Une Syrienne en Grèce: souvenirs de jours meilleurs et espoir de retour

Articles d'actualité, 17 mai 2013

© HCR/B. Szandelszky
Leilah tient un album photo, la chose la plus importante qu'elle a réussi à emporter avec elle en Grèce. Il lui rappelle un temps heureux où elle était en Syrie avec sa famille et son mari disparu.

ATHENES, Grèce, 17 mai (HCR) Leilah n'arrive pas à retenir ses larmes en feuilletant l'album photo de famille. C'est la seule chose qu'elle a réussi à emporter avec elle de Syrie un rappel puissant des jours meilleurs qu'elle coulait avec son mari et leurs six enfants dans leur pays d'origine.

Ils menaient une vie heureuse et relativement confortable en gérant un petit magasin dans un village du nord de la Syrie jusqu'à ce que la guerre éclate il y a plus de deux ans. Aujourd'hui, Leilah, 40 ans, vit dans un appartement vétuste à Athènes avec ses enfants, dont deux s'étaient absentés pour chercher du travail lors de la visite du HCR. Son mari est resté en Syrie et elle ignore totalement s'il est en sécurité ou non.

Leilah, qui a demandé que son nom soit modifié, fait partie des milliers de civils syriens, en quête de sécurité, qui ont rejoint la Grèce. Nombre d'entre eux pensaient que les épreuves seraient terminées en arrivant en Europe. Mais le choc a été rude Les Syriens étaient considérés comme des immigrants irréguliers en Grèce.

Jusqu'à récemment, ils étaient détenus dans des conditions non conformes aux normes, après la décision d'expulsion. « La détention administrative aux fins d'éloignement était ordonnée de manière systématique dans les cas d'entrée et de séjour irréguliers, indépendamment du fait que les renvois sont impossibles à exécuter [en raison du conflit en cours en Syrie] », explique Giorgos Tsarbopoulos, chef du bureau du HCR en Grèce.

Lorsqu'ils sont libérés, les Syriens doivent se débrouiller par eux-mêmes. Ils ne reçoivent aucune aide sociale ni documents juridiques leur permettant de vivre dans des conditions décentes dans le pays.

Les choses se sont passées ainsi pour Leilah pendant son épreuve de neuf mois à Athènes. L'un des moments les plus difficiles pour la famille a été lorsque la police grecque a arrêté les deux fils ainés de Leilah au motif qu'ils n'avaient pas de papiers. « C'était comme si on m'arrachait un membre. Je ne savais que faire», se souvient-elle.

« Je me rendais au poste de police où ils étaient détenus presque tous les jours et je demandais à les voir. Mais à chaque fois on me refoulait, sans me donner aucune nouvelle de mes fils ». Ils ont fini par être libérés après 33 jours de détention.

Suite aux demandes du HCR pour que le traitement des réfugiés syriens soit amélioré, le mois dernier la police a publié une directive suspendant la décision d'expulsion ou de retour pendant six mois, renouvelables tant que la situation en Syrie ne change pas. En conséquence, les Syriens sont libérés de détention dès que leur nationalité est identifiée. Cette mesure a reçu un accueil favorable du HCR.

Aujourd'hui, Leilah est heureuse d'être réunie avec tous ses enfants. Elle est également soulagée d'avoir pu trouver un hébergement plus décent que son ancien sous-sol humide dans le quartier chaud d'Athènes, grâce à l'aide de compatriotes syriens en Grèce. La famille devait partager quelques mètres carrés avec 16 autres personnes.

Maarouf, un médecin syrien vivant en Grèce depuis 28 ans, est l'une des rares personnes à offrir de l'aide aux Syriens dans le besoin. Il connait leurs problèmes par expérience. « Les Syriens qui arrivent en Grèce, des familles avec enfants pour la plupart, vivent dans des conditions dramatiques », affirme-t-il. « Ils n'ont aucun moyen pour survivre et dépendent de l'aide offerte par d'autres Syriens ou par des organisations non gouvernementales. Mais leurs besoins sont immenses ».

Quand elle regarde les photos de son mari et d'autres proches restés en Syrie, Leilah se demande si elle les reverra un jour. « Quitter mon pays, ma maison, c'était comme la mort pour moi », déclare-t-elle. « Ce qui me fait vivre, ce sont mes enfants et l'espoir qu'un jour, quand la paix reviendra dans mon pays, je pourrai rentrer chez moi et me sentir de nouveau vivante ».

D'ici là, le HCR considère que les Syriens en Grèce, comme Leilah et ses enfants, méritent des niveaux de protection adéquats leur permettant de vivre dans la dignité et la sécurité.

Par Stella Nanou à Athènes, Grèce

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise en République arabe syrienne : Appel urgent

Vous pouvez sauver la vie de milliers de réfugiés.

Donnez pour cette crise

La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Les équipes de l'UNHCR ont commencé dès la deuxième quinzaine d'août 2006 à distribuer de l'aide humanitaire dans les villages meurtris du sud du Liban. Des tentes, des bâches en plastique et des couvertures sont distribuées aux personnes les plus vulnérables. Le matériel de l'UNHCR provient des entrepôts de Beyrouth, Saïda et Tyr, et continue d'arriver au Liban par voie aérienne, maritime et par camion.

Bien que 90 pour cent des personnes déplacées soient rentrées chez elles dans les premiers jours qui ont suivi le cessez-le-feu du 14 août, de nombreux Libanais n'ont pas pu regagner leur foyer et sont hébergés chez des proches ou dans des abris publics, tandis que quelques milliers sont restés en Syrie.

Depuis le début de la crise à la mi-juillet, l'UNHCR a acheminé 1 553 tonnes de matériel de secours en Syrie et au Liban pour venir en aide aux victimes du conflit. Cela représente environ 15 000 tentes, 154 510 couvertures, 53 633 matelas et 13 474 kits de cuisine. L'agence pour les réfugiés a également importé 5 camions et 15 autres sont en route.

Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Réfugiés iraquiens en Syrie

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés est de plus en plus préoccupée par la violence en Iraq et par l'absence d'une réponse humanitaire internationale face au nombre très important de personnes déplacées. Suite à une mission d'évaluation effectuée en novembre 2006, des responsables de l'UNHCR ont signalé que l'agence faisait face à une crise humanitaire de plus grande ampleur que celle prévue pour 2002-2003. Cependant l'UNHCR et les autres organisations manquent cruellement de fonds pour venir en aide aux personnes déplacées en nombre croissant. Pour combler ce manque de financement, l'UNHCR a donc publié en janvier 2007 un appel de 60 millions de dollars pour financer ses programmes d'assistance aux réfugiés iraquiens en Syrie, en Jordanie, au Liban, en Egypte et en Turquie, ainsi qu'aux réfugiés non iraquiens et aux déplacés internes au sein de l'Iraq déchiré par la guerre.

Plus le conflit durera en Iraq, plus la situation deviendra difficile pour des centaines de milliers de déplacés ainsi que les communautés qui tentent de les aider - à l'intérieur et à l'extérieur de l'Iraq. Le fardeau pour les gouvernements et les communautés d'accueil de la région est important, il est donc essentiel que la communauté internationale soutienne les efforts humanitaires.

Réfugiés iraquiens en Syrie

Jordanie : Angelina Jolie à la frontière syriennePlay video

Jordanie : Angelina Jolie à la frontière syrienne

L'Emissaire spéciale du HCR Angelina Jolie et le chef de l'agence pour les réfugiés António Guterres rencontrent des réfugiés syriens en Jordanie et écoutent leurs témoignages déchirants.
Grèce: Rude accueil en EuropePlay video

Grèce: Rude accueil en Europe

Mojahed est finalement arrivé en Grèce après un voyage long et périlleux depuis son village natal au Darfour, au Soudan. Mais les conditions de vie à Patras sont épouvantables.
Grèce : Afflux de demandeurs d'asilePlay video

Grèce : Afflux de demandeurs d'asile

La Grèce, confrontée à une crise économique, lutte pour faire face à un afflux significatif de migrants et de demandeurs d'asile.