République centrafricaine : le HCR est inquiet pour la situation des populations réfugiées et déplacées

Points de presse, 11 janvier 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 11 janvier 2013 au Palais des Nations à Genève.

En République centrafricaine, le HCR est actuellement à la recherche d'un accès immédiat et inconditionnel à des milliers de réfugiés et aux populations civiles centrafricaines déplacées par les récents combats dans le nord et l'est de l'un des pays les plus pauvres et déshérités au monde.

Alors que le HCR se félicite du cessez-le-feu d'une semaine annoncé cette nuit dans le cadre des négociations au Gabon entre le Gouvernement centrafricain, l'alliance rebelle Séléka et les partis d'opposition, nous craignons qu'en cas de reprise des combats à grande échelle, beaucoup plus de civils ne soient affectés, et en particulier plus de 700 000 personnes dans la capitale.

Il est impossible de donner des chiffres précis du nombre des personnes nouvellement déplacées en raison de la situation confuse en termes de sécurité et du manque d'accès aux zones contrôlées par les rebelles. Cependant, nous avons reçu des informations selon lesquelles des milliers de personnes ont été déplacées au nord et à l'est du pays depuis l'offensive menée par les rebelles Séléka entamée il y a un mois. Environ 800 000 personnes vivaient dans les zones affectées, lorsque la crise actuelle s'est déclenchée.

Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation des populations civiles déplacées, parmi lesquelles nombreux sont ceux qui vivent dans des conditions très difficiles dans des campements reculés ainsi que pour les réfugiés originaires du Soudan du Sud, du Tchad ou de la République démocratique du Congo. La République centrafricaine accueille 17 000 réfugiés et 2 500 demandeurs d'asile. Nous demandons à toutes les parties au conflit de respecter les droits humains de tous les civils et d'autoriser qu'ils puissent bénéficier d'une aide humanitaire.

Nous sommes particulièrement inquiets pour 2 000 réfugiés soudanais hébergés au camp de Bambari, situé au centre du pays, dans une zone contrôlée par les rebelles. Le HCR essaie de rétablir le contact avec cette population réfugiée. Selon des informations confirmées, notre bureau local a été pillé le 28 décembre après l'évacuation de notre personnel. Un autre bureau du HCR à Kaga-Bandoro a également été pillé.

La crise actuelle dans le pays a aussi conduit un petit nombre de personnes à fuir dans les pays voisins. Le personnel du HCR a enregistré 286 réfugiés centrafricains dans la région du Nord-Oubangui dans la province de l'Equateur en République démocratique du Congo. Nous vérifions également des sources indiquant l'arrivée de réfugiés au sud du Tchad.

Par ailleurs, le pillage de plusieurs entrepôts du Programme alimentaire mondial (PAM) à Bria, Bambari et Kaga Bandoro pourrait entraîner de sérieux retards dans les distributions alimentaires aux réfugiés de Bambari, de Zémio et Batalimo. Le HCR et le PAM recherchent actuellement une solution rapide pour reprendre les distributions d'aide alimentaire

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Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Edwige Kpomako est une femme pressée; mais cette énergie aide également cette réfugiée originaire de République centrafricaine (RCA) à faire face à la tragédie qui l'a forcée à fuir vers le nord de la République démocratique du Congo (RDC) en 2013. Avant que la violence ne ravage de nouveau son pays en 2012, la jeune femme de 25 ans étudiait en Master de littérature américaine à Bangui, et sa vie était tournée vers l'avenir. « J'ai commencé ma thèse sur l'oeuvre d'Arthur Miller mais, à cause de la situation en RCA…. », explique-t-elle, sans pouvoir terminer sa phrase. A la place, elle a dû fuir précipitamment en RDC avec un frère plus jeune, mais son fiancé et un fils de 10 ans ont été tués dans les violences intercommunautaires en RCA.

Après avoir franchi le fleuve Oubangui vers la RDC, Edwige a été transférée vers Mole, un camp qui héberge plus de 13 000 réfugiés. Tentant désespérément d'avancer dans la vie et de rester active, elle a commencé à aider les autres, à assumer un rôle de direction et à participer à des activités communautaires, notamment la capoeira, un art martial brésilien. Elle dirige le comité des femmes, s'engage dans des activités visant à combattre la violence sexuelle et agit comme officier de liaison au centre de santé. Elle donne aussi des cours et tient un petit commerce en vendant des crèmes pour le visage. « J'ai découvert que je n'étais pas faible », déclare Edwige, en restant optimiste. Elle est certaine que son pays va sortir de son cauchemar et se reconstruire et qu'elle deviendra un jour une avocate spécialisée dans la défense des droits humains au service des réfugiés.

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Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

La violence et les conflits en République centrafricaine ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers depuis la mi-décembre. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, y compris 80 000 personnes au Cameroun. Avec le traumatisme et la confusion causés par les déplacements de populations, des familles sont séparées. Les réfugiés font face à de nombreux dangers sur le chemin de la sécurité, et leur voyage peut durer plusieurs semaines. Ramatou, une mère de 11 enfants âgée de 45 ans, a été séparée de trois de ses fils et de son mari quand des miliciens ont attaqué son village en janvier. Elle est partie en courant avec huit enfants et elle a fini par rejoindre le Cameroun avec l'aide des troupes de l'Union africaine pour le maintien de la paix. Son mari et ses trois fils ont couru dans une autre direction. Ils ont enduré de nombreuses épreuves dans la brousse, et ont été séparés à nouveau. Plus tôt ce mois-ci, Ramatou a retrouvé ses deux cadets dans le camp de réfugiés de Mbile au Cameroun. Elle était ravie, mais aussi consternée de les voir non accompagnés. Elle espère revoir bientôt son mari et son fils aîné. Le photographe Fred Noy a assisté à leurs retrouvailles émouvantes.

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Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun en nombre croissant, dans un état de grande faiblesse physique. Ils passent des semaines voire des mois cachés dans la brousse, où il leur était difficile de trouver de la nourriture et de l'eau. Ils dorment en plein air. Ils ne peuvent pas retourner chez eux. Parmi ces réfugiés, les plus vulnérables sont les enfants âgés de moins de cinq ans. Rencontrer ces enfants émaciés est bouleversant. Ils ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence après s'être nourris de racines et de feuilles. Selon les estimations, environ 40% des enfants récemment arrivés souffrent de malnutrition. Pour certains, le voyage est de trop. Le HCR aide à sauver des vies dans l'est du Cameroun. Avec Médecins Sans Frontières, le HCR appuie un centre d'aide nutritionnelle à Batouri. MSF y envoie des enfants depuis son dispensaire de la ville frontalière de Gbiti, où se trouvent environ 20 000 sur les 80 000 réfugiés centrafricains arrivés au Cameroun. Le dispensaire de Gbiti est débordé. Les partenaires étendent la capacité du centre d'aide nutritionnelle, qui traite environ 100 enfants. Davantage encore arrivent chaque jour et le HCR a monté des tentes pour y abriter les enfants et leurs Mamans. Le photographe Frédéric Noy s'est rendu la semaine dernière à Gbiti et Batouri. Il y a capturé la série suivante d'images saisissantes et évocatrices.

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République centrafricaine : une crise oubliée

Lors d'une mission en République centrafricaine, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la violence et le déplacement forcé survenant dans le pays comme étant une tragédie silencieuse.
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La guerre se déroulant en République centrafricaine a reçu peu d'attention de la part des médias, en comparaison avec le conflit du Darfour, alors que ses effets sont semblables. Plus de 17 000 Centrafricains ont traversé la frontière vers le Tchad depuis janvier 2009, portant ainsi le total des réfugiés centrafricains à près de 70 000 dans ce pays.