Selon le chef du HCR, un moment de vérité se profile pour la Syrie, avec le risque d'une crise ingérable

Articles d'actualité, 27 février 2013

© HCR/N.Daoud
Un groupe de réfugiés syriens traverse la frontière vers la Jordanie, en début de mois. Le chef du HCR a déclaré aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU à New York que la Syrie est face à un moment de vérité.

New York, Etats Unis, 28 février (HCR) Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a prévenu mardi qu'un « moment de vérité » se profile en Syrie et que la communauté internationale ne doit pas permettre une nouvelle détérioration de la situation.

Soulignant le risque que le conflit en Syrie ne s'étende dans toute la région, le Haut Commissaire a déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU à New York que « ce qui survient aujourd'hui en Syrie risque de devenir très rapidement un désastre qui pourrait dépasser la capacité internationale de réponse au niveau politique, en matière de sécurité et dans le domaine humanitaire. »

António Guterres a répété : « Personne ne doit pas permettre cela. »

En décrivant la situation actuelle en Syrie comme un « moment de vérité », le Haut Commissaire a indiqué : « Aucun mot ne saurait rendre la dimension tragique de la situation humanitaire. La crise de réfugiés s'accélère à un rythme stupéfiant, mois après mois. »

Le chef du HCR, qui mène une opération massive d'aide humanitaire pour les réfugiés dans les pays voisins et pour des centaines de milliers de déplacés internes, note qu'en avril 2012, environ un an après le début du conflit, il y avait seulement 33 000 réfugiés enregistrés dans la région.

« Hier [lundi], nous avons enregistré ou accordé des rendez-vous pour l'enregistrement à 940 000 Syriens à travers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord », a-t-il indiqué, ajoutant que « depuis début janvier, plus de 40 000 personnes ont fui la Syrie chaque semaine. »

Selon António Guterres, alors que les statistiques sont « accablantes », elles ne disent toutefois rien des souffrances endurées par la population syrienne, tout spécialement en Syrie où environ deux millions de personnes sont déplacées internes et plus de quatre millions d'autres sont affectées par le conflit. « Et il ne faut pas oublier le demi-million de réfugiés palestiniens en Syrie qui sont affectés par le conflit », a-t-il indiqué.

Notant que les trois quart des réfugiés sont des femmes et des enfants, le Haut Commissaire a indiqué que beaucoup ont perdu des proches et que la plupart ont perdu leur maison, leurs possessions et leur moyen d'existence. « Les enfants paient tout cela au prix fort », a-t-il souligné. « Des milliers de jeunes vies ont été emportées par le conflit et la future génération de tout un pays est marquée par la violence et le traumatisme pour de nombreuses années à venir. »

António Guterres a rappelé aux 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU que les pays hôtes comme la Jordanie, le Liban, la Turquie et l'Iraq payaient un lourd tribut social et économique en regard de leur générosité et de leur esprit humanitaire.

« Les pays d'asile se montrent très généreux, et ils ont maintenu leurs frontières ouvertes, mais leur capacité de le faire est mise à rude épreuve », a indiqué le Haut Commissaire, qui a rappelé que le Liban a vu sa population d'environ quatre millions grossir de 10% avec l'afflux de réfugiés.

« La solidarité internationale en soutien avec les pays hôtes doit être renforcée d'urgence. Ce n'est pas une question de générosité, mais d'intérêt éclairé, » a-t-il déclaré. « Les aider à gérer les conséquences de la crise de réfugiés est impératif, car il est de l'intérêt de tous de préserver leur stabilité économique et sociale. »

António Guterres a conclu que la situation en Syrie allait probablement « encore se détériorer avant une éventuelle amélioration. » Et il a indiqué que si les pires scénarii prenaient forme, la communauté internationale devrait encore intensifier sa réponse humanitaire. Elle devrait aussi se préparer à gérer des répercussions imprévisibles si la situation explose en Syrie. »

C'est pourquoi, selon António Guterres, la communauté internationale ne doit pas permettre la crise syrienne et d'autres crises qui s'éternisent à proximité de faire sombrer la région et de dépasser la capacité d'action humanitaire.

Le Haut Commissaire Guterres se rendra dans la région auprès des réfugiés syriens entre le 10 et le 15 mars, en Turquie, en Jordanie et au Liban.

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Les équipes de l'UNHCR ont commencé dès la deuxième quinzaine d'août 2006 à distribuer de l'aide humanitaire dans les villages meurtris du sud du Liban. Des tentes, des bâches en plastique et des couvertures sont distribuées aux personnes les plus vulnérables. Le matériel de l'UNHCR provient des entrepôts de Beyrouth, Saïda et Tyr, et continue d'arriver au Liban par voie aérienne, maritime et par camion.

Bien que 90 pour cent des personnes déplacées soient rentrées chez elles dans les premiers jours qui ont suivi le cessez-le-feu du 14 août, de nombreux Libanais n'ont pas pu regagner leur foyer et sont hébergés chez des proches ou dans des abris publics, tandis que quelques milliers sont restés en Syrie.

Depuis le début de la crise à la mi-juillet, l'UNHCR a acheminé 1 553 tonnes de matériel de secours en Syrie et au Liban pour venir en aide aux victimes du conflit. Cela représente environ 15 000 tentes, 154 510 couvertures, 53 633 matelas et 13 474 kits de cuisine. L'agence pour les réfugiés a également importé 5 camions et 15 autres sont en route.

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Réfugiés iraquiens en Syrie

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés est de plus en plus préoccupée par la violence en Iraq et par l'absence d'une réponse humanitaire internationale face au nombre très important de personnes déplacées. Suite à une mission d'évaluation effectuée en novembre 2006, des responsables de l'UNHCR ont signalé que l'agence faisait face à une crise humanitaire de plus grande ampleur que celle prévue pour 2002-2003. Cependant l'UNHCR et les autres organisations manquent cruellement de fonds pour venir en aide aux personnes déplacées en nombre croissant. Pour combler ce manque de financement, l'UNHCR a donc publié en janvier 2007 un appel de 60 millions de dollars pour financer ses programmes d'assistance aux réfugiés iraquiens en Syrie, en Jordanie, au Liban, en Egypte et en Turquie, ainsi qu'aux réfugiés non iraquiens et aux déplacés internes au sein de l'Iraq déchiré par la guerre.

Plus le conflit durera en Iraq, plus la situation deviendra difficile pour des centaines de milliers de déplacés ainsi que les communautés qui tentent de les aider - à l'intérieur et à l'extérieur de l'Iraq. Le fardeau pour les gouvernements et les communautés d'accueil de la région est important, il est donc essentiel que la communauté internationale soutienne les efforts humanitaires.

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L'Emissaire spéciale du HCR Angelina Jolie et le chef de l'agence pour les réfugiés António Guterres rencontrent des réfugiés syriens en Jordanie et écoutent leurs témoignages déchirants.