Les affrontements militaires au Mali génèrent des déplacements de populations, y compris au-delà des frontières

Points de presse, 15 janvier 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 15 janvier 2013 au Palais des Nations à Genève.

Les affrontements de ce week-end entre l'armée malienne appuyée par la France et les groupes islamistes liés à Al-Qaïda dans le nord et au centre du Mali ont généré de nouveaux déplacements de populations à la fois à l'intérieur du Mali et vers les pays voisins.

Au Niger, les équipes du HCR font état de l'arrivée de 450 réfugiés vendredi et samedi dans l'ouest du pays au camp de Mangaizé (au nord de Ouallam), dans les villes de Banibangou et Tillabéri ainsi que dans la région de Tillia. « Les réfugiés nous expliquent avoir fui l'intervention militaire en cours, l'absence de moyens d'existence et de services essentiels ainsi que l'application stricte de la charia », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR.

Au Burkina Faso, 309 personnes sont arrivées dans des camps au nord et au nord-est, y compris dans les camps de Damba et Mentao, ainsi qu'à Bobo Dioulasso.

En Mauritanie, 471 réfugiés maliens seraient arrivés au centre de réception de Fassala près de la frontière avec le Mali. Ils seront transportés plus à l'intérieur du pays vers le camp de Mbéra, qui accueille déjà quelque 54 000 réfugiés maliens déracinés durant l'année 2012.

Parmi les nouveaux arrivants, 90% sont des femmes et des enfants originaires de la zone de Léré au Mali. Le HCR a actualisé ses plans d'urgence en cas de nouveaux afflux majeurs potentiels vers les pays voisins et de nouveaux déplacements de populations au sein du Mali. Nous nous tenons prêts à fournir une aide selon les besoins.

Il a ajouté que les détails sur la situation de déplacement à l'intérieur du Mali étaient moins clairs. Selon notre partenaire, la Commission malienne sur les mouvements de population et également sur la base de plusieurs sources d'information fiables, 648 personnes sont arrivées à Bamako [la capitale] depuis le nord entre le 10 et le 13 janvier, [environ] 360 autres sont arrivés à Ségou et 226 sont arrivés à Mopti depuis la région de Tombouctou.

Par ailleurs, au nord de Mopti, à Konna, environ 5 000 personnes (soit la moitié de la population de Konna) auraient fui la ville vers l'autre rive du fleuve Niger, et sont hébergées parmi la communauté locale.

Dans la ville de Mopti elle-même, la situation serait calme. Actuellement, l'accès aux nouvelles zones de déplacement dans le nord reste impossible du fait de la situation de sécurité. Des habitants de Mopti et de la ville proche de Sévaré ont fui la semaine dernière vers Bamako via Ségou où, actuellement, quelque 30 000 déplacés internes ont trouvé refuge.

A Bamako, où environ 52 000 déplacés internes ont trouvé refuge, de nombreux déplacés luttent pour joindre les deux bouts. Des employés du HCR se sont récemment entretenus avec des familles déplacées qui ont des problèmes pour payer leur loyer chaque mois.

De nombreuses familles vivent dans des chambres vétustes, sans électricité ni accès à l'eau. Ces chambres manquent d'espace suffisant pour héberger tous les membres d'une même famille. Les besoins en argent, en vivres et en abri sont immenses et le HCR travaille avec ses partenaires sur des activités génératrices de revenus pour aider à améliorer la situation.

Parallèlement, nous continuons à venir en aide à ces réfugiés qui sont dans des camps au Burkina Faso, au Niger et en Mauritanie, en fournissant de l'eau potable, des installations d'assainissement et d'hygiène, des soins de santé et l'éducation.

Au Burkina Faso, le HCR a transféré près de 5 000 réfugiés maliens depuis les sites de Ferrerio et Gandafabou, près de la frontière avec le Mali, vers un camp plus sûr à Goudébou, qui est situé plus à l'intérieur du pays près de la ville de Dori. Un groupe supplémentaire de 13 500 réfugiés devrait être transféré dans les prochaines semaines depuis la zone frontalière vers des camps plus sûrs. Au Niger, le personnel du HCR continue d'enregistrer des réfugiés individuellement pour améliorer la fiabilité des données et des informations sur les besoins.

Au niveau du financement, le HCR a seulement reçu 63% (77,4 millions de dollars) sur le montant total du dernier appel de fonds qui s'élève à 123 millions de dollars, recherchés par le HCR pour ses opérations d'aide aux réfugiés et aux déplacés maliens.

Le nombre total de réfugiés maliens dans la région est de 144 500, avec environ 54 100 en Mauritanie, 50 000 au Niger, 38 800 au Burkina Faso et 1 500 en Algérie. Des petits groupes de réfugiés maliens se trouvent également en Guinée et au Togo. La population déplacée interne au Mali (y compris des groupes déplacés l'année dernière, ainsi que les personnes nouvellement déplacées la semaine dernière) a été estimée lundi par la Commission malienne sur les mouvements de population à 228 918 principalement à Bamako, à Ségou, à Kayes, à Koulikoro, Sikasso et Mopti.

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