Les Philippines décident d'un projet de loi historique sur la protection des déplacés internes

Articles d'actualité, 8 février 2013

© UNHCR/K.L.Eleazar
Ces personnes déplacées au nord de Mindanao ont d'abord subi le conflit armé. Puis elles ont été à nouveau déplacées à la suite des inondations provoquées par la tempête tropicale Washi qui avait frappé le pays à la fin 2011.

MANILLE, Philippines, 8 février (HCR) Vendredi, le HCR a salué le vote par le congrès des Philippines d'un projet de loi visant à protéger les droits de plus d'un million de personnes déplacées à l'intérieur du pays.

Le projet adopté mercredi aura force de loi lorsqu'il sera signé par le Président Benigno Aquino III, faisant des Philippines le premier pays de la région Asie-Pacifique à disposer d'une législation complète qui protège les citoyens contre le déplacement arbitraire et garantit les droits des personnes déplacées internes conformément aux législations internationales, en particulier aux Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l'intérieur de leur propre pays. Le HCR considère ce projet de loi comme un modèle exemplaire pour les autres pays.

Le HCR a salué la mesure qu'il considère comme un jalon pour la protection des personnes déplacées internes aux Philippines, où des décennies de conflits armés et de nombreuses catastrophes naturelles ont provoqué des déplacements massifs de population, en particulier dans le groupe d'îles de Mindanao au sud du pays. On estime à environ 300 000 le nombre de personnes déplacées dans la zone de Mindanao.

« Pour la première fois, nous aurons dans la région une loi spécifique qui pourra améliorer la vie des personnes qui ont fui face aux conflits ou aux catastrophes naturelles », explique Bernard Kerblat, Représentant du HCR aux Philippines.

« Nous espérons que les Philippines poursuivront dans cette voie, afin de reconstruire la vie des personnes déplacées. En effet, le projet de loi établit un système visant à protéger les personnes déplacées et à leur apporter de l'aide. Nous espérons également que d'autres pays de la région suivront cet exemple », ajoute-t-il.

Les catastrophes naturelles provoquant le déplacement de personnes sont fréquentes aux Philippines. Tout récemment, au début du mois de décembre, le typhon Bopha a fait 1 000 victimes, affecté 6,2 millions de personnes et provoqué le déplacement de près d'un million d'autres. Dans le sud de la zone de Mindanao, des milliers de personnes sont restées sans abri. Elles ont besoin d'une aide humanitaire et d'assistance.

Le projet de loi vise à prévenir le déplacement et définit les droits des personnes pendant et après leur déplacement. Le projet de loi impose également de lourdes sanctions en cas de déplacement arbitraire de toute personne à l'intérieur du territoire, y compris celui de non-combattants pris entre les tirs dans le cadre de conflits armés à l'intérieur du pays.

Le projet de loi définit également les principaux droits des personnes déplacées, mettant en évident le fait que le déplacement ne doit violer le droit d'aucune personne à la vie, à la liberté, à la dignité et à la sécurité. Et surtout, il prévoit une compensation pécuniaire pour les biens perdus ou endommagés et pour le décès de membres de la famille. La Commission des droits de l'homme des Philippines, une agence indépendante de l'Etat, a été désignée pour coordonner l'action pour la protection des personnes déplacées.

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Manuel pour la protection des déplacés internes

Dans plus de 50 pays du monde entier, quelque 24 millions de personnes sont déracinées et déplacées dans leur propre pays suite à un conflit ou à des violations des droits de l'homme.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées fuient en quête de sécurité dans d'autres régions au sein même de leur pays, où ils ont besoin d'une aide.

Dévastation aux Philippines après le passage du typhon Haiyan

Environ 13 millions de personnes ont été affectées lorsque le typhon Haiyan a frappé le centre des Philippines le 8 novembre dernier. Des milliers de personnes ont été tuées et près de trois millions d'autres seraient déplacées- Certaines d'entre elles vivent dans des sites d'hébergement temporaire, d'autres près des ruines de leur ancienne maison. La ville de Tacloban dans la province de Leyte a été l'une des zones les plus touchées. Une semaine le passage du typhon, une grande partie de la côte est détruite et des monceaux de débris bordent toujours les rues. En collaboration avec les autorités des Philippines, les agences partenaires de l'ONU et des ONG, le HCR achemine par avion du matériel d'urgence pour des milliers de rescapés. L'agence distribue des tentes, des bâches en plastique, des moustiquaires et d'autres articles de première nécessité. Le HCR codirige également, avec les autorités, le groupe de travail sur la protection, pour identifier les personnes vulnérables et veiller à ce qu'elles puissent accéder à l'assistance et aux services essentiels. Le HCR a lancé un appel de fonds d'un montant de 15 millions de dollars pour répondre à ces besoins vitaux. Le HCR est désormais présent à Tacloban et Ormoc dans la province de Leyte ainsi qu'à Guiuan, dans la province de Samar oriental.

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Long voyage de retour vers Tombouctou

La guerre a atteint Tombouctou en avril dernier, quand des rebelles touaregs se sont emparés de cette ville antique du nord du Mali. Elle est rapidement tombée sous le contrôle des militants, qui ont commencé à imposer aux habitants une version stricte de la charia. Les femmes ont été forcées de porter le voile en public, des personnes suspectées d'adultère étaient fouettées ou lapidées, des voleurs ont eu les mains coupées et des chambres funéraires centenaires ont été détruites.

Des milliers de personnes ont alors fui Tombouctou et beaucoup ont trouvé refuge dans la capitale malienne, Bamako, au sud du pays. Fatima Nialy, une mère de quatre enfants, s'est jointe au flux des civils se dirigeant vers le sud car elle se sentait prisonnière dans sa propre maison à Tombouctou. A Bamako, elle et ses enfants - dont son bébé d'un mois - ont été pris en charge par des proches. Elle a vécu dans une chambre de la maison de son frère aîné.

En février 2013, peu de temps après que les forces françaises et maliennes aient libéré Tombouctou, Fatima a décidé de rentrer chez elle avec ses enfants. Le photographe Thomas Martinez les a suivis

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Colombie : Vivre dans les «barrios»

Après plus de quarante ans de guerre civile, la Colombie recense l'une des plus grandes populations de personnes déplacées au monde. Plus de deux millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons ; beaucoup d'entre elles ont quitté des régions rurales éloignées pour aller chercher une sécurité relative dans les villes.

Les familles de personnes déplacées échouent la plupart du temps dans des taudis à la périphérie des grandes villes, où elles vivent dans un grand dénuement. Juste à la sortie de Bogota, des dizaines de milliers de personnes déplacées vivent dans les bidonvilles de Los Altos de Cazuca et de Los Altos de Florida. Les déplacé internes n'ont pratiquement pas accès aux services de santé, d'éducation ou de logement décent. La sécurité est également un problème, des gangs et des groupes armés contrôlant les bidonvilles et prenant souvent pour cible les jeunes.

L'UNHCR travaille en collaboration avec les autorités dans une dizaine de communes à travers la Colombie afin de s'assurer que les droits des personnes déplacées soient respectés, y compris leur accès aux services de base : la santé, l'éducation et la sécurité.

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Le typhon Haiyan a frappe les Philippines les 8 et 9 novembre. Parmi les régions les plus durement frappées, il y a Tacloban, Ormoc et Guiuan. Le HCR distribue du matériel de secours dans et autour de Tacloban et estime avoir déjà aidé environ 15 000 personnes.
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Déplacée en raison des combats, une communauté autochtone des Philippines préfère recevoir une formation pour apprendre à défendre ses droits plutôt que de la nourriture ou des abris.
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Des femmes déplacées dans deux villages de l'île de Mindanao utilise un moyen peu fréquent pour faire cesser les combats menés par leurs maris, réparer les routes et commencer la reconstruction dans un contexte de rébellion séparatiste.