Les civils continuent à fuir l'offensive militaire au Mali ; perspectives mitigées pour le retour des déplacés

Articles d'actualité, 1 février 2013

© HCR/H.Caux
Cette petite fille de deux ans a fui vers Bamako avec sa famille élargie en avril dernier pour échapper aux combats à Gao, où son père avait été tué par les rebelles.

BAMAKO, Mali, 1er février (HCR) Le HCR a indiqué vendredi que la situation militaire évoluant rapidement dans le nord du Mali a laissé espérer que de nombreux déplacés pourrait rentrer chez eux bientôt, mais des défis considérables subsistent.

« Dans la mesure où les statistiques constituent un baromètre de la situation, le HCR souligne que le nombre de réfugiés fuyant vers les pays voisins continue à augmenter », a déclaré Adrian Edwards, porte-parole du HCR.

A Bamako, la capitale du Mali, des membres du personnel du HCR se sont entretenus avec des familles déplacées qui se disent prêtes à rentrer chez elles dans les régions de Gao, Tombouctou et Kidal dès que les routes vers le nord seront rouvertes. Les services d'autocar vers Gao et Tombouctou sont suspendus à cause du conflit.

Les compagnies d'autocar à Bamako confirment recevoir des appels de personnes demandant quand reprendra la desserte régulière de Douentza, Gao et Tombouctou. Les autocars ne se rendent pour le moment que dans les villes de Mopti et Sévaré.

Alors que certains déplacés espèrent vivement rentrer chez eux, des informations sur des troubles civils et des attaques de revanche contre certains groupes en dissuadent d'autres. Selon les journaux et d'autres sources, les minorités touaregs et arabes, en particulier, sont ciblées pour leur appui supposé aux rebelles, qui sont accusés de sérieux abus contre la population.

D'autres sont freinés par des informations faisant état de mauvaises conditions. « Mes amis qui sont restés à Gao m'ont dit que de nombreuses maisons avaient été sérieusement endommagées ou détruites dans le nord et que nous aurons besoin d'aide pour la reconstruction », a indiqué une femme qui avait fui vers Bamako à la fin avril. « Je veux attendre et voir l'évolution de la situation à Gao. La guerre dans le nord n'est pas encore finie », a-t-elle ajouté.

Des pénuries de vivres, d'essence et d'électricité, ainsi que le manque de services essentiels comme les soins de santé et l'éducation, sont également cités par ces personnes qui préfèrent attendre pour le moment avant de retourner dans le nord du Mali.

La présence de mines antipersonnel et de munitions non explosées est également une source de sérieuse préoccupation, à la fois pour la population civile et les agences d'aide humanitaire. Les familles dont les enfants sont scolarisés à Bamako disent qu'elles ne rentreront pas dans le nord avant la fin de l'année scolaire en juin.

Les conditions de vie sont précaires pour les déplacés internes dans le sud. Des familles qui manquent d'argent pour louer des logements dorment en plein air, sur les terrasses au dernier étage des maisons. « Les enfants sont malades [ils souffrent d'affections respiratoires], tout spécialement car ils dorment en plein air sur le toit. Nous n'avons pas d'argent pour payer les médicaments ; nous n'avons pas d'argent pour leur payer des habits décents », a indiqué Aïssata, qui fait partie des quelque 50 000 déplacés internes à Bamako.

Originaire de Gao, cette femme de 43 ans a ajouté que la famille manque de couvertures, de tentes et de fournitures scolaires. Elle s'est également plainte du manque d'assistance de la part du gouvernement ou des agences humanitaires. « Parfois mes enfants partent le matin pour l'école avec l'estomac vide », a-t-elle indiqué au HCR. « Nous survivons grâce à la générosité de nos voisins, qui collectent de l'argent pour nous afin de nous aider à payer le loyer et à acheter de la nourriture. »

Parallèlement, les réfugiés maliens continuent de traverser vers les pays voisins pour fuir les combats ou à cause des craintes de représailles. Au Burkina Faso, on compte actuellement plus de 43 000 réfugiés maliens, y compris 5 411 qui sont arrivés depuis le début de l'intervention française au Mali le 11 janvier dernier.

Le HCR accroît les missions vers les zones frontalières, comme par exemple dans le village reculé d'Inabao où la plupart des réfugiés arrivent, pour venir en aide rapidement aux réfugiés arrivés du Mali et identifier leurs besoins les plus urgents. La plupart sont des femmes et des enfants arabes et touaregs.

Les hommes touaregs sont restés dans leurs villages pour s'occuper de leur bétail. Cela montre que les personnes fuient de plus en plus en désespoir de cause, car des réfugiés arabes ont laissé derrière eux leurs commerces et leurs activités économiques. Les réfugiés citent la peur de raids aériens et la crainte de représailles comme principales raisons de leur fuite depuis le Mali.

De nombreuses familles réfugiées louent des voitures ou des camions pour partir vers la frontière. Les nouveaux arrivants sont accueillis à la frontière par des équipes mobiles du HCR ou de ses partenaires. Ils sont transportés vers les camps de réfugiés de Mentao ou Goudébou, où ils reçoivent une assistance, ainsi que des repas chauds à l'arrivée et des kits d'abris traditionnels et où ils sont immédiatement enregistrés individuellement.

Par mesure de sécurité, le HCR transfère les réfugiés depuis les sites de Damba et Gandafabou près de la frontière avec le Mali vers des localités plus à l'intérieur du Burkina Faso.

En Mauritanie, on compte actuellement un peu plus de 64 000 réfugiés maliens, y compris 9 904 qui sont arrivés depuis l'intervention militaire au Mali. Les équipes du HCR sur le terrain ont signalé que 90% des réfugiés nouvellement arrivés sont des femmes et des enfants. Des convois sont organisés pour transporter les réfugiés depuis le centre de transit de Fassala près de la frontière vers le camp de réfugiés de Mbéra, à environ 50 kilomètres plus à l'intérieur de la Mauritanie. Le travail a commencé sur une extension du camp, pour héberger les nouveaux arrivants.

Au Niger, le nombre des récents arrivants reste faible. Selon les réfugiés, ceci est dû au manque de moyens de transport à prix abordable. Certains réfugiés arrivés récemment ont dit avoir fui la ville de Menaka à l'est du Mali à cause des combats.

On compte environ 230 000 personnes déplacées à l'intérieur du Mali et plus de 150 000 réfugiés maliens en Mauritanie, au Niger, au Burkina Faso et en Algérie.

Par Hélène Caux et William Spindler à Bamako, Mali

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