Le HCR est préoccupé par des informations faisant état de tirs notamment sur des boat people rohingyas

Points de presse, 15 mars 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Fatoumata Lejeune-Kaba à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 15 mars 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR a demandé au Gouvernement royal thaïlandais de vérifier de informations récentes selon lesquelles un bateau avec à son bord des Rohingyas avait été remorqué hors des eaux thaïlandaises, et que des coups de feu avaient été tirés lors de l'interception.

Le HCR a rencontré les survivants d'une tragédie concernant un bateau à Phang Nga, au sud de la Thaïlande. D'autres sources d'informations ont permis de recouper ces témoignages. Il a été établi que l'incident est le même que celui rapporté par les boat people arrivés à Aceh, en Indonésie, le 26 février dernier. Le personnel du HCR en Indonésie s'est entretenu avec certains des 121 arrivants de ce groupe, dont des femmes et des enfants.

Les personnes interrogées dans les deux pays ont déclaré avoir quitté leur village dans l'État de Rakhine au nord du Myanmar vers le 5 février dernier. Pendant la traversée de trois semaines, ils ont manqué de nourriture et d'eau. Lorsqu'ils ont été interceptés par les autorités dans les eaux thaïlandaises, ils ont reçu de l'aide et puis ils ont été remorqués deux fois dans les eaux thaïlandaises vers le large. Selon des témoignages convergents, au moins trois coups de feu ont été tirés lors de l'interception, mais les informations sont contradictoires pour savoir si c'était des tirs de semonce ou s'ils étaient effectivement ciblés sur les passagers. Les survivants et les pêcheurs locaux à proximité de Phuket ont indiqué que deux cadavres avaient été retrouvés dans la mer. On ne sait pas si la cause du décès a été les tirs ou la noyade.

Le HCR est profondément préoccupé par le fait que des personnes fuyant des troubles auraient pu être refoulées et exposées à une nouvelle détresse dans leur quête de sécurité. Nous cherchons à accéder à ces bateaux interceptés en haute mer.

Suite aux violences inter-communautaires dans l'État de Rakhine au Myanmar l'année dernière, des milliers de personnes ont embarqué à bord des bateaux de passeurs depuis le golfe du Bengale en quête de sécurité et de stabilité, plus au sud. Plus de 7 000 personnes auraient entrepris ce voyage périlleux durant les deux premiers mois de 2013. Toutefois avec la nature clandestine de ces mouvements, il est difficile d'en connaître l'ampleur réelle.

Parmi les informations sur de bateaux refoulés vers la mer, certains bateaux sont arrivés sur les côtes de pays de l'Asie du Sud et du Sud-Est.

Depuis janvier, plus de 1 800 arrivants par bateau avec une grande majorité de Rohingyas de l'État de Rakhine ont été acceptés sur le sol thaïlandais et ont reçu une assistance dans des centres d'hébergement ou des installations de détention des services de l'immigration, principalement dans le sud. Le HCR a salué la décision du gouvernement thaïlandais de leur fournir six mois de protection temporaire pendant que des solutions leur sont recherchées.

Dans la province indonésienne d'Aceh, plus de 180 personnes, probablement des Rohingyas, sont déjà arrivées cette année, dont 12 femmes et 58 enfants. Le plus jeune est un bébé de sept mois. Les autorités locales à Aceh fournissent une aide médicale et d'autres types d'assistance. L'Organisation internationale pour les migrations fournit des vivres et du matériel de secours. La communauté locale et la société civile ont également fait don de nourriture, de vêtements et de serviettes hygiéniques. Le HCR mène des entretiens avec eux pour évaluer leurs besoins en matière de protection.

En Malaisie, deux bateaux ont été retrouvés la semaine dernière avec, à leur bord, près de 320 personnes qui seraient des Rohingyas et qui ont besoin d'une protection internationale.

A la mi-février, un bateau avec plus de 30 personnes à son bord a été secouru à Sri Lanka après que quelque 90 de leurs compagnons d'infortune soient morts de faim et de déshydratation pendant la longue traversée dans le golfe du Bengale. Les survivants ont rejoint 130 autres personnes probablement originaires du Myanmar et du Bangladesh qui étaient arrivées à Sri Lanka en début de cette année.

Le HCR appelle tous les États de la région à garder leurs frontières ouvertes pour les personnes fuyant la persécution. Nos bureaux sont prêts à appuyer les États pour aider et protéger ces personnes.

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Sri Lanka

Durant les 20 années de guerre civile au Sri Lanka, plus d'un million de personnes ont été déracinées, forcées de fuir leur foyer, souvent plus d'une fois. Pour beaucoup d'entre elles qui ne pouvaient trouver abri chez des parents ou des amis, les centres de secours gérés par le HCR ou le gouvernement ont été le seul recours.

En Février 2002, le gouvernement du Sri Lanka et l'Armée de libération des Tigres Tamouls (LTTE) ont signé un accord de cessez-le-feu et entamé une série de négociations devant engendrer une paix durable. À la fin de l'année 2003, plus de 300 000 personnes déplacées étaient déjà retournées dans leurs villes et villages largement dévastés.

Dans le cadre de ces retours, le HCR fournit une protection physique et juridique aux civils affectés par la guerre, tout en finançant une série de projets dans des domaines aussi variés que le logement, la santé, les installations sanitaires ainsi que divers services communautaires et projets générateurs de revenus.

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