Le HCR accroît l'aide aux réfugiés centrafricains en RDC

Articles d'actualité, 8 mars 2013

© HCR/D.Mbaiorem
Des réfugiés centrafricains attendent, à l'ombre d'un arbre, une distribution de vivres et d'articles non alimentaires dans la ville de Mobayi-Mbongo.

KINSHASA, République démocratique du Congo, 11 mars (HCR) Le HCR et le Programme alimentaire mondial (PAM) intensifient leurs efforts pour aider plus de 24 000 réfugiés centrafricains et le HCR étudie la possibilité de construire un camp de réfugiés dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans un communiqué de presse conjoint, ces organisations sœurs des Nations Unies ont déclaré qu'environ 22 000 civils centrafricains ont fui vers la province de l'Equateur en RDC et 2 000 autres vers la province Orientale, afin d'échapper à l'instabilité dans leur pays où un accord de paix fragile a été instauré entre les forces gouvernementales et les rebelles après des combats en décembre dernier.

En Equateur, la plupart des réfugiés sont hébergés par des familles hôtes dans et autour des villes de Gbadolite et Mobayi-Mbongo. Parmi les arrivants, on compte un grand nombre de femmes et d'enfants, dont certains sont des mineurs non accompagnés.

On peut lire dans le communiqué de presse conjoint une citation du Représentant régional du HCR en RDC, Stefano Severe, sur le fait que le gouvernement est prêt à allouer des terres pour établir un camp de réfugiés dans la province de l'Equateur. « Nous nous félicitons de cette décision car les réfugiés sont confrontés à des problèmes majeurs en termes de protection et le nombre de nouveaux réfugiés est bien au-delà de la capacité d'accueil des communautés hôtes », a-t-il déclaré.

Un certain nombre de sites sont à l'étude aux alentours de Gbadolite, où il y a un aéroport. Le regroupement des réfugiés, actuellement dispersés, dans un camp accessible par la route depuis la ville serait plus facile pour leur fournir protection et assistance. Toutefois le défi est de trouver un site avec de l'eau potable et un accès facile.

Selon le communiqué de presse conjoint, beaucoup de jeunes réfugiés souffrent de malnutrition et le directeur du Programme alimentaire mondial en RDC, Martin Ohlsen, dit que les réfugiés « manquent de vivres et d'autres articles essentiels. Ils ne disposent d'aucun moyen de gagner leur vie. Et ils arrivent dans des communautés disposant elles-mêmes de ressources limitées. »

Des habitants de la région déclarent que l'arrivée des réfugiés a changé leur quotidien. « Je suis très heureux d'aider ces personnes », a déclaré Andy Mobayi-Mbongo, qui vit au bord du fleuve Oubangui. « Toutefois, il faut reconnaître qu'il est difficile pour moi de continuer à les aider. »

Il a expliqué que, normalement, un seau de farine de manioc suffit pour nourrir sa famille de 12 personnes mais désormais, il a besoin de trois seaux. « Je dois pêcher la nuit afin de gagner suffisamment d'argent pour aider les réfugiés », a ajouté Andy.

Pour répondre aux besoins immédiats des réfugiés, les organisations partenaires ont commencé à transporter de l'aide et du personnel dans la région, y compris une équipe d'urgence de 16 employés du HCR qui va enregistrer les réfugiés à Gbadolite et Mobayi-Mbongo.

On peut également lire dans le communiqué de presse conjoint que le Programme alimentaire mondial (PAM) a transporté, la semaine dernière, 175 tonnes de nourriture vers Gbadolite pour répondre aux besoins de quelque 22 000 réfugiés pendant 15 jours. Les rations comprennent de la farine de maïs, des produits légumineux, de l'huile végétale et du sel iodé. Pour contrer le taux élevé de malnutrition parmi les enfants, le PAM a transporté 20 tonnes de complément alimentaire à base d'arachide pour 3 500 enfants pendant deux mois. L'agence fournira également des biscuits énergétiques pour répondre aux besoins d'urgence de 11 000 enfants et femmes pendant six jours.

Ces deux dernières semaines, le HCR a transporté et livré des articles non alimentaires, dont 2 500 kits d'ustensiles de cuisine, 6 000 jerrycans, 3 000 bâches, 5 000 moustiquaires, 5 000 couvertures, 5 000 matelas, 6 000 seaux et cinq tonnes de savon pour répondre aux besoins d'urgence.

Le PAM et le HCR ont également distribué de l'aide aux réfugiés nouvellement arrivés dans la province Orientale. Toutefois l'accès aux réfugiés demeure un problème dans les deux provinces de la RDC, en raison du mauvais état des routes et de la menace posée par les groupes armés dans la région. « Nous devons parcourir 400 kilomètres en voiture, en moto ou en bateau pour nous y rendre », a déclaré Stefano Severe.

Par Simplice Kpandji à Kinshasa et Djerassem Mbaiorem à Mobayi-Mbongo, en République démocratique du Congo

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