Triste record du nombre de réfugiés et migrants africains ayant traversé le golfe d'Aden en 2012

Points de presse, 15 janvier 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 15 janvier 2013 au Palais des Nations à Genève.

Un nombre tristement record de 107 500 réfugiés et migrants africains ont effectué la périlleuse traversée depuis la corne de l'Afrique vers le Yémen en 2012. C'est l'afflux le plus important vers le Yémen depuis 2006 lorsque le HCR avait commencé à recueillir ces statistiques. Le nombre précédemment le plus élevé a été observé en 2011 lorsque plus de 103 000 personnes sont arrivées au Yémen par la mer.

Huit arrivants sur 10 l'année dernière étaient des Ethiopiens (plus de 84 000 ressortissants), les autres étaient des réfugiés somaliens. De nombreux migrants utilisent le Yémen comme point de transit en route vers d'autres Etats du Golfe.

Malgré des difficultés économiques et sécuritaires, le Yémen a continué à recevoir et accueillir un nombre tristement record de personnes ayant fui la corne de l'Afrique en quête de sécurité, de protection et de meilleures conditions économiques.

Tous les arrivants somaliens sont automatiquement reconnus en tant que réfugiés par les autorités yéménites. Le HCR mène des procédures de détermination du statut de réfugié pour les Ethiopiens et d'autres nationalités qui déposent une demande d'asile au Yémen. Un très petit pourcentage parmi les Ethiopiens décident de déposer une demande d'asile au Yémen, en partie du fait de la méconnaissance et du manque d'accès aux procédures de dépôt d'une demande d'asile ou car ils ne satisfont pas aux critères pour être reconnus en tant que réfugiés. Cependant, pour la vaste majorité des migrants éthiopiens, l'espace de protection est pratiquement non-existant et ils sont souvent extrêmement vulnérables.

Au Yémen, nos équipes et nos partenaires yéménites effectuent des patrouilles quotidiennes sur les plages pour fournir une aide à tous les nouveaux arrivants dans les centres de réception et de transit stratégiquement localisés près des lieux d'arrivée. Cependant, des difficultés importantes sont rencontrées pour répondre aux différents risques en matière de protection auxquels les arrivants sont confrontés durant leur voyage et à leur arrivée au Yémen. Les bateaux effectuant la traversée vers le Yémen sont souvent surpeuplés, bien au-delà de leurs capacités, et les passeurs, pour éviter les garde-côtes yéménites, forcent les passagers à sauter par-dessus bord, souvent loin des côtes. Les conséquences sont tragiques. Certains passagers épuisés n'ont pas la force de nager et ils se noient. Au moins 100 personnes environ se sont noyées ou sont portées disparues lors de plusieurs tragédies en mer et naufrages dans le golfe d'Aden et en mer Rouge en 2012.

Les nouveaux arrivants sont également exposés à l'exploitation, aux violences et aux abus sexuels. La situation est particulièrement difficile le long de la côte de la mer Rouge, où un puissant réseau de passeurs et de trafiquants d'êtres humains ainsi que leurs homologues en mer limitent la capacité du HCR à accéder aux nouveaux arrivants. Les passeurs et trafiquants d'êtres humains attendent souvent sur la côte de recevoir les nouveaux arrivants. Les trafiquants d'êtres humains ciblent principalement les ressortissants éthiopiens qui cherchent à rejoindre d'autres Etats du Golfe.

Le conflit et l'instabilité dans le nord et le sud du pays ont diminué la capacité des autorités yéménites à lutter contre le trafic d'êtres humains. En 2012, il y a eu une prolifération de la traite d'êtres humains, et une hausse significative des cas signalés de violence et d'abus perpétrés contre les nouveaux arrivants. La présence accrue de criminels ainsi que de bandes armées et criminelles de passeurs et de trafiquants d'êtres humains est un risque supplémentaire pour notre personnel et celui des partenaires opérationnels.

Les mouvements de migration mixte en hausse continue depuis la corne de l'Afrique sont un problème affectant la région au-delà du Yémen. Nous nous félicitons de la décision des autorités yéménites à Sana'a d'organiser une conférence régionale cette année avec le HCR dans le cadre d'efforts plus larges pour développer une stratégie visant à gérer l'afflux de la migration mixte, ainsi qu'à prévenir et réduire la traite d'êtres humains dans la région.

Le Yémen est une plateforme de transit historique pour les migrants et se distingue parmi les pays de la région pour son hospitalité envers les réfugiés. Le pays accueille actuellement plus de 236 000 réfugiés, pratiquement tous d'origine somalienne. On compte également plus de 300 000 civils yéménites déplacés internes dans le nord du fait du conflit récurrent depuis 2004.

Parallèlement, dans le sud, plus de 100 000 déplacés sont rentrés dans leur région d'origine dans le gouvernorat d'Abyan, alors que le conflit s'est atténué et que les conditions se sont améliorées. Le HCR plaide auprès du gouvernement et de la communauté internationale pour assurer la durabilité de ces retours. Pour couvrir les besoins des déplacés de retour chez eux, le HCR a acheminé par avion-cargo depuis le Kenya vers Aden des articles de secours, y compris des couvertures, des bâches en plastique et des matelas le 30 décembre 2012. Ce pont aérien ainsi que d'autres articles de secours acheminés par bateau permettront d'aider environ 30 000 familles yéménites parmi les plus vulnérables à recommencer une nouvelle vie.

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Golfe d'Aden : Péril en mer

Chaque année, des milliers de personnes venues de toute la région de la Corne de l'Afrique - principalement des Somaliens et des Ethiopiens - quittent leurs maisons, poussées par la peur ou par pur désespoir, en quête de sécurité ou d'une vie meilleure. Ces populations empruntent des routes dangereuses en Somalie pour se rendre à Bossasso, une ville de la région semi-autonome du Puntland.

Dans cette zone de non-droit où des réseaux de passeurs règnent en maîtres, des civils innocents et désespérés payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden.

Certains restent des semaines dans des maisons ou des abris temporaires à Bossasso avant de pouvoir partir, soudainement au milieu d'une nuit, entassés dans de petites embarcations de fortune. En mer, tout peut se passer, ils sont à la merci des passeurs. Certains sont battus, poignardés, tués ou jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les plages du Yémen, qui sont devenues des cimetières de fortune pour certains de ceux qui sont morts en route.

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A la dérive vers l'Italie

Chaque année, la mer Méditerranée - une destination estivale parmi les plus prisées en Europe - se transforme en cimetière. Des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants s'y noient, au cours de leur tentative désespérée pour atteindre des pays de l'Union européenne (UE).

La distance entre l'île italienne de Lampedusa et la côte libyenne est tout juste de 290 kilomètres. En 2006, quelque 18 000 personnes ont traversé ce bras de mer - la plupart dans des embarcations gonflables équipées de moteurs hors-bord. Certains cherchaient du travail, d'autres voulaient retrouver des membres de leur famille ou d'autres encore fuyaient la persécution, le conflit ou les violences. Ils n'avaient pas d'autre choix que celui de fuir, en quête de sécurité, via des itinéraires clandestins.

Parmi ceux qui ont réussi à atteindre Lampedusa, quelque 6 000 d'entre eux ont demandé l'asile. Et près de la moitié ont été reconnus comme réfugiés ou ont obtenu la protection des autorités italiennes.

En août 2007, les autorités à Lampedusa ont ouvert un nouveau centre de réception pour assurer que les personnes arrivant par bateau ou secourues en mer soient accueillies dans la dignité, et hébergées de façon appropriée, et qu'elles puissent recevoir des soins de santé.

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Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

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