Une équipe du HCR en mission à Bambari en République centrafricaine découvre des villages pillés et vidés de leurs habitants

Points de presse, 12 février 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 12 février 2013 au Palais des Nations à Genève.

Une équipe conjointe, composée d'employés du HCR et de Mercy Corps, s'est rendue pour une mission d'évaluation à Bambari en République centrafricaine, à environ 400 kilomètres au nord-est de Bangui, la capitale. L'équipe a découvert de nombreux déplacements de population à l'approche de Bambari. Les villages situés le long d'une bande de 100 kilomètres de long entre Grimari et Bambari étaient complètement déserts, la plupart de leurs habitants s'étant enfuis pour aller se cacher dans la brousse.

Cette mission est la première dans la région depuis la prise, à la mi-décembre 2012, par la coalition rebelle seleka, des principales villes dans le nord et le centre du pays, y compris Bambari et Kaga Bandoro (à environ 400 kilomètres de la capitale) où le HCR est présent.

Les villageois avec lesquels nous avons pu nous entretenir ont fait état d'attaques menées par des groupes armés qui cherchent de l'essence, de l'argent et de la nourriture. Les visites de ces groupes sont parfois accompagnés par la violence à l'encontre des hommes et des femmes, y compris des passages à tabac avec des cables électriques. Un chef de village a rapporté avoir été flagellé le 3 février par des rebelles qui essayaient de lui faire dire où les villageois avaient caché leurs possessions.

Situé à 10 kilomètres de la ville de Bambari, le camp de Pladama Ouaka, où vivent quelque 2 000 réfugiés soudanais, n'a pas été épargné. Selon nos collègues, les installations communautaires, le centre de distribution et l'entrepôt d'une ONG partenaires ont tous été pillés. Des lampes solaires, qui étaient utilisées pour éclairer le camp, ont également été emportées.

A Bambari, il y a eu également un pillage généralisé, y compris l'entrepôt du HCR. Tout le matériel a été volé, et notamment des bâches goudronnées, des couvertures, du savon, des moustiquaires, des matelas, des jerrycans, des seaux, des vêtements, des lampes et des panneaux solaires pour 3 000 réfugiés et déplacés vivant dans cette zone. Les bureaux des Nations Unies sur place, y compris ceux du HCR et d'ONG internationales, continuent à être pillés et saccagés.

Une situation similaire est signalée à Kada Bandoro. Selon le HCR, la perte de son matériel de secours combinée avec les dommages dans ses bureaux de Kaga Bandoro et Bambari s'élève à 316 000 dollars.

L'accès pour l'aide humanitaire en République centrafricaine demeure très limité du fait du manque de garanties pour la sécurité, à la fois pour les travailleurs humanitaires et pour les personnes dans le besoin. Dans ce contexte, il reste difficile de livrer une assistance aux réfugiés et aux déplacés, et de mener des activités pour les protéger.

Le HCR appelle le gouvernement et les rebelles seleka à faciliter un meilleur accès pour le personnel humanitaire au bénéfice des populations dans le besoin. Nous appelons également au cantonnement des groupes rebelles, tel que stipulé dans les accords de Libreville signés le 11 janvier dernier.

Avant la crise ayant actuellement cours, on comptait quelque 51 000 déplacés en République centrafricaine. Il y a davantage de déplacés depuis le début de la crise et, malgré des contraintes de sécurité et d'accès, des évaluations sont menées pour recenser les déplacés. Le pays accueille également 17 000 réfugiés, pour la plupart congolais.

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Nombre des déplacés internes vivent dans la brousse, non loin de leurs villages. Ils y ont construit des abris de paille et d'herbe, ils cultivent des légumes et ils crééent même des écoles de brousse pour leurs enfants. Cependant, l'accès à l'eau potable et aux soins de santé demeure un vaste problème. De nombreux enfants souffrent de diarrhées et du paludisme, mais leurs parents ont trop peur de les emmener dans des hôpitaux ou des cliniques pour les faire soigner.

Des gardiens de troupeaux au nord de la République centrafricaine sont la proie des zaraguinas - des bandits qui enlèvent des enfants contre rançon. Les villageois sont alors contraints de vendre leur bétail pour pouvoir payer les rançons.

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Des milliers de personnes ont alors fui Tombouctou et beaucoup ont trouvé refuge dans la capitale malienne, Bamako, au sud du pays. Fatima Nialy, une mère de quatre enfants, s'est jointe au flux des civils se dirigeant vers le sud car elle se sentait prisonnière dans sa propre maison à Tombouctou. A Bamako, elle et ses enfants - dont son bébé d'un mois - ont été pris en charge par des proches. Elle a vécu dans une chambre de la maison de son frère aîné.

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