Le HCR accélère le transfert des réfugiés du Darfour loin de la ville frontalière de Tissi

Points de presse, 4 juin 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 4 juin 2013 au Palais des Nations à Genève.

Dans le sud-est du Tchad, le HCR accélère le transfert de réfugiés de Tissi une installation située à quelques kilomètres des frontières avec le Soudan et la République centrafricaine vers un site localisé à quelque 30 kilomètres au nord-ouest à Ab Gadam. Ce transfert s'explique par la saison des pluies imminente et des préoccupations liées à la sécurité à Tissi même, qui se trouve dans une région instable.

Au cours des deux dernières semaines, 5 522 réfugiés ont été déplacés. Ce chiffre s'ajoute aux plus de 1 800 réfugiés transférés le mois dernier vers Goz Amir, un camp installé à 240 kilomètres plus au nord.

Depuis le 17 mai, le HCR et ses partenaires transfèrent des réfugiés à un rythme de 500 environ par jour, au moyen de convois de camions et d'autocars. Nous espérons terminer les transferts de Tissi d'ici la fin de la semaine. Nous poursuivrons avec le transfert des personnes dispersées dans les environs, vers Um Dukum. Au total, nous prévoyons que 20 000 réfugiés seront installés à Ab Gadam d'ici mi-juin, si le temps le permet. Nous étudions également la possibilité d'ouvrir des sites supplémentaires si le nombre dépassait 20 000.

Depuis janvier, près de 30 000 personnes originaires du Darfour ont franchi la frontière vers la région de Tissi au Tchad. La première vague de réfugiés fuyaient le conflit entre les tribus des Binheissin et des Rizeigat, suivi d'un autre groupe fuyant les violences communautaires entre les tribus des Salamat et des Misseriya.

Les habitants du Darfour continuent de franchir la frontière vers Tissi, car les tensions persistent dans la région d'Um Dukhun au Darfour, à environ sept kilomètres au nord de Tissi. La semaine dernière, les tirs d'obus dans la région d'Um Dukhun s'entendaient depuis l'enceinte du HCR.

Environ 90% des réfugiés installés actuellement dans la zone frontalière appartiennent à la tribu des Salamat. La plupart sont des femmes et des enfants qui dorment en plein air et sont vulnérables aux maladies à transmission hydrique. Nous avons besoin de fonds supplémentaires pour répondre à leurs besoins urgents.

A Ab Gadam, les réfugiés reçoivent des rations alimentaires et des produits non-alimentaires comprenant des jerrycans, des produits sanitaires, des ustensiles de cuisine, des tapis pour dormir, des couvertures et des moustiquaires. On leur fournit également des matériaux locaux et des bâches en plastique pour construire leurs propres abris temporaires. Le HCR et ses partenaires se chargent d'installer des abris pour les plus vulnérables. Deux hangars temporaires ont été installés pour l'enregistrement, la distribution de l'aide, les réunions de réfugiés ainsi que les examens médicaux et les bilans nutritionnels. Des projets sont en cours pour construire une structure permanente.

La fourniture d'eau potable en quantité suffisante représente un défi à Ab Gadam. Nous acheminons actuellement de l'eau par camion en provenance de Tissi et nous la stockons dans des cuves, tout en étudiant avec nos partenaires la possibilité de creuser des trous de sonde et d'installer des pompes à eau. Les soins médicaux et bilans nutritionnels ont commencé et les réfugiés ayant actuellement besoin d'assistance médicale sont transférés au poste médical de Tissi.

Le HCR pré-positionne aussi des produits de secours tout près du camp d'Ab Gadam pour l'ensemble de la population réfugiée. Nous envisageons également l'installation d'un bureau du HCR à proximité pour faciliter l'accès au camp pendant la saison des pluies. Un hélicoptère sera utilisé pendant la saison des pluies pour maintenir l'accès.

A ce jour, le HCR a enregistré 29 634 réfugiés, pour la plupart originaires du Soudan, ainsi qu'un petit nombre de 458 ressortissants de la République centrafricaine. Avant l'afflux récent, environ 300 000 réfugiés soudanais étaient déjà accueillis dans l'est du Tchad.

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Depuis le début des hostilités l'an dernier dans la région du Darfour, à l'ouest du Soudan, plus de 110 000 réfugiés soudanais ont fui vers le Tchad voisin. Ils sont aujourd'hui dispersés le long d'une zone frontalière désertique de 600km, exposés à des conditions extrêmes, sous un soleil de plomb le jour et par des températures glaciales la nuit.

Dans cette zone inhospitalière, l'accès aux réfugiés est difficile. Le personnel de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés doit sillonner la région des jours durant pour les localiser. Les bombardements sur la zone frontalière et les raids transfrontaliers des milices soudanaises mettent ces réfugiés en danger et soulignent l'urgente nécessité de les transférer dans des camps à l'intérieur du pays. De plus, la saison des pluies qui débute en mai rend la circulation impraticable sur les pistes sablonneuses. Les travailleurs humanitaires sont lancés dans une course contre la montre pour apporter un secours d'urgence à ces réfugiés.

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L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

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Quelque 7 000 personnes se sont rassemblées aux alentours de Goz Beida, où elles ont trouvé abri sous des arbres ou ailleurs. L'UNHCR distribuera des articles de secours dès que la situation sécuritaire le permettra. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a déjà distribué des bâches en plastique, des matelas, des couvertures et des médicaments aux déplacés internes nouvellement arrivés dans le camp de Habila. L'agence recherche actuellement un site temporaire pour accueillir les nouveaux arrivants et entre temps va augmenter le nombre de points d'eau dans le camp de Habila.

La détérioration de la situation sécuritaire dans la région est extrêmement préoccupante, ainsi que ses conséquences sur les opérations de l'UNHCR pour aider les déplacés internes et les réfugiés. Il y a 90 000 déplacés internes au Tchad, ainsi que 218 000 réfugiés originaires du Darfour présents dans 12 camps de l'est du Tchad.

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