Davantage de personnes déracinées fuient l'ouest du Myanmar par la mer, poussées par le désespoir

Points de presse, 11 janvier 2013

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 11 janvier 2013 au Palais des Nations à Genève.

Un nombre croissant de personnes risquent leur vie à bord de bateaux de passeurs dans le golfe du Bengale, après la récente flambée de violence dans l'État de Rakhine au Myanmar et alors que la frustration augmente devant l'absence de solutions imminentes à leur sort.

Pour la première semaine de 2013, le HCR a reçu des informations selon lesquelles plus de 2 000 personnes ont quitté l'État de Rakhine au nord du Myanmar et le Bangladesh à bord de gros bateaux gérés par des réseaux de passeurs. Leur destination finale est incertaine, bien qu'ils se dirigeraient vers d'autres pays du Sud-Est asiatique.

Ces informations les plus récentes s'ajoutent à ce qui est déjà considéré comme un nombre record de personnes qui auraient effectué la traversée périlleuse au cours des derniers mois. En 2012, environ 13 000 personnes avaient quitté le golfe de Bengale à bord de bateaux de passeurs. Parmi eux se trouvent des musulmans de l'État de Rakhine qui sont réfugiés de longue date au Bangladesh et des Bangladais. La plupart semblent être des hommes voyageant seuls, mais il y a apparemment un nombre croissant de femmes et d'enfants parmi les passagers clandestins, ce qui est souvent un indicateur du désespoir croissant et d'un manque de perspectives.

Au moins 485 personnes auraient trouvé la mort ou sont portées disparues au cours de quatre accidents de bateaux déclarés qui se sont déroulés l'année dernière dans le golfe du Bengale. Le bilan pourrait être beaucoup plus élevé, en raison de la nature clandestine de ces mouvements irréguliers.

Selon des informations non confirmées relayées dans les médias, un nombre croissant de passagers clandestins arrivés à destination sains et saufs sont détenus par des réseaux de passeurs à la frontière entre la Thaïlande et la Malaisie. Les trafiquants d'êtres humains appellent les proches des passagers clandestins au Bangladesh pour demander de l'argent pour le reste du voyage. Si le paiement n'est pas effectué, les passagers sont alors vendus à des réseaux de traite d'êtres humains pour travailler en tant qu'ouvrier agricole ou manœuvre sur les bateaux de pêche jusqu'à ce qu'ils puissent rembourser leurs dettes.

Il est difficile de savoir combien réussissent à rejoindre leur destination finale, où ils risquent souvent les arrestations, la détention et un éventuel refoulement avec l'expulsion forcée vers le Myanmar. Le HCR continue de demander accès aux personnes arrivant par bateau, qui sont arrêtées et détenues par les autorités.

En Thaïlande, nous avons demandé à accéder aux personnes récemment arrivées du Myanmar et nous sommes en attente d'une réponse de la part des autorités. En Malaisie, le HCR demande systématiquement et se voit généralement accorder l'accès aux personnes arrivant par bateau. Notre bureau sur place a finalement réussi à obtenir leur libération, si elles sont considérées comme étant des personnes relevant de la compétence du HCR.

Le HCR craint que davantage de civils pourraient entreprendre la traversée périlleuse du golfe de Bengale, en désespoir de cause après l'éruption de violences intercommunautaires dans l'État de Rakhine en juin et octobre 2012. Quelque 115 000 personnes restent déplacées à l'intérieur de l'État de Rakhine.

Au Bangladesh voisin, on observe également un sentiment croissant de désespoir parmi les réfugiés du Myanmar arrivés depuis le début des années 1990. Quelque 30 000 réfugiés sont hébergés dans deux camps officiels, tandis qu'encore davantage de musulmans de l'État de Rakhine vivent dans des installations de fortune insalubres ou parmi les communautés locales.

Cette crise croissante de boat people appelle à des approches et à des solutions mises en œuvre au niveau régional. Le HCR encourage le Gouvernement du Myanmar à intensifier les mesures visant à répondre à certains des principaux facteurs, y compris le manque de développement durable et la pauvreté largement répandue qui en résulte, l'absence de droits pour une partie importante de la population et la reconnaissance de l'interdépendance économique de toutes les communautés dans l'État de Rakhine.

Parallèlement, nous exhortons les pays de la région à maintenir l'ouverture des frontières et à assurer un traitement humain et l'accès du HCR aux demandeurs d'asile originaires du Myanmar ou ailleurs. Le HCR se tient prêt à appuyer les États dans l'aide aux personnes ayant besoin d'une protection internationale.

Le HCR lance également un appel aux capitaines pour le respect de la longue tradition du sauvetage en mer des bateaux en détresse. Nous applaudissons les actions récentes mises en œuvre par les autorités pour permettre le débarquement des personnes secourues par des navires commerciaux dans le golfe du Bengale. Nous appelons tous les États de la région à agir dans un esprit de générosité et de souplesse si des situations similaires devaient se présenter à l'avenir.

En mars 2013, le HCR co-organisera une table ronde régionale sur les mouvements irréguliers maritimes dans la région Asie-Pacifique, réunissant les autorités des pays concernés, les organisations compétentes et d'autres parties prenantes pour discuter d'approches pratiques régionales au problème. Nous espérons que ce forum servira de rampe de lancement pour des actions concrètes mises en œuvre par les États concernés de la région, afin de renforcer le dialogue régional et améliorer les réponses aux mouvements irréguliers maritime sur la base d'une coopération et d'une coordination interétatiques ainsi que du partage de la charge et des responsabilités. De telles actions pourraient être mises en œuvre par un arrangement sous-régional selon le Cadre de coopération régionale approuvé lors de la 4e Conférence ministérielle de Bali sur le trafic de migrants, la traite des êtres humains et la criminalité transnationale.

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Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Une crise humanitaire s'est développée dans l'Etat de Rakhine au Myanmar, où quelque 115 000 personnes ont désespérément besoin d'aide après avoir été déplacées au cours de deux vagues de violence intercommunautaire successives en juin et en octobre 2012. Les personnes déplacées, dont la plupart sont des Rohingyas, ont trouvé refuge dans des camps provisoires et d'autres restent dispersées à travers l'Etat, vivant étroitement surveillées dans leurs villages détruits. Les conditions sont difficiles : les camps sont surpeuplés et certains sont même dépourvus d'installations d'assainissement, alors que de nombreux villages sont totalement détruits et ne disposent que de faibles ressources en eau. Dans l'un des villages, plus de 32 familles vivaient ensemble sous seulement deux grandes tentes. Les enfants n'ont pas accès à l'éducation. Les nouveau-nés et les personnes âgées sont très vulnérables en raison d'une pénurie de centres de soins. Le HCR distribue des articles de secours et travaille avec les autorités ainsi que les partenaires pour améliorer les conditions de vie dans les camps. Mais une aide internationale est nécessaire.

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Rapatriés au Myanmar

Au début des années 90, plus de 250 000 Rohingyas musulmans traversèrent la frontière du Myanmar pour venir se réfugier au Bangladesh, mettant en cause des violations de droits humains perpétrés par le gouvernement militaire de leur pays. En exil, ils furent accueillis dans une vingtaine de camps situés dans la région de Cox's Bazaar au Bangladesh. Plus de 230 0000 de ces réfugiés sont rentrés chez eux depuis 1992, mais il en subsiste encore environ 22 000 dans les camps. L'UNHCR travaille en collaboration avec des ONG pour garantir la stabilité dans les communautés de rapatriés, en les aidant à se réintégrer au mieux dans leur pays. L'UNHCR fournit une présence itinérante sur le terrain, assure la protection et la sécurité des rapatriés et offre enfin des programmes d'éducation primaire et pour adultes, des projets générateurs de revenus et des formations professionnelles.

Rapatriés au Myanmar

Réfugiés du Myanmar

Au cours des derniers mois, plus de 2 000 réfugiés originaires du Myanmar sont arrivés dans le nord de la Thaïlande. Ils disent fuir la reprise du conflit et les violations des droits humains dans l'Etat de Kayin au Myanmar. Les réfugiés, qui appartiennent principalement à l'ethnie Karen, disent que leurs maisons et leurs villages ont été brûlés et que des civils ont été tués. Beaucoup sont en très mauvaise santé et souffrent de maladies telles que le paludisme après un voyage long et dangereux vers les camps à travers des zones extrêmement minées. Les réfugiés arrivent dans des camps gérés par le gouvernement, principalement dans la région de Mae Hong Son, au nord de la Thaïlande.

L'UNHCR travaille avec le gouvernement thaïlandais et les organisations non gouvernementales pour s'assurer que les nouveaux arrivants sont admis dans les camps et qu'ils reçoivent l'hébergement et la protection adéquats. L'hébergement est une préoccupation majeure car certains camps de réfugiés sont surchargés. Lors d'une réunion à la mi-mai, les autorités thaïlandaises ont donné leur accord pour la construction de maisons en matériaux plus résistants afin d'y installer les nouveaux arrivants.

Actuellement 140 000 réfugiés originaires du Myanmar vivent en Thaïlande dans neuf camps situés près de la frontière, beaucoup d'entre eux sont là depuis plus de 20 ans.

Septembre 2006

Réfugiés du Myanmar

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Inde : Jeune et seule

Ni Ang, âgée de 16 ans, parcourt le marché de nuit à Delhi pour trouver de la nourriture pour elle et ses trois frères et soeurs. Ces enfants non accompagnés luttent pour leur survie en Inde après avoir fui leur village au Myanmar.