Des combats dans l'Etat de Jonglei au Soudan du Sud déplacent des dizaines de milliers de personnes

Articles d'actualité, 11 juin 2013

© HCR/S.Tessema
Des réfugiés arrivés lors de précédentes vagues de violence dans l'Etat de Jonglei sont rassemblés sous l'ombre d'un arbre dans la ville frontalière de Matar, en Ethiopie.

NAIROBI, Kenya, 11 juin (HCR) Le HCR a fait part, mardi, de son inquiétude sur la conséquence des combats entre les forces gouvernementales et les troupes armées dans l'Etat de Jonglei au Soudan du Sud. Ces affrontements ont généré le déplacement de dizaines de milliers de personnes depuis leur éruption en mars.

« Dans le comté de Pibor en particulier, nous avons observé des tensions croissantes et de graves allégations sur des troubles à l'ordre public, qui se traduisent notamment par des violences aveugles et des pillages de biens appartenant à des civils », a indiqué un porte-parole du HCR. La majorité des habitants de Pibor sont touchés. La population de Pibor compte habituellement 148 000 personnes. Beaucoup ont fui plus d'une fois les hostilités. Un grand nombre d'entre eux ont rejoint la brousse et se trouvent dans des zones difficiles d'accès.

Les contraintes de sécurité rendent difficile pour le HCR de suivre la situation et de répondre aux besoins humanitaires. Accéder aux personnes affectées par les combats à Jonglei est une préoccupation majeure. « Quand nous pouvons accéder à ces personnes, nous menons des missions de suivi de la situation aux frontières pour évaluer les mouvements de population et nous en informons les pays voisins », a indiqué le porte-parole.

De nombreux civils effectuent de longues distances à pied pour trouver refuge au Kenya, en Ouganda et en Ethiopie. Durant les cinq premiers mois de cette année, le HCR a enregistré 5 397 réfugiés arrivés depuis l'Etat de Jonglei au camp de réfugiés de Kakuma dans le nord-ouest du Kenya. Ce nombre est significatif. Il correspond quasiment à la population arrivée durant toute l'année dernière et c'est plus du double du nombre d'arrivants en 2011 ou 2010.

En Ouganda, environ 2 700 réfugiés depuis l'Etat de Jonglei sont arrivés depuis le début de l'année, soit environ 527 personnes par mois.

Les combats à Pibor ont entraîné un afflux en Ethiopie, toutefois à plus petite échelle par rapport à certaines informations récentes. Environ 16 000 personnes sont arrivées principalement entre février 2012 et février 2013 avant les combats les plus récents.

Les équipes d'évaluation du HCR reviennent tout juste de la région frontalière à l'intérieur de l'Ethiopie, où elles ont établi l'arrivée de 2 178 réfugiés entre le 7 mai et le 7 juin. Selon les nouveaux arrivants, beaucoup d'autres sont en chemin vers l'Ethiopie depuis les régions de Nyalongoro, Kaiwa et Niate au Soudan du Sud.

« Au Soudan du Sud, nous travaillons à la fois dans l'Etat de Jonglei et au niveau national. Nous plaidons pour une meilleure protection des personnes déplacées », a déclaré le porte-parole. En tant qu'agence humanitaire, le HCR est engagé avec le gouvernement, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud, les principaux membres de la communauté diplomatique et d'autres intervenants afin d'assurer la protection des civils et un meilleur accès humanitaire.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise au Soudan du Sud : Appel urgent

Donnez maintenant et aidez des dizaines de milliers de personnes fuyant le Soudan du Sud pour échapper à la violence.

Donnez pour cette crise

Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

A la veille du référendum portant sur l'autodétermination du Sud-Soudan le 9 janvier 2011, des dizaines de milliers de personnes qui vivaient dans le nord du Soudan ont plié bagage pour rentrer dans leurs villages d'origine au sud du pays. Le HCR a établi des points d'escale le long des axes de retour vers le Sud-Soudan, afin de distribuer des vivres aux voyageurs et de leur fournir un lieu sûr pour qu'ils se reposent durant ce pénible voyage. Plusieurs cas d'attaques et de viols perpétrés contre des voyageurs ont justifié l'ouverture de ces centres où les femmes, les enfants et les personnes handicapées peuvent passer la nuit. Le HCR a mobilisé des ressources pour répondre aux besoins de 50 000 personnes, dans l'éventualité d'un déplacement massif suite aux résultats du vote.

Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

Crise sanitaire au Soudan du Sud

Quelque 105 000 réfugiés se sont regroupés dans le Comté de Maban, au Soudan du Sud. De graves risques pèsent sur la santé de nombre d'entre eux. Le HCR et ses partenaires travaillent d'arrache-pied pour prévenir et contenir l'épidémie de paludisme et plusieurs maladies hydriques.

La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

Crise sanitaire au Soudan du Sud

L'objet le plus important

Depuis novembre 2011, plus de 105 000 réfugiés ont traversé la frontière qui sépare l'État du Nil Bleu, au Soudan, de celui du Haut-Nil, au Soudan du Sud. Le voyage, généralement réalisé à pied, passe par de dangereuses zones de conflit et emprunte des routes secondaires que les fortes pluies ont rendues presque impraticables. Les réfugiés, pour la plupart, fuient précipitamment, n'emportant que ce qu'ils peuvent porter et parfois rien d'autre que les vêtements qu'ils ont sur le dos. Certains arrivent malades ou blessés, et beaucoup ont souffert de la faim au cours du trajet. Le photojournaliste Brian Sokol a demandé à plusieurs réfugiés au Soudan du Sud de lui montrer l'objet le plus important qu'ils avaient emporté avec eux. Nous vous invitons à lire son photoreportage pour découvrir les objets qu'ils ont choisis.

L'objet le plus important

Soudan du Sud : née en plein conflitPlay video

Soudan du Sud : née en plein conflit

Nyariek est née alors que le conflit affecte de nouveau son tout jeune pays, le Soudan du Sud. Mais quelques jours après, elle a vécu une tragédie, lorsque sa mère a été tuée lors d'une attaque.
Soudan du Sud : Le chef du HCR Play video

Soudan du Sud : Le chef du HCR

Le Haut Commissaire du HCR se rend auprès des réfugiés dans l'installation de Yida, située non loin de la frontière avec le Soudan en proie à l'instabilité.
Soudan du Sud : Fier d'aider les réfugiésPlay video

Soudan du Sud : Fier d'aider les réfugiés

D'anciens réfugiés ont été embauchés au HCR au Soudan du Sud pour venir en aide aux réfugiés soudanais.