Le HCR lance les 16 Journées pour l'élimination de la violence envers les femmes

Articles d'actualité, 26 novembre 2012

© HCR/M.Sibiloni
Cette déplacée congolaise dispose le bois qu'elle a collecté comme combustible pour la cuisine. Les femmes sont vulnérables à la violence quand elles vont collecter du bois de chauffe.

GENÈVE, 26 novembre (HCR) Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a réitéré l'engagement de l'agence pour l'élimination de la violence envers les femmes et a indiqué que le HCR avait intensifié cette année ses efforts pour que l'accès à la justice pour les victimes de violences s'améliore.

« Malgré une sensibilisation accrue contre la violence sexuelle envers les femmes ainsi que des efforts pour lutter contre ce phénomène, un nombre alarmant de femmes continuent à subir cette violation épouvantable de leurs droits, notamment en raison des inégalités entre les sexes qui persistent à travers le monde », a indiqué António Guterres dans un message pour marquer le début hier des 16 Journées pour l'élimination de la violence envers les femmes.

« Il est essentiel pour nous de continuer à faire de la prévention et de la lutte contre les violences sexuelles envers les femmes un élément clé de toutes nos activités», a-t-il ajouté.

Le Haut Commissaire a souligné que la violence sexuelle et à l'encontre des femmes était l'une de ses préoccupations majeures, « c'est pourquoi j'ai attribué 6,9 millions de dollars en 2012 pour la lutte et la prévention contre la violence sexuelle et sexiste ainsi que pour des programmes de réponse spécifiques mis en œuvre dans 12 pays où le HCR est présent. »

Alors que le HCR répond à plusieurs situations d'urgence et poursuit ses efforts pour abréger des situations de réfugiés prolongées, « il est crucial pour nous de reconnaître que les programmes de réponse contre la violence sexuelle et sexiste peuvent sauver des vies humaines. » Le HCR a reçu des informations alarmantes sur des viols survenus dans l'une des situations d'urgence, à l'est de la République démocratique du Congo, où il y a de violents combats depuis la mi-novembre.

Le Haut Commissaire a souligné que, malgré la prévalence de la violence sexuelle et sexiste dans toutes les régions du monde, les niveaux d'information sont faibles. « De nombreuses barrières culturelles et pratiques empêchent les victimes de se faire connaître. Par ailleurs, l'impunité pour les auteurs est très répandue », a-t-il indiqué, ajoutant : « Cela nous a amené à intensifier nos efforts pour améliorer l'accès à la justice pour les victimes. »

António Guterres a indiqué que les programmes de prévention et de lutte contre les violences sexuelles et sexistes devraient être au centre des activités de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés en matière d'aide juridique. Il a souligné que le HCR marque la campagne cette année en lançant un cours par Internet sur les violences sexuelles et sexistes pour que la plupart du personnel à travers les différents services du HCR soit formé aux connaissances et aux outils de planification et de mise en œuvre d'actions efficaces ainsi que de programmes multisectoriels contre la violence sexuelle et sexiste.

Les 16 Journées d'action pour l'élimination de la violence envers les femmes s'inscrivent dans le cadre d'une campagne internationale lancée en 1991 par le premier institut international pour le leadership des femmes (Women's Global Leadership Institute). Le thème de cette année est : « De la paix chez soi à la paix dans le monde : Défions le militarisme et arrêtons la violence contre les femmes ! »

Les 16 Journées d'action pour l'élimination de la violence envers les femmes se dérouleront jusqu'à la Journée internationale des droits de l'homme le 10 décembre prochain. Elles rassemblent le HCR, les partenaires, les bénéficiaires du HCR et les communautés d'accueil à travers le monde dans un appel uni à faire cesser la violence sexuelle et sexiste sous toutes ses formes. Le HCR s'efforcera également de faire connaître la Campagne du ruban blanc, une initiative lancée par des hommes pour encourager leurs pairs masculins à ne jamais commettre, tolérer ou taire la violence envers les femmes. Les personnes sont invitées à porter un ruban blanc, qui symbolise cet engagement.

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Exode de réfugiés congolais vers le Rwanda

Pendant la première décade de mai 2012, plus de 6500 réfugiés sont arrivés au Rwanda en provenance de la République démocratique du Congo (RDC), fuyant les combats entre l'armée congolaise et des troupes en rébellion. En coopération avec divers partenaires de Nations Unies et avec les autorités rwandaises, le HCR s'est employé à fournir à ces réfugiés une aide humanitaire dès le début de la crise, et aussi à trouver une solution au problème dans l'attente d'un retour sûr.

Certains des réfugiés ont marché des jours pour rejoindre Goma-Gisenyi, une ville à cheval sur la frontière et point de passage entre la RDC et le Rwanda, en emportant quelques maigres effets - matelas, vêtements et peut-être un ou deux jouets pour les enfants. Les photos présentées ici ont été prises à la frontière ainsi qu'au centre de transit de Nkamira, situé à 22 kilomètres de là en territoire rwandais. Les possibilités d'accueil de ce centre sont médiocres : 5400 personnes seulement peuvent y trouver place, de surcroît dans des abris de fortune. Cependant, la population y croît sans cesse à mesure que de nouveaux réfugiés franchissent chaque jour la frontière.

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Kigémé : Pour les réfugiés congolais, un lieu d'accueil façonné dans les collines

Au Rwanda, le camp de réfugiés de Kigémé, dans la Province du sud, a dû être rouvert en juin 2012. En effet, depuis la fin avril, des milliers de civils congolais ont franchi la frontière pour échapper aux affrontements armés opposant les forces gouvernementales de la République démocratique du Congo (RDC) aux rebelles du mouvement M23. Implanté le long d'une colline préalablement terrassée, le camp accueille actuellement une population de plus de 14 000 réfugiés. Il n'a pas subi de contrecoup notable après les récents combats dans l'est de la RDC, lors desquels le M23 s'est emparé de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, avant de s'en retirer. Tandis que la plupart des réfugiés adultes habitant le camp appellent de leurs voeux une paix durable dans leur région, les jeunes désirent quant à eux poursuivre leur scolarité. Par centaines, ils suivent donc des cours de rattrapage en vue d'intégrer le système rwandais d'instruction primaire et secondaire, ce qui exige d'apprendre des langues qu'ils ne parlent pas. Dans un camp où plus de 60% de la population est âgée de moins de 18 ans, cet enseignement aide des enfants traumatisés à aller de l'avant, à s'instruire et à nouer des amitiés.

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Trouver une occupation dans le camp de Kibiza au Rwanda

Le camp de Kibiza a été ouvert en décembre 1996, après le début de la guerre en République démocratique du Congo voisine. Cette installation avait alors été construite pour faire face à l'afflux de dizaine de milliers de réfugiés congolais. La plupart des réfugiés sont entre temps rentrés chez eux dans l'est de la RDC sauf environ 16 000 d'entre eux qui sont restés dans ce camp isolé, situé sur une colline à l'ouest du Rwanda. L'éruption de violence, l'année dernière dans la province du Nord-Kivu en RDC, n'a pas affecté ce camp car les nouveaux arrivants ont été installés au camp de Kigémé qui a été rouvert au sud du Rwanda. La plupart des réfugiés de Kiziba ont déclaré ne pas vouloir rentrer mais les perspectives d'intégration locale sont limitées en raison du manque de terrains et des possibilités limitées en matière d'emploi. Pendant ce temps, les résidents de ce camp font leur possible pour mener une vie normale, suivent des formations et tiennent de petits commerces afin de devenir autosuffisants. Pour les jeunes, pouvoir faire du sport et recevoir une éducation est très important pour assurer qu'ils ne soient pas attirés par des influences négatives ainsi que pour maintenir leur moral et leur confiance en l'avenir.

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