Des centaines de nouveaux réfugiés centrafricains fuient les flambées de violence

Articles d'actualité, 16 avril 2013

© HCR/G.Casteele
Ces nouveaux réfugiés sont arrivés depuis la République centrafricaine dans un centre de transit au nord de la République démocratique du Congo.

KINSHASA, République démocratique du Congo, 16 avril (HCR) Le HCR a appelé mardi à la fin des violences en République centrafricaine après les flambées de violence dans la capitale, Bangui, qui ont forcé à nouveau des centaines de personnes à fuir le pays.

« En tout, et depuis la récente instabilité en République centrafricaine, on compte désormais plus de 30 000 réfugiés centrafricains en République démocratique du Congo (RDC), ainsi que 1024 nouveaux réfugiés au Cameroun et 6 728 au Tchad », a indiqué le porte-parole du HCR Adrian Edwards à Genève.

Selon le porte-parole du HCR, les nouveaux réfugiés en RDC ont déclaré que les rebelles seleka avaient pris Bangui le mois dernier et qu'ils avaient ouvert le feu sur des habitants entrés en résistance ou protestant contre les abus et les pillages commis durant les opérations de désarmement. Les hommes jeunes, qui comptent pour 80% des réfugiés ayant traversé la frontière la semaine dernière, ont été particulièrement affectés.

« En RDC, 1 200 réfugiés centrafricains sont arrivés entre samedi et lundi. Et l'afflux continue », a indiqué le porte-parole. Les nouveaux arrivants sont majoritairement hébergés par la population locale mais certains ont rejoint le camp de Worobe, de l'autre côté du fleuve bordant la République centrafricaine et situé à près de 20 kilomètres à l'est de Zongo.

Les personnes arrivées à Worobe ont traversé par bateau vers Zongo puis elles ont marché vers le camp qui accueille désormais 3 707 réfugiés. D'autres sont dans des villages ou ont trouvé abri dans des bâtiments publics. Le HCR a fourni, à tous les arrivants, des repas chauds et fait son possible pour tous les transférer vers le camp.

« Il est urgent que les autorités seleka mettent fin à la violence contre les civils et restaurent la sécurité à Bangui ainsi que dans le reste du pays. C'est nécessaire à la fois pour ralentir l'exode et pour permettre la reprise des opérations d'aide humanitaire essentielles à l'intérieur du pays », a souligné Adrian Edwards.

Selon le HCR, on compte 173 000 personnes déplacées internes en République centrafricaine. De plus, quelque 17 000 réfugiés pour la plupart congolais ou soudanais se trouvent en République centrafricaine, ainsi que 4 000 nouveaux réfugiés soudanais qui ont rejoint le nord de la République centrafricaine il y a 10 jours suite à des affrontements tribaux survenus dans la région d'Um Dukhun à l'ouest du Darfour.

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Nombre des déplacés internes vivent dans la brousse, non loin de leurs villages. Ils y ont construit des abris de paille et d'herbe, ils cultivent des légumes et ils crééent même des écoles de brousse pour leurs enfants. Cependant, l'accès à l'eau potable et aux soins de santé demeure un vaste problème. De nombreux enfants souffrent de diarrhées et du paludisme, mais leurs parents ont trop peur de les emmener dans des hôpitaux ou des cliniques pour les faire soigner.

Des gardiens de troupeaux au nord de la République centrafricaine sont la proie des zaraguinas - des bandits qui enlèvent des enfants contre rançon. Les villageois sont alors contraints de vendre leur bétail pour pouvoir payer les rançons.

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Alors qu'une distribution alimentaire massive a lieu dans six camps gérés par le HCR pour des dizaines de milliers de déplacés internes congolais au Nord-Kivu, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés continue à fournir des abris et des articles domestiques dont le besoin se fait ressentir d'urgence.

Un convoi de quatre camions, transportant 33 tonnes de divers biens de secours, notamment des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des jerrycans, a voyagé mercredi depuis le Rwanda vers Goma, la capitale de la province affectée par le conflit et située à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). L'aide, en provenance d'un entrepôt régional d'urgence situé en Tanzanie, devait être distribuée immédiatement. L'aide d'urgence est arrivée à Goma alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) débutait, conjointement avec le HCR, une distribution de vivres pour quelque 135 000 déplacés internes hébergés dans les six camps situés aux alentours de Goma et gérés par le HCR.

Plus de 250 000 personnes sont déplacées dans le Nord-Kivu depuis la reprise des combats en août. On estime que la population déplacée s'élève à plus de 1,3 million de personnes dans cette province à elle seule.

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Déplacements incessants de population au Nord-Kivu

Les combats font rage dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), sans aucune perspective d'accalmie en vue pour des centaines de milliers de Congolais forcés à fuir la violence et l'insécurité ces deux dernières années. Des vagues successives de conflit sont à l'origine de déplacements en continu, et souvent les familles sont séparées. Au moins un million de personnes sont déracinées dans le Nord-Kivu, la province la plus touchée. Après des années de conflit, plus de 1 000 personnes meurent chaque jour - principalement de faim ou de maladies qui pourraient être pourtant soignées. Dans certaines régions, deux femmes sur trois sont victimes de viols. Les enlèvements sont toujours fréquents, et des enfants sont recrutés de force pour combattre. Des cas de choléra et d'autres maladies se sont accrus, alors que la situation se détériore et que les organisations humanitaires luttent pour répondre aux besoins de la population.

Lorsque la crise de déplacement a empiré dans le Nord-Kivu en 2007, l'agence pour les réfugiés a envoyé plusieurs équipes d'urgence sur place et a mis en oeuvre des opérations dans plusieurs camps accueillant des déplacés. Les efforts d'assistance comprennent aussi l'enregistrement de la population déplacée et la distribution d'articles non alimentaires. Le HCR mène également un contrôle dans le domaine de la protection pour identifier les abus des droits humains et d'autres problèmes, auxquels sont confrontés les déplacés dans le Nord et le Sud-Kivu.

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