Le HCR renforce son personnel et ses ressources pour le Mali

Agir pour faire la différence, 18 janvier 2013

© HCR/H.Reichenberger
Des enfants déplacés dans la capitale malienne, Bamako, dégustent un repas de bienvenue.

DAKAR, Sénégal, 18 janvier (HCR) Alors que les opérations militaires continuent au nord du Mali, le HCR renforce ses équipes à travers la région pour aider jusqu'à 710 000 personnes déplacées internes et réfugiés.

Le comité du HCR sur les questions budgétaires s'est réuni à Genève jeudi pour approuver le déploiement de dizaines de spécialistes, a indiqué la porte-parole Melissa Fleming.

« Au Burkina Faso, nous avons envoyé du personnel depuis Ouagadougou pour surveiller les frontières et accélérer l'assistance dans les camps de réfugiés dans la région administrative du Sahel au Burkina Faso. Notre planification opérationnelle nous permet d'aider jusqu'à 300 000 nouveaux déplacés au Mali et 407 000 réfugiés dans les pays voisins », a-t-elle ajouté.

Jeudi, le déplacement hors des frontières du Mali continuait à augmenter régulièrement avec 2 744 réfugiés maliens arrivés dans les pays voisins depuis les frappes aériennes françaises et les combats qui ont commencé le 10 janvier. Parmi ces personnes, 1 411 se trouvent en Mauritanie, le Burkina Faso en a reçu 848 et le Niger 485.

En comptant également les personnes déracinées depuis le début de la crise au Mali il y a un an, on compte désormais 147 000 réfugiés maliens dans les pays voisins (55 221 en Mauritanie, 52 875 au Niger, 38 776 au Burkina Faso, environ 1 500 en Algérie, 26 en Guinée et 20 au Togo).

Parallèlement, près de 229 000 personnes sont désormais déplacées au sein du Mali selon la Commission malienne des mouvements de population, y compris quelque 8 700 qui ont fui le nord vers des régions plus sûres. La plupart ont rejoint la capitale Bamako, comme Aïchatou, âgée de 28 ans originaire de la région Tombouctou.

« J'ai quitté mon village dimanche et je suis arrivée à Bamako mardi. Je suis partie à cause des bombardements, j'avais peur pour mes quatre enfants », a-t-elle indiqué. « J'ai dû emprunter 60 dollars pour payer mon transport. Je vis désormais à Bamako, dans la maison de mon oncle et je partage une chambre avec mes quatre enfants et neuf autres personnes. » Elle a indiqué qu'il n'y avait ni électricité ni eau courante et qu'elle avait dû payer pour les médicaments de son bébé qui est malade.

Au Burkina Faso, une équipe du HCR s'est rendue au point d'entrée d'Inabao mercredi, dans la région du Sahel, à quelques kilomètres de la frontière avec le Mali. Ils ont trouvé que quelque 265 réfugiés maliens avaient traversé la frontière ces derniers jours depuis les villes d'Intahaka, N'Tillit et Dorage ainsi que depuis les environs de Gao dans le nord du Mali.

Les réfugiés ont expliqué avoir fui la récente intervention militaire, l'absence de moyens d'existence et la crainte de l'application stricte de la charia. Ils ont témoigné avoir vu de leurs propres yeux des exécutions et des amputations. Ils ont mentionné que d'importants montants d'argent étaient offerts aux civils pour combattre les forces armées maliennes et leurs partenaires.

Selon certains témoignages de réfugiés, il y a des enfants parmi les combattants rebelles. Les gens ont parlé de proches ayant disparu.

Les réfugiés rejoignent le Burkina Faso par les transports publics, en payant une somme équivalente à 50 dollars pour le voyage. Cette somme représente pour beaucoup d'entre eux plus d'un mois de salaire. Les nouveaux arrivants sont principalement des femmes et des enfants touaregs. Ils disent que davantage, y compris les maris et les pères de famille, sont en chemin vers le Burkina Faso à pied, beaucoup utilisent des ânes ou des transports locaux et beaucoup apportent leur bétail avec eux.

Malgré l'insécurité au nord du Mali ces derniers mois, ils disent que beaucoup ont retardé leur fuite en exil pour permettre aux hommes de s'occuper de leur commerce ou de leurs animaux.

Les réfugiés nouvellement arrivés au Burkina Faso sont transférés plus à l'intérieur du pays vers le camp de Goudébou, pour leur sécurité et à cause de la proximité avec la frontière. « Pour les mêmes raisons, nous continuons le transfert des personnes vers les camps et les sites de réfugiés à Ferrério et Gandafabou », a indiqué Melissa Fleming.

Les réfugiés sont transférés dans les camps près des villes de Dori et Djibo. A ce jour, le HCR a transféré 4 169 réfugiés maliens à bord de 14 convois du HCR vers des camps près des villes de Dori et Djibo. Environ 6 000 autres réfugiés maliens doivent encore être transférés.

Au Niger, les réfugiés qui ont fui l'année dernière et qui sont hébergés dans des camps gérés par le HCR font part de leur inquiétude sur leurs proches qui sont restés au nord du Mali, y compris dans les zones de Menaka, Anderamboukane et Ansongo.

La plupart des nouveaux arrivants ont trouvé refuge dans les camps de Mangaizé et Tabareybarey, ainsi que les zones de Banibangou et Tillia. Selon les réfugiés, les personnes se trouvant prises au piège dans les zones de conflit ont des difficultés à partir à cause du manque de moyens de transport. Les chauffeurs de camion craignent d'être pris par erreur pour des groupes rebelles fuyant le Mali vers le Niger par les avions français.

Les réfugiés font part des espoirs nourris par certaines personnes selon lesquels l'intervention militaire sera courte et qu'il faut attendre plutôt que fuir. Parallèlement, le HCR continue de fournir une aide à près de 53 000 réfugiés dans les camps et les sites situés à Mangaizé, Banibangou, Ayorou, Abala et Tillia.

La plupart des nouveaux arrivants en Mauritanie sont originaires du centre du Mali à Léré, Lampara, Niafounké and Tombouctou. La plupart expliquent avoir fui les frappes aériennes françaises contre les combattants islamiques, qui ont semé la panique car personne ne s'y attendait.

Certains réfugiés ont fui leurs maisons à pied, d'autres en voiture et certains ont rejoint la frontière et le centre de transit de Fassala dans des charrettes tirées par des ânes. Les nouveaux arrivants sont principalement des Touaregs, des Arabes, des Songhai et des Bellas. Presque tous les réfugiés sont des femmes et des enfants. On compte également quelques personnes âgées.

Par Hélène Caux à Dakar, Sénégal

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