Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés salue l'avancée « historique » pour assurer la protection des personnes déplacées internes en Afrique

Articles d'actualité, 5 décembre 2012

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres s'est félicité aujourd'hui de l'entrée en vigueur d'un traité sur la protection des personnes déplacées internes, pour tout le continent africain. António Guterres a décrit comme étant un tournant décisif la prochaine entrée en vigueur de la Convention de l'Union africaine (UA) sur la protection et l'assistance aux déplacés internes en Afrique (Convention de Kampala).

« C'est un moment historique, et pas seulement pour l'Afrique », a déclaré António Guterres. « Dans le monde, le nombre des personnes déracinées au sein de leur propre pays augmente. La Convention de Kampala place l'Afrique en tête pour l'adoption d'un cadre juridique sur la protection et l'assistance aux personnes déplacées internes. »

La Convention de Kampala couvre les déplacements de populations depuis les causes y compris le conflit, les catastrophes naturelles ou le changement climatique jusqu'aux mesures pour y remédier. Elle affirme par ailleurs que les Etats ont la responsabilité pleine et entière de leurs propres citoyens déplacés internes. Toutefois elle appelle également à adopter des lois et des politiques tant régionales que nationales, afin de prévenir le déplacement interne et assurer que les civils déplacés reçoivent protection et assistance.

La Convention de Kampala avait été adoptée en octobre 2009, lors d'une réunion des pays de l'Union africaine (UA) et 37 pays sur les 54 Etats membres de l'Union africaine y ont adhéré depuis. Pour entrer en vigueur, la Convention doit être ratifiée au moins par 15 pays sur les 54 Etats membres de l'Union africaine. Le 6 novembre dernier, le Swaziland est devenu le 15e pays à présenter officiellement sa ratification au Président de la Commission de l'Union africaine (UA). La Convention entrera en vigueur demain, le 6 décembre 2012.

Les pays qui ont ratifié la Convention doivent procéder à sa transposition en lois nationales. Le HCR, qui a participé à l'élaboration de la Convention, appuie les gouvernements pour mettre en œuvre des mesures visant à adapter les dispositions de la Convention au contexte local.

Dans le monde, à la fin 2011, 26,4 millions de personnes étaient déplacées au sein de leur pays. Le nombre de réfugiés s'élevait à 15,2 millions, ce sont les personnes déracinées au-delà d'une frontière internationale. Malgré le nombre élevé de personnes déplacées internes, le développement d'un cadre juridique international pour les protéger reste nettement moins avancé que celui pour les réfugiés.

A travers l'Afrique, il y a 9,7 millions de personnes déplacées dont 6,97 millions reçoivent une aide du HCR, soit davantage que sur tout autre continent. Les plus importantes populations déplacées internes se trouvent en Somalie (1,36 million), au Soudan (2,4 millions) et en République démocratique du Congo (plus de deux millions, selon les estimations).

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Le Haut Commissaire

M. António Guterres a rejoint, le 15 juin 2005, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, dont il est le 10ème Haut Commissaire.

Manuel pour la protection des déplacés internes

Dans plus de 50 pays du monde entier, quelque 24 millions de personnes sont déracinées et déplacées dans leur propre pays suite à un conflit ou à des violations des droits de l'homme.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées fuient en quête de sécurité dans d'autres régions au sein même de leur pays, où ils ont besoin d'une aide.

Long voyage de retour vers Tombouctou

La guerre a atteint Tombouctou en avril dernier, quand des rebelles touaregs se sont emparés de cette ville antique du nord du Mali. Elle est rapidement tombée sous le contrôle des militants, qui ont commencé à imposer aux habitants une version stricte de la charia. Les femmes ont été forcées de porter le voile en public, des personnes suspectées d'adultère étaient fouettées ou lapidées, des voleurs ont eu les mains coupées et des chambres funéraires centenaires ont été détruites.

Des milliers de personnes ont alors fui Tombouctou et beaucoup ont trouvé refuge dans la capitale malienne, Bamako, au sud du pays. Fatima Nialy, une mère de quatre enfants, s'est jointe au flux des civils se dirigeant vers le sud car elle se sentait prisonnière dans sa propre maison à Tombouctou. A Bamako, elle et ses enfants - dont son bébé d'un mois - ont été pris en charge par des proches. Elle a vécu dans une chambre de la maison de son frère aîné.

En février 2013, peu de temps après que les forces françaises et maliennes aient libéré Tombouctou, Fatima a décidé de rentrer chez elle avec ses enfants. Le photographe Thomas Martinez les a suivis

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Colombie : Vivre dans les «barrios»

Après plus de quarante ans de guerre civile, la Colombie recense l'une des plus grandes populations de personnes déplacées au monde. Plus de deux millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons ; beaucoup d'entre elles ont quitté des régions rurales éloignées pour aller chercher une sécurité relative dans les villes.

Les familles de personnes déplacées échouent la plupart du temps dans des taudis à la périphérie des grandes villes, où elles vivent dans un grand dénuement. Juste à la sortie de Bogota, des dizaines de milliers de personnes déplacées vivent dans les bidonvilles de Los Altos de Cazuca et de Los Altos de Florida. Les déplacé internes n'ont pratiquement pas accès aux services de santé, d'éducation ou de logement décent. La sécurité est également un problème, des gangs et des groupes armés contrôlant les bidonvilles et prenant souvent pour cible les jeunes.

L'UNHCR travaille en collaboration avec les autorités dans une dizaine de communes à travers la Colombie afin de s'assurer que les droits des personnes déplacées soient respectés, y compris leur accès aux services de base : la santé, l'éducation et la sécurité.

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L'éducation pour les déplacés en Colombie

Deux millions de personnes déplacées sont enregistrées dans le Registre national des déplacés internes en Colombie. Près de la moitié des déplacés sont âgés de moins de 18 ans et, selon le Ministère de l'éducation, seule la moitié d'entre eux sont inscrits à l'école.

Avant même d'être déplacés, les enfants colombiens scolarisés dans des régions à risque sont exposés au danger des mines anti-personnelles, aux attaques de groupes armés et au recrutement forcé mené aux alentours des écoles. Une fois qu'ils sont déplacés, ces enfants perdent souvent une année scolaire entière. De plus, le traumatisme provoqué par le déracinement et le fait d'avoir été témoin de violences extrêmes sont souvent négligés, affectant ainsi leur faculté d'apprentissage. La pauvreté accrue par le déplacement oblige les enfants à travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Ils ne peuvent plus aller l'école.

L'UNHCR soutient les efforts du gouvernement pour répondre à la crise de l'éducation qui touche les enfants déplacés, notamment les interventions locales dans des régions à haut risque, la reconstruction d'écoles endommagées, la fourniture de matériel scolaire et le soutien d'associations locales d'enseignants. L'UNHCR travaille avec le Ministère de l'éducation, afin d'assurer que les besoins des enfants déplacés soient identifiés et pris en compte - sans oublier les minorités ethniques comme les Afro-Colombiens et les indigènes.

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En conclusion de la session annuelle de l'organe directeur du HCR, le Haut Commissaire António Guterres a souligné le nombre sans précédent de crises aigues auxquelles le HCR doit faire face.
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L'Emissaire spéciale du HCR Angelina Jolie et le chef de l'agence pour les réfugiés António Guterres rencontrent des réfugiés syriens en Jordanie et écoutent leurs témoignages déchirants.
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