Un nouveau camp va être ouvert en Jordanie, alors que l'afflux de réfugiés syriens continue de croître

Points de presse, 25 janvier 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 25 janvier 2013 au Palais des Nations à Genève.

La Jordanie a été le théâtre d'un afflux sans précédent de réfugiés syriens, avec plus de 30 000 arrivés au camp de Za'atri depuis le début de l'année.

Ce chiffre est bien supérieur aux statistiques enregistrées les mois précédents avec 16 400 arrivants en décembre, 13 000 en novembre et 10 000 en octobre. Hier, plus de 4 400 réfugiés syriens sont arrivés au camp de Za'atri. Quelque 2 000 autres sont arrivés durant la nuit.

Beaucoup sont originaires de la ville de Dara'a et de ses environs, ainsi que Al-Yadoudeh, Al-Harak, Enkhel, Allajah, Ataman, Dael, Busr Al-Hareer, Al-Shajarah et Sayda. Ce sont principalement des familles, des ménages dirigés par une femme et des personnes âgées.

Les réfugiés font état de violences généralisées et ciblées, de perte de leurs biens, de pénuries de traitements médicaux car les centres de santé sont fermés, de hausse des prix et de pénuries de vivres et d'essence, qui sont les motifs combinés de leur fuite en exil. Beaucoup rapportent que l'eau et l'électricité sont seulement disponibles pour des périodes intermittentes dans certaines régions du sud de la Syrie.

Le HCR travaille avec les autorités jordaniennes et les partenaires pour préparer près de Za'atri l'ouverture d'un second camp, qui portera le nom de camp Halabat. Nous espérons l'ouvrir d'ici la fin du mois. Jusqu'à 5 000 personnes seront hébergées dans le camp, avec le projet d'en accroître la capacité jusqu'à 30 000 personnes.

Le personnel du HCR à Za'atri travaille jour et nuit pour accueillir les nouveaux arrivants et répondre aux besoins croissants des réfugiés dans le camp. Parallèlement, des dizaines de milliers de tentes sont acheminées par camion vers les entrepôts à Za'atri.

Jeudi, 31 camions ont livré des tentes et des biens de secours de première nécessité durant la journée, avec des centaines de livraisons prévues pour les prochains jours. Le HCR et ses partenaires augmentent également le personnel dans le camp pour répondre au nombre important de nouveaux arrivants. L'agence pour les réfugiés estime que la population de Za'atri s'élève actuellement à plus de 65 000 personnes.

Le mois dernier, entre sept et 10 bébés sont nés chaque jour dans le camp, a souligné Melissa Fleming. C'est avec tristesse que nous signalons le décès de trois enfants réfugiés cette semaine. Un enfant de deux ans et un bébé de deux mois sont morts peu après leur arrivée au camp. Des enquêtes sont en cours pour déterminer la cause de leur décès. Le troisième décès était celui d'un bébé décédé à l'âge de deux jours après une naissance en urgence.

Pour répondre aux besoins médicaux des réfugiés, il y a trois hôpitaux, deux centres de soins intermédiaires, quatre centres de santé primaire, avec environ 51 spécialistes et 70 infirmiers sur place à Za'atri. Tous les centres de santé comptent des médecins généralistes et du personnel paramédical. Plusieurs agences et organisations non gouvernementales nationales et internationales mettent en œuvre des programmes pour appuyer le système de santé dans le camp.

En plus des nouvelles arrivées journalières à Za'atri qui sont enregistrées au camp, à Amman le personnel du HCR enregistre jusqu'à 1 400 personnes par jour. Nous espérons enregistrer plus de 50 000 réfugiés qui vivent en milieu urbain d'ici la fin février. Un nouveau centre d'enregistrement à Irbid ouvrira bientôt, ce qui augmentera encore notre capacité d'enregistrement.

Grâce aux programmes d'enregistrement et d'aide de proximité, davantage de familles vulnérables sont identifiées. Le HCR et International Relief and Development ont mené plus de 11 000 visites dans les maisons à travers toute la Jordanie depuis avril 2012.

Ce mois-ci, 7 700 familles syriennes ont reçu un aide financière en espèces en Jordanie. Ces fonds les ont aidés à payer le loyer, à acheter de la nourriture et du fuel pour le chauffage ainsi que des articles essentiels pour leurs familles. Le HCR est reconnaissant de l'important soutien financier reçu à ce jour et continuera à compter sur davantage de contributions pour offrir une assistance nécessaire d'urgence aux familles vulnérables. Ceci souligne l'urgence de fonds versés rapidement, pour que toutes les familles vulnérables puissent obtenir une aide immédiate.

A ce jour, le HCR a enregistré (ou donné des rendez-vous pour enregistrer) 206 630 Syriens en Jordanie. Selon les autorités jordaniennes, il y a plus de 300 000 réfugiés syriens dans le pays.

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L'histoire de Jihan

Comme des millions d'autres, Jihan, 34 ans, était prête à tout pour échapper à la guerre sévissant en Syrie et pour mettre sa famille en sécurité. Contrairement à la plupart, Jihan est aveugle.

Il y a neuf mois, elle a fui Damas avec Ashraf, son mari âgé de 35 ans, qui est également en train de perdre la vue. Avec leurs deux fils, ils se sont rendus en Turquie par la mer Méditerranée, à bord d'un bateau avec 40 autres personnes. Ils espéraient que le voyage ne durerait huit heures. Ils n'avaient aucune garantie d'arriver sains et saufs.

Après une périlleuse traversée qui aura duré 45 heures, la famille est enfin arrivée à Milos, une île grecque de la mer Egée, à des kilomètres de la destination qui était prévue. Sans aucun soutien ni aucune assistance, ils ont dû se débrouiller pour se rendre à Athènes.

La police les a détenus pendant quatre jours à leur arrivée. On leur a demandé de rester hors d'Athènes, ainsi que trois autres villes grecques, en les laissant à l'abandon.

Démunis et épuisés, la famille a été contrainte de se séparer. Ashraf est parti vers le nord en quête d'asile et Jihan s'est rendue à Lavrion avec ses deux enfants, une installation informelle à une heure de route de la capitale grecque.

Aujourd'hui, Jihan est impatiente de retrouver son mari qui, entre temps, a obtenu le statut de réfugié au Danemark. La chambre qu'elle partage avec ses deux fils, Ahmed, 5 ans, et Mohammad, 7 ans, est minuscule, et elle s'inquiète pour leur éducation. Sans greffe de la cornée, une chirurgie très complexe dont elle a besoin d'urgence, son oeil gauche se fermera à jamais.

« Nous sommes venus ici en quête d'une vie meilleure et pour trouver des personnes qui seraient plus à même de comprendre notre situation », explique-t-elle d'un air triste. « Je suis tellement en colère quand je vois qu'ils ne comprennent pas. »

L'histoire de Jihan

Commerces florissants au camp de réfugiés de Zaatari

Dans le camp de réfugiés de Zaatari, près de la frontière syrienne au nord de la Jordanie, se trouve un marché animé. Il comprend notamment des salons de coiffure, des salles de jeux vidéo et des magasins de téléphonie mobile. Ce marché dessert une population déterminée et ingénieuse comptant près de 100 000 personnes déracinées. Ce qui avait commencé comme un petit nombre de magasins de vêtements d'occasion s'est transformé en quelque 3 000 boutiques pour le plus grand plaisir des amateurs de shopping. Les habitants du camp qualifient leur marché de « Champs Élysées ». On peut y trouver notamment des machines à laver, des oiseaux de compagnie, des poulets rôtis, de la lingerie et des robes de mariée.

Un membre du personnel du HCR souvent présent à Zaatari explique que réaliser du commerce sur le site est illégal. Toutefois ces magasins sont tolérés et ont notamment l'avantage de créer des emplois et de rendre le camp plus dynamique. Les résidents y dépenseraient environ 12 millions de dollars par mois. « Avant, c'était difficile, mais les choses changent et les commerçants améliorent leurs magasins », déclare Hamza, le copropriétaire du Zoby Nut Shop. Le photographe Shawn Baldwin s'est récemment rendu dans le camp pour mettre en image cet esprit d'entreprise.

Commerces florissants au camp de réfugiés de Zaatari

Un nouveau camp, un nouveau chez-soi : une famille syrienne à Azraq

Le 30 avril 2014, les autorités jordaniennes ont ouvert officiellement un nouveau camp de réfugiés dans le désert à l'est d'Amman, la capitale jordanienne. Le HCR aidera à gérer le camp d'Azraq, qui a été établi pour soulager la pression portée sur le camp de Za'atri. On compte actuellement près de 5 000 abris à Azraq, ce qui représente une capacité d'accueil initiale allant jusqu'à 25 000 réfugiés. Parmi le premier groupe des arrivants se trouvait Abou Saleh, 47 ans, et sa famille. Ils ont effectué un long voyage depuis le camp d'Al-Hassakeh, au nord de la Syrie, vers la Jordanie. « Quand les combats ont atteint notre village, je craignais pour la vie de ma femme et de mes enfants. Nous avons décidé de partir vers la Jordanie en quête de sécurité », a déclaré Abou Saleh, 47 ans. C'est une famille de fermiers. Ces deux dernières années, ils n'ont toutefois rien pu cultiver et ils ont vécu sans eau courante ni électricité. Il explique que la famille voulait trouver un endroit où vivre en sécurité, à la fois physiquement et moralement, avant de pouvoir retourner dans son pays d'origine. Le photographe Jared Kohler a suivi la famille dans son périple depuis la frontière vers le camp d'Azraq.

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L'année dernière, plus de 13 000 personnes sont arrivées à Lampedusa en Italie. Beaucoup d'autres sont mortes durant la tentative de traversée. De jeunes hommes originaires du continent africain aux familles syriennes…. Tous partagent le même rêve…. de sécurité et de stabilité en Europe.