nuit à Delhi pour trouver de la nourriture pour elle et ses trois frères et soeurs. Ces enfants non accompagnés luttent pour leur survie en Inde après avoir fui leur village au Myanmar.