Une réunion ministérielle pour réviser les délais dans la résolution de la situation des réfugiés rwandais

Points de presse, 19 avril 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 19 avril 2013 au Palais des Nations à Genève.

Les pays africains accueillant de larges populations de réfugiés rwandais, ainsi que le Rwanda lui-même, ont réitéré leur engagement à résoudre la situation prolongée des réfugiés rwandais selon la Stratégie globale qui avait été annoncée par le HCR en octobre 2009.

A l'occasion d'une réunion ministérielle à Pretoria, les délégations du Burundi, de la République démocratique du Congo, du Kenya, du Malawi, du Mozambique, du Congo, du Rwanda, de l'Afrique du Sud, de l'Ouganda, de la Zambie et du Zimbabwe ont examiné les progrès dans la promotion du rapatriement volontaire et de la réintégration locale pour les réfugiés rwandais. La discussion a également concerné l'extension de la possibilité d'intégration locale ou d'un autre statut juridique dans le pays d'asile, des éléments clés de la Stratégie globale.

La stratégie prévoit également la cessation du statut de réfugié pour les réfugiés rwandais qui vivent encore en exil, et qui avaient fui leur pays avant le 31 décembre 1998.

La réunion a été coprésidée par le Directeur pour le Bureau de l'Afrique au HCR, George Okoth-Obbo, et par Volker Türk, le Directeur du HCR pour la protection internationale.

La première réunion ministérielle sur la Stratégie, à Genève le 9 décembre 2011, avait convenu, dans une recommandation aux États, d'envisager de donner effet à ces clauses de cessation du statut de réfugié en date du 30 juin 2013. Les clauses de cessation sont intégrées dans la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés et la Convention de l'OUA de 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique. Ces conventions régissent la fin du statut de réfugié, une fois que des changements durables et fondamentaux ont eu lieu dans le pays d'origine et que les circonstances ayant généré la fuite en exil n'existent plus.

Le génocide au Rwanda en 1994 et ses conséquences, ainsi que des affrontements armés au nord-ouest du Rwanda en 1997 et 1998 la dernière fois que le pays a connu une violence généralisée ont généré plus de 3,5 millions de réfugiés rwandais.

La plupart des réfugiés sont rentrés au Rwanda, y compris récemment 12 000 d'entre eux principalement depuis la République démocratique du Congo. Environ 100 000 réfugiés rwandais vivent toujours en exil.

En soulignant les différents progrès déjà réalisés et les problèmes qui demeurent, les gouvernements représentés lors de la réunion ont réaffirmé à l'unanimité leur engagement à résoudre cette situation de réfugiés prolongée, principalement en intensifiant les efforts pour promouvoir le rapatriement qui, jusqu'ici, était resté très limité. Ils ont également convenu de poursuivre l'intégration locale quand elle est possible, notamment en facilitant l'obtention par les réfugiés d'un nouveau statut dans leur pays d'asile, y compris la citoyenneté par naturalisation.

Avec la cessation du statut de réfugié la question traitée durant la majorité des débats il est apparu clairement au cours de la réunion que tous les États étaient prêts à invoquer une application générale des clauses de cessation avant le 30 juin 2013, conformément à la recommandation que comporte la stratégie.

Certains États ont mis en œuvre des mesures pour appliquer les clauses de cessation d'ici la fin juin. D'autres ont indiqué être en mesure de le faire et qu'ils continueront à travailler pour atteindre cet objectif si les conditions nécessaires sont réunies.

D'autres Etats ont souligné que, pour divers motifs d'ordre juridique, d'accès, logistique, pratiques ou autre, ils ne seront pas en mesure d'appliquer les clauses de cessation d'ici la fin juin, ou qu'ils ne le feront certainement pas.

Des Etats ont précisé que, pour le moment, ils se concentreront sur d'autres composantes de la stratégie, par exemple le rapatriement volontaire et l'intégration locale.

Que ce soit dans les cas où un ou plusieurs États vont de l'avant sur les clauses de cessation ou continuent à envisager de les appliquer, il est clair que ce sera fait au « cas par cas » ou par une approche « différenciée. »

Tous les États ont confirmé que, avant et après cette période, ils continueront à travailler pour aider les personnes qui veulent rentrer dans leur pays. Les personnes qui choisissent le rapatriement ou qui resteront légalement dans leur pays d'asile actuel via le remplacement de leur statut juridique, y compris la naturalisation, recevront également une aide.

La délégation du Rwanda a présenté plusieurs mesures déjà prises, ou qui seront mises en œuvre, pour appuyer ces diverses solutions. Il s'agit notamment de la délivrance de passeports nationaux pour les Rwandais qui choisissent de rester dans leur pays hôte actuel.

Depuis ces cinq dernières années, le HCR travaille à résoudre des situations de réfugiés prolongées en Afrique. La cessation du statut de réfugié pour les réfugiés sierra-léonais a eu lieu en 2008 et, pour les réfugiés angolais et libériens, le 30 juin 2012.

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Trouver une occupation dans le camp de Kibiza au Rwanda

Le camp de Kibiza a été ouvert en décembre 1996, après le début de la guerre en République démocratique du Congo voisine. Cette installation avait alors été construite pour faire face à l'afflux de dizaine de milliers de réfugiés congolais. La plupart des réfugiés sont entre temps rentrés chez eux dans l'est de la RDC sauf environ 16 000 d'entre eux qui sont restés dans ce camp isolé, situé sur une colline à l'ouest du Rwanda. L'éruption de violence, l'année dernière dans la province du Nord-Kivu en RDC, n'a pas affecté ce camp car les nouveaux arrivants ont été installés au camp de Kigémé qui a été rouvert au sud du Rwanda. La plupart des réfugiés de Kiziba ont déclaré ne pas vouloir rentrer mais les perspectives d'intégration locale sont limitées en raison du manque de terrains et des possibilités limitées en matière d'emploi. Pendant ce temps, les résidents de ce camp font leur possible pour mener une vie normale, suivent des formations et tiennent de petits commerces afin de devenir autosuffisants. Pour les jeunes, pouvoir faire du sport et recevoir une éducation est très important pour assurer qu'ils ne soient pas attirés par des influences négatives ainsi que pour maintenir leur moral et leur confiance en l'avenir.

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La souffrance et la résilience des déracinées congolaises

Dans le cycle de violence sans fin à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ce sont les plus vulnérables qui souffrent le plus, en particulier les femmes et les enfants. Le problème des violences sexuelles largement répandues à l'encontre des femmes est une préoccupation très importante pour le HCR et qui ne disparait jamais. L'agence pour les réfugiés a reçu des douzaines de rapports faisant état de viols et d'agressions contre les femmes pendant la dernière vague de combats entre les troupes gouvernementales, les troupes rebelles et les milices au Nord- et au Sud-Kivu. C'est une région où le viol est utilisé comme arme de guerre.

La peur des agressions sexuelles et physiques contraint des milliers de femmes à prendre la fuite et à chercher refuge au-delà des frontières comme au Rwanda ou en Ouganda. Souvent leurs hommes restent derrière et les femmes se retrouvent chefs de foyer, seule pour protéger leurs jeunes enfants. Elles sont le fondement de la société mais aussi les premières à souffrir lorsque l'instabilité apparait dans leurs régions.

Les images suivantes ont été prises récemment en République démocratique du Congo, au Rwanda et en Ouganda par Frédéric Noy. Elles montrent des Congolaises qui ont fui leurs foyers, laissant tout derrière elles pour chercher refuge dans un endroit qu'elles espèrent meilleur que celui qu'elles ont quitté. Dans bien des cas, elles se sont endurcies dans les épreuves mais nombre d'entre elles continuent à garder espoir pour elles-mêmes et leurs enfants. Elles sont une source d'inspiration pour ceux qui les aident.

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Kigémé : Pour les réfugiés congolais, un lieu d'accueil façonné dans les collines

Au Rwanda, le camp de réfugiés de Kigémé, dans la Province du sud, a dû être rouvert en juin 2012. En effet, depuis la fin avril, des milliers de civils congolais ont franchi la frontière pour échapper aux affrontements armés opposant les forces gouvernementales de la République démocratique du Congo (RDC) aux rebelles du mouvement M23. Implanté le long d'une colline préalablement terrassée, le camp accueille actuellement une population de plus de 14 000 réfugiés. Il n'a pas subi de contrecoup notable après les récents combats dans l'est de la RDC, lors desquels le M23 s'est emparé de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, avant de s'en retirer. Tandis que la plupart des réfugiés adultes habitant le camp appellent de leurs voeux une paix durable dans leur région, les jeunes désirent quant à eux poursuivre leur scolarité. Par centaines, ils suivent donc des cours de rattrapage en vue d'intégrer le système rwandais d'instruction primaire et secondaire, ce qui exige d'apprendre des langues qu'ils ne parlent pas. Dans un camp où plus de 60% de la population est âgée de moins de 18 ans, cet enseignement aide des enfants traumatisés à aller de l'avant, à s'instruire et à nouer des amitiés.

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