Mali : une aide humanitaire est nécessaire d'urgence alors que le conflit s'étend, avec de nombreuses informations sur des abus de droits humains

Points de presse, 25 janvier 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 25 janvier 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR a renouvelé vendredi son appel à la communauté internationale pour une aide au bénéfice de centaines de milliers de civils maliens déracinés, en prévenant que l'augmentation de l'aide était vitale pour prévenir une dégradation de la situation humanitaire à travers la région du Sahel.

Depuis le début du conflit dans le nord du Mali il y a un an, plus de 150 000 réfugiés ont fui vers les pays voisins, la Mauritanie, le Niger et le Burkina Faso. Par ailleurs, près de 230 000 personnes déplacées ont trouvé refuge à l'intérieur même du Mali. A Bamako, la capitale du Mali, le nombre des personnes déplacées internes est désormais estimé à près de 50 000. La plupart vivent dans des quartiers démunis avec peu ou pas d'accès à l'hébergement ou aux services essentiels comme l'eau potable, l'éducation et les soins de santé.

Les personnes qui ont fui la poursuite des combats entre les forces gouvernementales appuyées par la France et les rebelles dans le nord du Mali font des compte-rendus alarmants sur les atrocités commises par les rebelles. Un ancien habitant de Gao, qui a quitté cette ville du nord après les récentes frappes aériennes, a fait part au HCR des pénuries de nourriture et d'essence.

Les familles déplacées à Bamako ont indiqué au HCR avoir été déracinées plusieurs fois par le conflit, fuyant toujours plus loin chacune des avancées des rebelles. Elles ont perdu pratiquement tous leurs biens et ils ont dû laisser des proches derrière elles. Les combattants ne préviennent pas les populations de quitter les zones qu'ils contrôlent mais ils vérifient leurs sacs de manière approfondie et ils prennent toute la nourriture, l'argent et les objets de valeur.

Dans les pays voisins, en Mauritanie, au Burkina Faso et au Niger, le HCR entend des témoignages similaires de la part de réfugiés nouvellement arrivés avec qui des employés du HCR se sont entretenus pour déterminer leurs besoins en matière de protection et d'assistance. Des enfants auraient été enlevés à leur famille et formés au combat par les rebelles. Des groupes armés confisquent également des véhicules privés l'une des raisons pour lesquelles les réfugiés voyagent sur de longues distances à pied ou à dos d'âne.

Au Burkina Faso, beaucoup des nouveaux arrivants sont des femmes et des enfants touaregs ou arabes. Beaucoup ont indiqué avoir fui car ils avaient peur qu'on les prenne pour des rebelles qui se fondent dans la population. Une autre raison pour quitter le nord du Mali pour les réfugiés, c'était la présence de bandits et de milices parmi les autres groupes ethniques. Il y a des pénuries de nourriture et d'autres articles de première nécessité, car les marchés sont fermés et les magasins sont vides.

Certaines des personnes questionnées dans la capitale du Mali ont indiqué avoir été déplacées plusieurs fois.

Depuis le 11 janvier, lors de l'intervention de l'armée française pour aider l'armée malienne à stopper l'offensive des combattants extrémistes, plus de 9 000 nouveaux réfugiés ont fui le pays. Ils ont été enregistrés et assistés par le HCR ainsi que ses partenaires en Mauritanie, au Niger et au Burkina Faso.

Selon les toutes dernières statistiques du HCR, depuis le 11 janvier, un total de 5 486 réfugiés maliens sont arrivés en Mauritanie, 2 302 au Burkina Faso et 1 578 au Niger. Ils ont rejoint les 54 000 réfugiés qui se trouvaient déjà en Mauritanie, 50 000 au Niger, 38 800 au Burkina Faso et 1 500 en Algérie, qui avaient fui de précédents combats. Certains Maliens fuyant le nord du Mali sont, comme Agesha, passés par le Niger et le Burkina Faso avant d'arriver à Bamako un coûteux voyage de trois jours pour un prix équivalent à environ 120 dollars.

Il y a un consensus parmi la plupart des organisations humanitaires travaillant au Mali selon lequel la situation humanitaire dans le pays avait déjà atteint un stade critique et une détérioration, et ce avant même la récente série des combats.

Les pays de la région du Sahel parmi les plus pauvres du monde sont confrontés à une grave sécheresse depuis des années. Le HCR lance un appel pour apporter une assistance d'urgence accrue à ces pays afin de les aider à faire face à l'arrivée continue de milliers de réfugiés terrorisés, traumatisés et démunis après qu'ils aient fui la guerre au Mali, en majorité des femmes et des enfants.

Le HCR a publié un appel de fonds l'an dernier pour un montant de 123,7 millions de dollars pour ses opérations face à la crise au Mali, mais n'a reçu que 60% des contributions nécessaires. Les besoins les plus urgents concernent la nourriture, le logement, l'eau potable, l'assainissement, les soins de santé et l'éducation.

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Transfert depuis la région frontalière du Burkina Faso

Le processus de réinstallation des réfugiés d'un site vers un autre, plus sûr, est toujours confronté à des difficultés. Au Burkina Faso, le HCR travaille avec des organisations partenaires et le gouvernement pour transférer des milliers de familles de réfugiés maliens plus à l'intérieur du pays depuis des sites localisés en région frontalière, comme Damba, vers un site plus sûr à 100 kilomètres vers le sud. Les employés humanitaires travaillent sous une chaleur torride et dans des conditions difficiles. Ils démontent les abris et aident les personnes à charger leurs possessions dans des camions pour le voyage. Le nouveau site de Mentao est également plus facile d'accès pour l'aide d'urgence, y compris les abris, les vivres, les soins de santé et l'éducation. Ces images prises par le photographe Brian Sokol suivent le voyage d'Agade Ag Mohammed, un nomade âgé de 71 ans, et de sa famille depuis Damba vers Mentao en mars. Ils ont fui leurs maisons dans la province de Gao l'année dernière pour échapper à la violence au Mali, y compris un massacre ayant causé la mort de deux de ses fils, un frère et cinq neveux. A la mi-avril 2013, on comptait plus de 173 000 réfugiés maliens dans les pays voisins. Au Mali, environ 260 000 personnes sont déplacées internes.

Transfert depuis la région frontalière du Burkina Faso

Le HCR et ses partenaires luttent contre la malnutrition dans un camp en Mauritanie

Le HCR vient de renouveler son appel de fonds pour aider à répondre aux besoins de dizaines de milliers de réfugiés maliens et de près de 300 000 personnes déplacées internes au Mali. Les fonds recherchés par le HCR seront notamment destinés à fournir des suppléments alimentaires et une alimentation thérapeutique, y compris pour les personnes qui souffrent de malnutrition. C'est l'une des principales préoccupations du HCR dans le camp de réfugiés de Mbéra en Mauritanie, qui accueille plus de 70 000 réfugiés maliens. Selon une enquête sur la nutrition menée en janvier 2013 dans le camp, plus de 13% des enfants réfugiés âgés de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë et plus de 41% de malnutrition chronique. Des mesures ont été prises pour traiter et prévenir la malnutrition, y compris avec la distribution de suppléments nutritionnels pour les nourrissons et les enfants, l'organisation de séances de sensibilisation pour les mères, un accès accru aux services de santé, le lancement d'une campagne de vaccination contre la rougeole, la distribution d'eau potable et la création d'installations d'assainissement . Des fonds supplémentaires sont nécessaires pour améliorer les mécanismes de prévention et de réponse. Le HCR a lancé un appel de fonds en 2012 d'un montant de 144 millions de dollars pour ses opérations relatives à la crise au Mali en 2013, mais cet appel de fonds n'est financé à ce jour qu'à hauteur de 32%. Les besoins les plus urgents sont la nourriture, les abris, les installations d'assainissement, les soins de santé et l'éducation.

Le HCR et ses partenaires luttent contre la malnutrition dans un camp en Mauritanie

Long voyage de retour vers Tombouctou

La guerre a atteint Tombouctou en avril dernier, quand des rebelles touaregs se sont emparés de cette ville antique du nord du Mali. Elle est rapidement tombée sous le contrôle des militants, qui ont commencé à imposer aux habitants une version stricte de la charia. Les femmes ont été forcées de porter le voile en public, des personnes suspectées d'adultère étaient fouettées ou lapidées, des voleurs ont eu les mains coupées et des chambres funéraires centenaires ont été détruites.

Des milliers de personnes ont alors fui Tombouctou et beaucoup ont trouvé refuge dans la capitale malienne, Bamako, au sud du pays. Fatima Nialy, une mère de quatre enfants, s'est jointe au flux des civils se dirigeant vers le sud car elle se sentait prisonnière dans sa propre maison à Tombouctou. A Bamako, elle et ses enfants - dont son bébé d'un mois - ont été pris en charge par des proches. Elle a vécu dans une chambre de la maison de son frère aîné.

En février 2013, peu de temps après que les forces françaises et maliennes aient libéré Tombouctou, Fatima a décidé de rentrer chez elle avec ses enfants. Le photographe Thomas Martinez les a suivis

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Un nouveau camp de tentes de toile est en construction pour offrir de meilleures conditions de vie aux familles, à Mangaizé au Niger, près de la frontière.
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Le HCR et ses partenaires relèvent de nombreux défis pour aider les réfugiés arrivés depuis le Mali dans une région frontalière aride et isolée, au nord de la Mauritanie.
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Des centaines de familles ont traversé la frontière depuis le Mali vers le Niger pour fuir les combats déchirant le nord du pays.