L'insécurité autour de Goma en République démocratique du Congo continue de menacer les déplacés

Points de presse, 18 décembre 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 18 décembre 2012 au Palais des Nations à Genève.

La situation de sécurité reste préoccupante dans le camp de Mugunga III qui accueille des déplacés internes à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Des soldats et des hommes armés non identifiés sont toujours présents dans et autour du camp au Nord-Kivu, ce qui continue d'inquiéter des milliers de déplacés qui y vivent.

La présence d'hommes armés à Mugunga III et dans d'autre sites de déplacés près de Goma [le chef-lieu du Nord-Kivu] constitue une menace sur le respect du caractère civil des camps, ce à quoi nous avons exhorté plusieurs fois toutes les parties au conflit à respecter. De plus, cela expose les déplacés à des risques de violence en violation de leurs droits fondamentaux, y compris le droit à l'intégrité physique, à la sécurité et à la sûreté de la personne.

Le HCR avait réitéré cet appel pour que les sites de déplacés à travers l'est de la RDC soit maintenus hors des actions engagées par des groupes et d'autres individus armés. Les civils doivent être maintenus hors du danger et le déploiement d'hommes armés dans des zones densément peuplées doit être évité. Le HCR a également lancé un appel d'urgence à tous les membres non autorisés issus de groupes militaires ou armés présents dans les camps et les sites de déplacés à quitter les lieux sur le champ.

Lors d'un incident tragique survenu récemment, dont le HCR a eu connaissance en date du 14 décembre, quatre hommes armés sont entrés dans le camp de Mugunga III. Ils recherchaient apparemment des articles de secours, y compris des bâches en plastique, des vivres et de l'eau. Deux personnes ont été blessées par balles.

Dans la nuit du 9 au 10 décembre, des hommes armés ont pillé plusieurs maisons autour de Mugunga III et ont demandé des biens ou de l'argent. Trois personnes ont été blessées par balles lors de cet incident. Ces attaques s'ajoutent à celles enregistrées durant la nuit du 1er au 2 décembre, lorsque des hommes armés ont pillé certaines zones du camp de Mugunga III et ont violé plusieurs femmes.

La situation sécuritaire autour de la ville de Goma elle-même reste difficile, avec les troupes gouvernementales, des combattants du mouvement rebelle M23 et d'autres groupes armés qui restent présents près de la ville. La tension est alimentée par l'incertitude sur l'état d'avancement des pourparlers de paix en cours à Kampala, en Ouganda, entre les autorités de RDC et le M23, qui avait capturé Goma à la fin novembre avant de se retirer 10 jours après.

Par ailleurs, d'autres combats dans le nord-est de la République démocratique du Congo ont causé l'exil d'environ 4 000 personnes vers le Soudan du Sud. Les réfugiés sont arrivés du village d'Agorobo dans la province Orientale de la RDC ces cinq derniers jours. Ils disent avoir fui les opérations militaires visant à contenir des groupes rebelles armés non identifiés qui sont actifs dans leur région d'origine.

La plupart des nouveaux arrivants sont des femmes avec de petits enfants ainsi que des enfants séparés de leur famille ou non accompagnés. La priorité du HCR est d'identifier ces enfants non accompagnés le plus rapidement possible afin d'assurer une protection aux personnes les plus à risque, et tout particulièrement les garçons adolescents.

Alors que nous avons fourni de l'aide aux nouveaux arrivants, nous travaillons également avec les autorités sud-soudanaises pour transférer ces personnes vers un lieu plus sûr, suffisamment éloigné de la frontière, dans les trois ou quatre prochains jours.

Des emplacements pour des sites sûrs sont actuellement en cours de discussion et d'évaluation, car des préoccupations ont été soulevées sur la présence de mines antipersonnel dans le voisinage. Le HCR organisera le transport des personnes dès qu'un site sera identifié. On compte déjà plus de 18 400 réfugiés originaires de la République démocratique du Congo au Soudan du Sud.

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Un convoi de quatre camions, transportant 33 tonnes de divers biens de secours, notamment des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des jerrycans, a voyagé mercredi depuis le Rwanda vers Goma, la capitale de la province affectée par le conflit et située à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). L'aide, en provenance d'un entrepôt régional d'urgence situé en Tanzanie, devait être distribuée immédiatement. L'aide d'urgence est arrivée à Goma alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) débutait, conjointement avec le HCR, une distribution de vivres pour quelque 135 000 déplacés internes hébergés dans les six camps situés aux alentours de Goma et gérés par le HCR.

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Lorsque la crise de déplacement a empiré dans le Nord-Kivu en 2007, l'agence pour les réfugiés a envoyé plusieurs équipes d'urgence sur place et a mis en oeuvre des opérations dans plusieurs camps accueillant des déplacés. Les efforts d'assistance comprennent aussi l'enregistrement de la population déplacée et la distribution d'articles non alimentaires. Le HCR mène également un contrôle dans le domaine de la protection pour identifier les abus des droits humains et d'autres problèmes, auxquels sont confrontés les déplacés dans le Nord et le Sud-Kivu.

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Dans la province du Nord-Kivu en RDC (République démocratique du Congo), l'insécurité persiste et plus de 500 000 personnes sont des déplacés internes. Un grand nombre d'entre eux sont déplacés pour la deuxième ou la troisième fois consécutive. Le conflit armé, la persécution des populations civiles, les meurtres, les enlèvements, les abus sexuels et le recrutement forcé des enfants sont les motifs de déplacement. Les signalements de viols et de meurtres se comptent par milliers. Quelque 176 000 déplacés vivent dans le district de Masisi, y compris 49 000 d'entre eux accueillis dans 19 camps. Les conditions de vie sont précaires, des familles entières vivent dans des huttes de fortune comptant une pièce unique sans eau potable ni accès aux services essentiels. Le HCR est préoccupé par la situation sécuritaire, les conditions de vie et l'avenir de ces personnes déplacées. Même si quelque 36 000 personnes auparavant hébergées dans des camps au Nord-Kivu ont réussi à rentrer dans leurs villages d'origine en 2010, environ 72 000 personnes restent déplacées à ce jour.

Le HCR coordonne la gestion de 31 camps de déplacés et fournit une assistance d'urgence. Ces camps sont localisés à travers tout le Nord-Kivu. Le HCR est confronté à des défis de taille en termes d'accès aux zones où les déplacés ont trouvé refuge et l'agence pour les réfugiés continue à réclamer l'accès humanitaire aux personnes dans le besoin afin de leur venir en aide.

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