Le nombre des réfugiés syriens enregistrés dans les pays voisins de la Syrie dépasse un demi-million

Points de presse, 11 décembre 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 11 décembre 2012 au Palais des Nations à Genève.

Plus d'un demi-million de réfugiés syriens ont été enregistrés ou sont en attente de l'être dans les quatre pays voisins de la Syrie et en Afrique du Nord. Leur nombre continue à augmenter au rythme de plus de 3 000 chaque jour.

Selon les tout derniers chiffres du HCR enregistrés au Liban, en Jordanie, en Iraq, en Turquie et en Afrique du Nord, au total 509 559 Syriens ont déjà été enregistrés [425 160] ou sont en attente de l'être [84 399].

Contrairement à l'idée reçue, seulement 40% des réfugiés syriens enregistrés dans la région vivent dans des camps. La majorité des réfugiés syriens vivent en dehors des camps. Ils louent des logements ou vivent au sein de familles d'accueil, dans différents types de centres d'hébergement ou des bâtiments rénovés pour leur fournir un toit.

Au Liban et en Afrique du Nord, par exemple, il n'y a pas de camps de réfugiés. Les réfugiés syriens vivent plutôt au sein de communautés rurales ou urbaines. En Jordanie, seuls 24% d'entre eux vivent dans des camps. En Iraq, la moitié se trouve dans des camps. Et en Turquie, 100% sont hébergés dans des camps gérés par les autorités.

On compte actuellement 14 camps en Turquie, trois en Iraq et trois en Jordanie. Lundi, les tout derniers chiffres de réfugiés syriens enregistrés et ceux en attente de l'être dans chaque pays sont : Liban, 154 387 ; Jordanie, 142 664 ; Turquie, 136 319 ; Iraq, 64449 ; et Afrique du Nord, 11 740.

En plus des personnes déjà enregistrées et en attente de l'être, la plupart des pays voisins et de l'Afrique du Nord comptent un grand nombre de Syriens qui ne se sont pas encore fait connaître pour obtenir une aide.

La Jordanie estime, par exemple, qu'il y a sur son territoire plus de 100 000 Syriens qui ne sont pas enregistrés. Les autorités turques estiment que plus de 70 000 personnes se trouvent hors des camps. L'Egypte estime à peu près le même nombre. Les autorités libanaises estiment que des dizaines de milliers de personnes ne sont pas encore enregistrées.

Depuis début novembre, le nombre des réfugiés enregistrés dans la région a augmenté d'environ 3 200 chaque jour, y compris à la fois les nouveaux arrivants depuis la Syrie et les personnes qui se trouvaient déjà dans les pays d'asile mais qui n'avaient pas encore cherché à se faire enregistrer.

Le nombre des personnes qui ont du mal à joindre les deux bouts dans l'économie locale et qui viendront finalement se faire enregistrer devrait augmenter, ceci car le conflit en Syrie continue, les ressources s'épuisent et les communautés ou les familles d'accueil ne sont plus en mesure de les héberger.

Dans le cas de la Jordanie, près de 1000 réfugiés syriens ont traversé la frontière ces deux dernières nuits.

Les réfugiés syriens arrivés récemment alors que les conditions météo étaient très mauvaises ont rejoint la Jordanie avec des vêtements trempés et des chaussures couvertes de boue à cause de la pluie. Les équipes du HCR pour la protection ont décrit les personnes arrivées de nuit comme étant apeurées, frigorifiées et portant des vêtements trop légers et insuffisants contre le froid hivernal.

Le HCR et ses partenaires ont accueilli quelque 2 500 réfugiés syriens au camp de Za'atri la semaine dernière avec des couvertures, des matelas et un repas énergétique. Des médecins ont assuré des soins aux nouveaux arrivants qui en avaient besoin.

L'agence pour les réfugiés a observé en Jordanie une hausse des arrivées de personnes plus âgées et d'enfants. Environ 60% des récents arrivants sont âgés de moins de 18 ans et 22 nouveau-nés sont arrivés durant la nuit de dimanche ainsi que de nombreux mineurs non accompagnés.

Dans le cadre des efforts pour aider les réfugiés à s'équiper contre les conditions hivernales, le HCR et ses partenaires humanitaires distribuent 50 000 couvertures thermiques à Za'atri. Ce lot vient s'additionner aux 62 000 couvertures déjà distribuées à Za'atri.

Lundi, le partenaire du HCR pour l'équipement contre les conditions hivernales, le Conseil norvégien pour les réfugiés, a reçu un premier lot de chauffages au gaz sur le site, qui équiperont les auvents installés au-dessus des tentes, alors que les températures continuent de descendre.

Le HCR intensifie ses actions d'information et de proximité dans la région pour enregistrer les réfugiés et fournir une aide à ceux qui en ont besoin. Ce n'est pas facile, étant la grande dispersion des réfugiés syriens dans certaines régions. Au Liban, par exemple, ils sont répartis dans environ 500 municipalités, dont certaines sont très reculées.

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L'histoire de Jihan

Comme des millions d'autres, Jihan, 34 ans, était prête à tout pour échapper à la guerre sévissant en Syrie et pour mettre sa famille en sécurité. Contrairement à la plupart, Jihan est aveugle.

Il y a neuf mois, elle a fui Damas avec Ashraf, son mari âgé de 35 ans, qui est également en train de perdre la vue. Avec leurs deux fils, ils se sont rendus en Turquie par la mer Méditerranée, à bord d'un bateau avec 40 autres personnes. Ils espéraient que le voyage ne durerait huit heures. Ils n'avaient aucune garantie d'arriver sains et saufs.

Après une périlleuse traversée qui aura duré 45 heures, la famille est enfin arrivée à Milos, une île grecque de la mer Egée, à des kilomètres de la destination qui était prévue. Sans aucun soutien ni aucune assistance, ils ont dû se débrouiller pour se rendre à Athènes.

La police les a détenus pendant quatre jours à leur arrivée. On leur a demandé de rester hors d'Athènes, ainsi que trois autres villes grecques, en les laissant à l'abandon.

Démunis et épuisés, la famille a été contrainte de se séparer. Ashraf est parti vers le nord en quête d'asile et Jihan s'est rendue à Lavrion avec ses deux enfants, une installation informelle à une heure de route de la capitale grecque.

Aujourd'hui, Jihan est impatiente de retrouver son mari qui, entre temps, a obtenu le statut de réfugié au Danemark. La chambre qu'elle partage avec ses deux fils, Ahmed, 5 ans, et Mohammad, 7 ans, est minuscule, et elle s'inquiète pour leur éducation. Sans greffe de la cornée, une chirurgie très complexe dont elle a besoin d'urgence, son oeil gauche se fermera à jamais.

« Nous sommes venus ici en quête d'une vie meilleure et pour trouver des personnes qui seraient plus à même de comprendre notre situation », explique-t-elle d'un air triste. « Je suis tellement en colère quand je vois qu'ils ne comprennent pas. »

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Iraq: Déplacement massif depuis Mossoul

Ces derniers jours, des centaines de milliers d'Iraquiens ont fui les combats dans la ville de Mossoul et d'autres cités du nord de l'Iraq. Des employés du HCR sont sur le terrain pour suivre les déplacements et aider les personnes dans le besoin. Les besoins sont immenses. Le HCR fait son possible pour assurer la protection et fournir des abris ainsi que des articles de secours, notamment des tentes. De nombreux déplacés ont quitté leurs maisons sans rien d'autre que les vêtements portés ce jour-là. Certains n'ont pas d'argent pour payer le logement, la nourriture, l'eau potable ou les soins de santé. Ils arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan d'Iraq sans savoir où aller, ni comment payer leurs dépenses.

Les agences des Nations Unies, les organisations humanitaires et les fonctionnaires gouvernementaux coordonnent leurs efforts pour aider les personnes dans le besoin. Les agences des Nations Unies lancent un appel de fonds supplémentaire d'urgence. Le HCR espère fournir des kits d'urgence ainsi que des milliers de tentes et travaille également avec ses partenaires pour protéger et aider les personnes déplacées.

L'exode dans le nord s'ajoute aux déplacements de populations massifs cette année dans le gouvernorat iraquien d'Anbar, où les combats depuis janvier ont contraint quelque 500 000 personnes à fuir cette province pour chercher refuge dans des zones plus sûres.

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Crise en Iraq : Trouver un logement

Des dizaines de milliers de personnes ont fui vers les gouvernorats d'Erbil et de Duhok dans la région du Kurdistan d'Iraq la semaine dernière. Ces déplacés ont trouvé abri dans des écoles, des mosquées, des églises et des camps de transit après une éruption de violence qui déchire certaines régions du centre et du nord de l'Iraq. Le HCR et ses partenaires font leur possible pour répondre aux besoins urgents en termes d'abri. Le HCR a livré près de 1 000 tentes dans un camp de transit en cours de construction par les autorités et les ONG à Garmawa, près de Duhok.

De nombreux déplacés originaires de Mossoul arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan iraquien. Ils ont des ressources limitées et n'ont pas les moyens de se payer un logement. Certains sont hébergés par des proches. D'autres résident à l'hôtel en puisant dans leurs maigres ressources.

Dans le village d'Alqosh, quelque 150 personnes (soit 20 familles) sont arrivées avec de rares effets personnels en plus des vêtements qu'ils portaient le jour où ils ont fui. Ces déplacés vivent dans plusieurs salles de classe d'une école primaire depuis la semaine dernière. Tous ces locaux sont actuellement bondés. Un membre du groupe a expliqué qu'il vivait auparavant dans un appartement loué à Mossoul et qu'il menait une vie de famille normale. Toutefois, à Alqosh, ils craignent pour le bien-être et l'éducation de leurs enfants ainsi que la présence de serpents et de scorpions.

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Le 8 novembre 2013, le typhon Haiyan a balayé le centre des Philippines, dévastant tout sur son passage et tuant des milliers de personnes. Un an après, la reconstruction dure toujours. Sur l'île de Leyte, Bartolome témoigne de la vie de sa famille, pendant plusieurs semaines dans un bateau échoué après la destruction de leur maison.
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Plus de 170 000 personnes ont fui la ville de Kobané au nord de la Syrie pour échapper à une violente offensive menée par des militants ISIS. Faysal a réussi à s'échapper en Turquie avant que les combats ne s' intensifient. Toutefois, il a encore une famille qui a dû rester dans la ville frontalière assiégée.
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L'afflux de réfugiés est important à Dohouk où Fahrad a construit un camp, avec des tentes, de l'électricité, de l'eau ... un lieu de refuge. Sa compassion est sincère ... Dans son enfance, il avait également dû fuir sa maison.