Le HCR recommande de suspendre les expulsions vers la République centrafricaine dans un contexte de violences et d'abus

Points de presse, 30 avril 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 30 avril 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR recommande aux gouvernements à travers le monde, de suspendre les retours forcés vers la République centrafricaine, étant donné la situation actuelle qui est instable et dangereuse dans ce pays, avec notamment avec de nombreuses violations des droits de l'homme et une situation humanitaire qui se dégrade rapidement.

Le document publié le 25 avril par le HCR s'intitule « Position du HCR sur les retours en République centrafricaine ». Il explique que, selon les circonstances actuelles, une population importante fuyant la République centrafricaine pourrait répondre à des critères pour l'obtention du statut de réfugié selon la Convention de l'OUA et la Convention de 1951.

La situation en République centrafricaine a empiré depuis décembre 2012, lorsque les forces rebelles séléka ont lancé une série d'attaques depuis le nord pour prendre le contrôle de la capitale Bangui, à la fin mars. Suite à cette offensive, des meurtres ciblés, des arrestations et des détentions arbitraires, la torture et le recrutement d'enfants ont été signalés à maintes reprises. Les viols, les disparitions, les enlèvements ainsi que l'extorsion et les pillages à Bangui ou dans d'autres parties du pays sont également largement évoqués. L'accès humanitaire aux populations affectées demeure très limité.

La violence ces derniers mois a généré environ 173 000 personnes déplacées internes et près de 50 000 réfugiés qui ont fui pour la plupart dans les pays voisins, en République démocratique du Congo (37 000), au Tchad (5 000) ou au Cameroun (2 000).

Cette recommandation vise à ce que les principes sur le droit d'asile et les normes humanitaires soient garantis jusqu'à ce que les conditions en République centrafricaine permettent des retours dans la dignité et la sécurité. Il est également important de préserver le caractère civil de l'asile et, pour cette raison, nous recommandons aux Etats d'exercer la plus grande prudence pour identifier les combattants et les séparer des populations réfugiées.

Selon notre recommandation, l'exclusion du statut de réfugié pourrait être examinée pour certaines personnes, autres que les combattants, par exemple des personnes qui pourraient avoir été impliquées dans des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité en République centrafricaine.

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2014 : Les réfugiés centrafricains subissent des attaques alors qu'ils fuient au Cameroun

Chaque semaine, environ 10 000 musulmans traversent la frontière vers l'est du Cameroun pour échapper à la violence qui déchire la République centrafricaine (RCA). Beaucoup parmi les nouveaux arrivants racontent avoir été attaqués à plusieurs reprises lors de la fuite en exil. Les miliciens anti-balaka ont bloqué les routes principales vers le Cameroun, forçant les civils à trouver d'autres itinéraires à travers la brousse. Beaucoup marchent durant deux à trois mois pour rejoindre le Cameroun. Ils arrivent en état de malnutrition et ils portent des blessures de machettes ou par balles.

Le HCR et ses partenaires ont mis en place des cliniques mobiles supplémentaires aux points de passage frontière pour fournir des soins d'urgence dès l'arrivée des réfugiés. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés appuie également des dispensaires publics qui sont submergés par le nombre de réfugiés et leur mauvais état de santé.

Parallèlement, le HCR a transféré quelque 20 000 réfugiés qui vivaient en plein air dans les zones frontalières de Garoua Bouai et de Kenzou. Ils se trouvent désormais dans de nouveaux sites à Lolo, Mborguene, Gado et Borgop dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua.

Depuis début 2014, le Cameroun a reçu près de 70 000 réfugiés centrafricains. Ce chiffre s'ajoute aux 92 000 réfugiés arrivés lors de précédents afflux survenus depuis 2004 pour échapper aux groupes rebelles et aux bandits qui écumaient le nord de leur pays.

Paul Spiegel et Michele Poletto, employés du HCR, se sont récemment rendus dans l'est du Cameroun et ils ont pris les photos suivantes avec leur iPhone ou un appareil photo.

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Les souffrances insensées continuent en République centrafricaine

Un an après la prise de pouvoir par la Séléka, une coalition de groupes rebelles majoritairement musulmans en République centrafricaine (RCA), ce pays pauvre est englué dans une crise humanitaire qui s'aggrave, marquée par la brutalité et les déplacements massifs. Après sa visite dans la capitale, Bangui, le mois dernier, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la situation en République centrafricaine comme « une catastrophe humanitaire d'une ampleur indescriptible ». Les origines du conflit intercommunautaire sont complexes et des attaques de représailles ont été commises ces dernières semaines sur des civils par la Séléka et les milices chrétiennes anti-balaka rivales. Une personne sur cinq a fui son foyer : quelque 625 000 personnes sont déplacées à l'intérieur du pays et 312 000 se trouvent dans les pays voisins. Quelque 2,5 millions de personnes ont besoin d'aide en RCA, mais les financements sont insuffisants et l'accès à d'importantes zones du pays est trop dangereux. Les déplacés internes sont dispersés partout, y compris plus de 54 000 à l'aéroport international de Bangui. Ils ont besoin d'aide et de protection. La photographe Annibale Greco s'est récemment rendue avec le HCR dans des zones où les déplacés ont trouvé refuge. Voici ses images.

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« La chose la plus importante que vous emporteriez » pour les réfugiés centrafricains

Au cours de l'année écoulée, le HCR a publié sur ses sites Internet une série de galeries de photos prises par le photographe américain Brian Sokol ayant pour thème les possessions que les réfugiés emportent avec eux lorsqu'ils sont forcés de fuir leur domicile. Nous nous sommes d'abord intéressés en août dernier aux réfugiés soudanais au Soudan du Sud, puis nous avons fait un reportage sur les réfugiés originaires de Syrie et du Mali.

Brian Sokol s'est rendu l'an dernier dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC) pour poser cette question aux réfugiés originaires de la République centrafricaine : quel est l'effet personnel le plus important pour vous que vous ayez emporté ? Il a reçu encore une fois des réponses intéressantes de la part de tout un éventail de personnes originaires de régions rurales ou urbaines de la République centrafricaine, où les violences intercommunautaires ont dégénéré, échappant à tout contrôle. Leurs réponses sont présentées ici. La sandale d'une femme âgée, une paire de béquilles utilisée par un homme pour rejoindre un lieu sûr et la photo portée par un garçon de son père tué en sont quelques exemples. Un autre garçon a désigné les membres de sa famille ayant, comme lui, réussi à s'échapper comme son bien le plus précieux - ils sont nombreux à ressentir la même chose.

Depuis décembre 2012, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont fui la République centrafricaine vers des pays voisins. 60 000 personnes se sont ainsi retrouvées dans le nord de la RDC. Quelque 30 000 d'entre elles vivent dans quatre camps de réfugiés établis par le HCR. Les autres sont hébergées par des familles de la communauté locale. La majorité d'entre elles n'ont pas eu le temps de faire leurs bagages avant de s'enfuir. Elles ont fui les violences et le chaos et elles sont arrivées en RDC, exténuées et traumatisées. Elles n'ont été en mesure d'emporter que des effets essentiels et légers. Les photos qui suivent ont été prises au centre de transit de Batanga, dans le camp de réfugiés de Boyabo et dans le village de Libenge.

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Lors d'une mission en République centrafricaine, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la violence et le déplacement forcé survenant dans le pays comme étant une tragédie silencieuse.
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La guerre se déroulant en République centrafricaine a reçu peu d'attention de la part des médias, en comparaison avec le conflit du Darfour, alors que ses effets sont semblables. Plus de 17 000 Centrafricains ont traversé la frontière vers le Tchad depuis janvier 2009, portant ainsi le total des réfugiés centrafricains à près de 70 000 dans ce pays.