Un programme de tribunaux mobiles lancé en Ouganda dans l'installation de réfugiés de Nakivale

Points de presse, 16 avril 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 16 avril 2013 au Palais des Nations à Genève.

En Ouganda, un programme pilote de tribunaux mobiles a été lancé hier, lundi 15 avril, pour améliorer l'accès à la justice des réfugiés qui ont été victimes de crimes.

Le projet est mis en place dans l'installation de Nakivale, au sud-ouest du pays. Ce programme a été instauré par le HCR et les autorités ougandaises. Il vise à bénéficier à 68 000 réfugiés et 35 000 ressortissants ougandais en leur fournissant un accès plus rapide à la justice et à une aide juridique. Ce modèle de tribunaux mobiles est le premier du genre en Ouganda.

Nous espérons qu'ils vont accélérer le rythme des jugements, et décourager la criminalité en amenant des avocats et des magistrats après des réfugiés et des Ougandais dans l'installation.

La première audience d'hier a été supervisée par un magistrat en chef qui a jugé plusieurs affaires, y compris un vol, des conflits fonciers, des abus sexuels, une tentative de meurtre et des cas de violence sexuelle et sexiste. Les audiences suivantes porteront sur des crimes allant de petits larcins à un meurtre.

Les tribunaux vont tenir trois sessions par an, chacune d'une durée comprise entre 15 et 30 jours et jugeront jusqu'à 30 affaires par session. La moitié des affaires concerneront des ressortissants ougandais qui vivent dans l'installation.

Nakivale est le camp de réfugiés le plus ancien et le plus vaste en Ouganda. Il couvre environ 180 kilomètres carrés. Le palais de justice le plus proche est actuellement localisé à 50 kilomètres à Kabingo, Isingiro. De ce fait, l'accès à la justice est un véritable problème pour les réfugiés et la population locale. Par conséquent, beaucoup ne parviennent pas à porter plainte pour des crimes et ils sont obligés d'attendre très longtemps avant que leur affaire ne soit traitée dans un tribunal.

L'Ouganda accueille 234 150 réfugiés et c'est l'un des rares pays où des réfugiés vivent dans des installations plutôt que des camps. Ceci génère de nombreux problèmes logistiques pour l'accès aux services car les réfugiés sont souvent dispersés sur de grandes distances.

Le projet pilote de Nakivale se fait en collaboration entre le HCR, le Refugee Law Project, le Conseil ougandais pour les droits de l'homme et le Gouvernement ougandais. Les avocats donnent de leur temps et fournissent des services bénévolement pour que l'ensemble du processus soit gratuit pour les réfugiés et la population. Il est à espérer que ce projet pilote soit mis en place dans d'autres camps de réfugiés en Ouganda, afin que davantage de réfugiés puissent bénéficier d'une justice plus rapide.

Nous gérons déjà plusieurs tribunaux mobiles similaires dans les camps de réfugiés de Kakuma et Dadaab au Kenya, où ils ont considérablement réduit la criminalité dans les camps et les zones environnantes.

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La souffrance et la résilience des déracinées congolaises

Dans le cycle de violence sans fin à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ce sont les plus vulnérables qui souffrent le plus, en particulier les femmes et les enfants. Le problème des violences sexuelles largement répandues à l'encontre des femmes est une préoccupation très importante pour le HCR et qui ne disparait jamais. L'agence pour les réfugiés a reçu des douzaines de rapports faisant état de viols et d'agressions contre les femmes pendant la dernière vague de combats entre les troupes gouvernementales, les troupes rebelles et les milices au Nord- et au Sud-Kivu. C'est une région où le viol est utilisé comme arme de guerre.

La peur des agressions sexuelles et physiques contraint des milliers de femmes à prendre la fuite et à chercher refuge au-delà des frontières comme au Rwanda ou en Ouganda. Souvent leurs hommes restent derrière et les femmes se retrouvent chefs de foyer, seule pour protéger leurs jeunes enfants. Elles sont le fondement de la société mais aussi les premières à souffrir lorsque l'instabilité apparait dans leurs régions.

Les images suivantes ont été prises récemment en République démocratique du Congo, au Rwanda et en Ouganda par Frédéric Noy. Elles montrent des Congolaises qui ont fui leurs foyers, laissant tout derrière elles pour chercher refuge dans un endroit qu'elles espèrent meilleur que celui qu'elles ont quitté. Dans bien des cas, elles se sont endurcies dans les épreuves mais nombre d'entre elles continuent à garder espoir pour elles-mêmes et leurs enfants. Elles sont une source d'inspiration pour ceux qui les aident.

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Nyakabande : Un havre de paix en Ouganda après avoir fui le conflit au Nord-Kivu

Le centre de transit de Nyakabande au sud de l'Ouganda a été rouvert par le HCR et les autorités ougandaises en février 2012 pour faire face au nombre croissant de civils congolais qui traversent la frontière pour échapper à l'anarchie généralisée dans la province du Nord-Kivu en République démocratique du Congo (RDC). Initialement prévu pour accueillir 500 personnes, le centre de transit a été submergé par des vagues d'arrivants fuyant la violence sévissant depuis avril entre les forces gouvernementales de la RDC et les combattants rebelles du mouvement M23. Le HCR a contribué à élargir la capacité d'accueil jusqu'à 11 000 personnes ainsi qu'à organiser le transport à partir de la frontière, mais l'afflux a porté une forte pression sur les installations. Le centre a enregistré et aidé plus de 51 000 personnes depuis janvier. La plupart d'entre elles sont originaires du Nord-Kivu. Au pic de l'afflux, en juillet dernier, le centre de transit accueillait plus de 10 000 réfugiés. Pour décongestionner le centre, le HCR a assuré le transport de plus de 30 000 Congolais vers l'installation de réfugiés de Rwamwanja, à environ 350 kilomètres au nord de Nyakabande. Pour beaucoup de ceux qui fuient l'est de la RDC, Nyakabande était une lueur d'espoir et un havre de paix après avoir fui le conflit déchirant leur région d'origine. Les derniers combats au Nord-Kivu en novembre n'ont pas eu beaucoup d'impact, mais des personnes continuent à arriver chaque jour.

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Les Congolais en Ouganda : de la fuite en exil au camp de réfugiés

Après trois années de paix relative, des violences ont à nouveau éclaté en République démocratique du Congo, dans la province du Nord-Kivu en avril 2012, ce qui a généré de nouveaux déplacements de population. Les combats dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu entre les forces gouvernementales et les combattants rebelles du mouvement M23 ont poussé des dizaines de milliers de civils congolais à chercher refuge de l'autre côté de la frontière en Ouganda, principalement dans le district de Kisoro. Beaucoup ont rejoint l'installation de Rwamwanja grâce aux convois organisés par le HCR. Ce site a été ouvert en avril dernier pour gérer l'afflux des réfugiés. À la fin 2012, il accueillait plus de 30 000 réfugiés. Chaque famille réfugiée se voit attribuer un carré de terrain pour y construire une maison et faire des plantations, afin d'encourager l'autosuffisance. Le HCR veut améliorer d'urgence les infrastructures de ce site et recherche des fonds supplémentaires.

Cette galerie de photos présente la vie à Rwamwanja d'une famille dirigée par Harerimana, âgé de 52 ans. La famille vivait à Bitwo, au Rutshuru. Elle s'est enfuie quand le village a été attaqué en juin dernier. Harerimana a été séparé de sa famille et il a passé cinq jours tout seul sur la route, avant de retrouver sa famille dans la forêt. Après deux semaines, ils ont traversé la frontière vers l'Ouganda et ils ont rejoint le centre de transit de Nyakabande. Ils se sont ensuite enregistrés pour être transférés vers Rwamwanja, où la famille élargie vit désormais sur deux parcelles de terrain.

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