Le Cameroun est confronté à l'arrivée massive de réfugiés fuyant l'insécurité au nord-est du Nigéria

Articles d'actualité, 18 juin 2013

© Reuters
Des femmes déracinées nigérianes sur le chemin de l'exil avec leurs possessions, après qu'un couvre-feu ait été déclaré à Maiduguri, dans l'Etat de Borno.

GENÈVE, 18 juin (HCR) Le HCR a déclaré mardi que la crise survenant dans les Etats d'Adamawa, Borno et Yobe, au nord-est du Nigéria, cause de nouvelles arrivées de réfugiés au Niger, et désormais également au Cameroun.

« Au Cameroun, une équipe du HCR s'est rendue vendredi vers des zones frontalières avec le Nigéria dans la région de l'Extrême-Nord », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR, lors d'un point de presse à Genève. « Les employés du HCR ont fait état de la présence de plus de 3 000 Nigérians. »

Les arrivées de Nigérians vers le Cameroun ont commencé il y a une semaine. Ces personnes ont expliqué avoir fui une confrontation entre l'armée nigériane et les insurgés de Boko Haram à environ 10 kilomètres de la frontière.

La plupart des arrivants sont des femmes et des enfants. Ils sont hébergés dans des églises et des écoles, et ils dépendent des distributions alimentaires de la part des églises et de la population locale. Le HCR a indiqué travailler avec les autorités pour transférer les réfugiés vers des lieux plus sûrs et plus éloignés de la frontière.

Parallèlement, au Niger, le HCR a indiqué avoir envoyé de l'aide par camions depuis Niamey vers la région de Diffa dans le sud-est. Plus de 6 000 personnes sont arrivées depuis le nord du Nigéria ces dernières semaines, avec parmi elles, 2 692 Nigérians, 3 544 ressortissants du Niger de retour dans leur pays ainsi que des Tchadiens. Des matelas, des couvertures, des jerrycans, du savon, des seaux, des moustiquaires et des batteries d'ustensiles de cuisine ont été pré positionnés à Diffa, Bosso, Kablewa et Menesewa pour une distribution à la fois aux réfugiés nigérians et aux Nigériens de retour dans leur pays.

« La plupart des nouveaux arrivants au Niger sont des femmes et des enfants venant des villages ruraux de l'autre côté de la frontière et depuis les villes de Maiduguri et Baga », a indiqué Adrian Edwards.

Les arrivées continuent au Niger. Le 11 juin, des tirs ont été entendus à Malam Fatouri, un village du côté nigérian, près de la frontière, ce qui a poussé la population à fuir vers le Niger, a indiqué le HCR. Ils ont voyagé à pied ou en moto et ils ont trouvé refuge au sein de familles hôtes juste de l'autre côté de la frontière.

Des centaines de nouveaux arrivants ont également été signalés dans une zone de 60 kilomètres au nord de Diffa, ont indiqué les autorités locales au HCR. Parallèlement, des équipes du HCR ont observé que certaines personnes déracinées du Nigéria rentrent dans leur pays après avoir passé quelques jours au Niger ou font la navette entre les deux pays selon la situation sécuritaire au Nigéria.

Au Tchad, il n'y a pas eu d'autres arrivées de Nigérians après les 155 réfugiés accueillis la semaine dernière. Dans ce pays, la frontière est officiellement fermée.

Le Gouvernement nigérian a imposé l'état d'urgence dans les Etats d'Adamawa, Borno et Yobe dans le nord-est du pays en mai.

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2014 : Les réfugiés centrafricains subissent des attaques alors qu'ils fuient au Cameroun

Chaque semaine, environ 10 000 musulmans traversent la frontière vers l'est du Cameroun pour échapper à la violence qui déchire la République centrafricaine (RCA). Beaucoup parmi les nouveaux arrivants racontent avoir été attaqués à plusieurs reprises lors de la fuite en exil. Les miliciens anti-balaka ont bloqué les routes principales vers le Cameroun, forçant les civils à trouver d'autres itinéraires à travers la brousse. Beaucoup marchent durant deux à trois mois pour rejoindre le Cameroun. Ils arrivent en état de malnutrition et ils portent des blessures de machettes ou par balles.

Le HCR et ses partenaires ont mis en place des cliniques mobiles supplémentaires aux points de passage frontière pour fournir des soins d'urgence dès l'arrivée des réfugiés. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés appuie également des dispensaires publics qui sont submergés par le nombre de réfugiés et leur mauvais état de santé.

Parallèlement, le HCR a transféré quelque 20 000 réfugiés qui vivaient en plein air dans les zones frontalières de Garoua Bouai et de Kenzou. Ils se trouvent désormais dans de nouveaux sites à Lolo, Mborguene, Gado et Borgop dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua.

Depuis début 2014, le Cameroun a reçu près de 70 000 réfugiés centrafricains. Ce chiffre s'ajoute aux 92 000 réfugiés arrivés lors de précédents afflux survenus depuis 2004 pour échapper aux groupes rebelles et aux bandits qui écumaient le nord de leur pays.

Paul Spiegel et Michele Poletto, employés du HCR, se sont récemment rendus dans l'est du Cameroun et ils ont pris les photos suivantes avec leur iPhone ou un appareil photo.

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Des milliers de Nigérians fuient pour échapper à la violence dans leur pays

Dans certaines régions au nord-est du Nigéria, la situation de sécurité est instable depuis mai 2103, quand les autorités ont décrété l'état d'urgence dans les Etats de Borno, Yobé et Adamaoua. Beaucoup ont rejoint la région de Diffa au Niger voisin ou alors le Cameroun. Cette année, un regain de violence a contraint des milliers de personnes à fuir vers ces deux pays. La photographe du HCR Hélène Caux s'est rendue à Bosso, une ville de la région de Diffa au Niger, peu avant le tout dernier afflux. Elle y a rencontré des réfugiés qui avaient rejoint le Niger lors de précédentes vagues de violence. Ils lui ont décrit les violences dont ils ont été témoins, la perte de leurs proches et leurs efforts pour mener une vie aussi normale que possible à Diffa, avec notamment la scolarisation des enfants. Les réfugiés nigérians sont reconnaissants envers les communautés qui les accueillent au Niger.

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Les réfugiés maliens au Niger luttent pour reconstruire leur vie.

Quelque 60 000 civils maliens ont trouvé refuge au Niger cette année. Ils ont fui les combats au nord du Mali ainsi que l'instabilité politique dans le pays tout entier. La plupart sont hébergés dans trois camps formels - Tabareybarey, Mangaizé et Abala. Par ailleurs, beaucoup d'autres vivent dans des installations spontanées. Tous les lieux d'accueil sont situés dans un environnement aride et dur où la vie est difficile, malgré l'assistance fournie par le HCR et les autres agences humanitaires.

Les enfants sont le groupe le plus vulnérable avec certains souffrant de malnutrition sévère. Des enfants plus âgés attendent de pouvoir retourner à l'école dans un pays étranger. Par ailleurs, 6 000 réfugiés vivent à Niamey, la capitale nigérienne, où ils sont nombreux à chercher du travail pour pouvoir envoyer de l'argent à leurs familles restées au Mali.

En attendant, l'avenir reste incertain. Beaucoup ont peur que les combats continus à l'intérieur du Mali n'entraînent un exil accéléré des réfugiés maliens dans les pays voisins, y compris au Niger.

Les photos suivantes ont été prises par Hélène Caux, photographe au HCR. Elles illustrent la vie des réfugiés aux camps de Tabareybarey et Mangaize ainsi qu'à Niamey.

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Niger : fuir le Nigéria

Les personnes qui fuient les combats entre l'armée nigériane et les rebelles Boko Haram sont accueillis chaleureusement au Niger.
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Niger : Exil depuis le Mali

Près de 40 000 Maliens se sont réfugiés au Niger depuis l'embrasement du nord de leur pays, en janvier dernier.
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Niger : Nouveau camp à Mangaizé

Un nouveau camp de tentes de toile est en construction pour offrir de meilleures conditions de vie aux familles, à Mangaizé au Niger, près de la frontière.