Le chef du HCR se rend au Soudan du Sud auprès des réfugiés « oubliés » des médias

Articles d'actualité, 23 novembre 2012

© HCR/K.Mahoney
Le Haut Commissaire António Guterres s'entretient avec un groupe de jeunes filles qui attendaient leur enregistrement dans le camp de Yida, au Soudan du Sud.

Yida, Soudan du Sud, 23 novembre (HCR) Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, a conclu vendredi sa mission de trois jours au Soudan du Sud. Sa visite avait pour objectif d'attirer l'attention et d'apporter de l'aide aux dizaines de milliers de réfugiés du Soudan voisin. António Guterres a rencontré des réfugiés au camp de Yida proche de la frontière et il a décrit la situation des réfugiés au Soudan du Sud comme une « crise de réfugiés oubliée. »

Le Haut Commissaire était particulièrement inquiet des conditions de vie de 60 000 civils installés à Yida et les a encouragés à rejoindre des sites localisés plus à l'intérieur du Soudan du Sud dans un environnement plus sûr, plus sain et d'accès plus facile.

« Cette situation est la plus menaçante que j'ai jamais vue dans un camp de réfugiés. Pas seulement en raison de sa proximité avec une zone de combats, mais aussi en raison de l'accessibilité tout doit être apporté par avion », a-t-il déclaré pendant sa visite. La ville de Yida est située dans une zone inondable de l'Etat d'Unity, juste à 12 kilomètres de la frontière.

« La proximité des réfugiés à Yida avec une zone de combats très instable soulève de grandes inquiétudes concernant leur sécurité. Ceci est le site de réfugiés le plus dangereux au Soudan du Sud », a déclaré la Représentante du HCR au Soudan du Sud, Mireille Girard faisant écho aux préoccupations de António Guterres.

Des milliers de civils ont quitté le Soudan depuis le milieu de l'année dernière afin de fuir les combats dans l'Etat soudanais du Sud-Kordofan entre les forces armées du Soudan et le Mouvement de libération du peuple soudanais du Nord. Le flux avait pratiquement cessé durant la saison des pluies qui vient de s'achever, quand Yida s'était transformée en une presqu'île, mais il reprend fortement et le HCR s'attend à un afflux majeur.

António Guterres était accompagné pendant sa visite à Yida par le Ministre sud-soudanais des Affaires humanitaires et de la gestion des catastrophes, Joseph Lual Achuil. Le Haut Commissaire a indiqué que malgré ses préoccupations quant à la sécurité des réfugiés, il était « cependant optimiste en raison de l'engagement des autorités à veiller à ce que des personnes armées ne pénètrent dans le camp. »

Le HCR a commencé à chercher de nouveaux sites dans des zones plus sûres où il serait plus facile d'apporter de l'assistance et des services essentiels, comme les soins de santé et des programmes d'éducation. António Guterres a encouragé tout ceux qu'il rencontrait à quitter les lieux tout en notant que « les gens qui arrivent [à Yida] sont déshydratés, sous-alimentés et épuisés ». La plupart des nouveaux arrivants sont des femmes et des enfants, alors que plus de 70% de la population de Yida a moins de 18 ans.

Le représentant des réfugiés, Hussain Agumbolo, a expliqué à António Guterres que ce serait aux gens de décider eux-mêmes s'ils souhaitaient partir à nouveau pour rejoindre un autre camp. Mais il prévoit que les civils vont continuer à fuir le Sud-Kordofan. « Ils peuvent être bombardés à tout moment, être attaqués au sol à tout moment. Nous savons qu'aucun endroit n'est sûr dans les montagnes de Nuba [de l'autre côté de la frontière] », a-t-il dit.

Le HCR et ses partenaires fournissent une première assistance d'urgence juste après que les réfugiés aient passé la frontière. Ils reçoivent des soins de santé, de la nourriture, de l'eau et un endroit pour construire un logement temporaire. Une campagne d'enregistrement biométrique est en cours et va faciliter la mise en œuvre des programmes d'assistance et de protection.

De nombreux réfugiés à Yida, comme Mariam Siluman, semblent réticents à bouger. Elle a fui avec son mari et ses enfants lorsque leur région a subi des attaques aériennes et qu'ils n'avaient plus de nourriture. A Yida, elle a commencé à planter un petit jardin près de leur abri de fortune. « Nous ne voulons aller nulle part ailleurs. Nous voulons rester ici. »

Pendant ce temps, les huit mois de pluies incessantes ont pris fin et la saison sèche permet aux gens d'entreprendre plus facilement le voyage pour passer la frontière. Le HCR s'apprête à aider des milliers de réfugiés.

On s'attend également à un large afflux de réfugiés en provenance de l'Etat soudanais du Nil Bleu vers l'Etat du Nil supérieur au Soudan du Sud où le HCR gère quatre camps abritant plus de 110 000 réfugiés. « Nous ferons tout ce que nous pouvons pour mobiliser nos ressources afin de répondre aux besoins de ces personnes qui ont tant souffert », a rappelé António Guterres.

Le Haut Commissaire a rencontré le Président du Soudan du Sud Salva Kiir Mayardit et d'autres officiels de haut rang pendant sa visite. Il a lancé un appel pour une solution politique afin de mettre fin aux hostilités. Par ailleurs, une aide financière d'urgence est nécessaire pour les opérations d'urgence au Soudan du Sud.

Le Soudan du Sud accueille près de 200 000 réfugiés, y compris plus de 170 000 dans les Etats d'Unity et du Nil supérieur.

Par Melissa Fleming, Yida, au Soudan du Sud

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise au Soudan du Sud : Appel urgent

Donnez maintenant et aidez des dizaines de milliers de personnes fuyant le Soudan du Sud pour échapper à la violence.

Donnez pour cette crise

Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

A la veille du référendum portant sur l'autodétermination du Sud-Soudan le 9 janvier 2011, des dizaines de milliers de personnes qui vivaient dans le nord du Soudan ont plié bagage pour rentrer dans leurs villages d'origine au sud du pays. Le HCR a établi des points d'escale le long des axes de retour vers le Sud-Soudan, afin de distribuer des vivres aux voyageurs et de leur fournir un lieu sûr pour qu'ils se reposent durant ce pénible voyage. Plusieurs cas d'attaques et de viols perpétrés contre des voyageurs ont justifié l'ouverture de ces centres où les femmes, les enfants et les personnes handicapées peuvent passer la nuit. Le HCR a mobilisé des ressources pour répondre aux besoins de 50 000 personnes, dans l'éventualité d'un déplacement massif suite aux résultats du vote.

Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

Crise sanitaire au Soudan du Sud

Quelque 105 000 réfugiés se sont regroupés dans le Comté de Maban, au Soudan du Sud. De graves risques pèsent sur la santé de nombre d'entre eux. Le HCR et ses partenaires travaillent d'arrache-pied pour prévenir et contenir l'épidémie de paludisme et plusieurs maladies hydriques.

La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

Crise sanitaire au Soudan du Sud

L'objet le plus important

Depuis novembre 2011, plus de 105 000 réfugiés ont traversé la frontière qui sépare l'État du Nil Bleu, au Soudan, de celui du Haut-Nil, au Soudan du Sud. Le voyage, généralement réalisé à pied, passe par de dangereuses zones de conflit et emprunte des routes secondaires que les fortes pluies ont rendues presque impraticables. Les réfugiés, pour la plupart, fuient précipitamment, n'emportant que ce qu'ils peuvent porter et parfois rien d'autre que les vêtements qu'ils ont sur le dos. Certains arrivent malades ou blessés, et beaucoup ont souffert de la faim au cours du trajet. Le photojournaliste Brian Sokol a demandé à plusieurs réfugiés au Soudan du Sud de lui montrer l'objet le plus important qu'ils avaient emporté avec eux. Nous vous invitons à lire son photoreportage pour découvrir les objets qu'ils ont choisis.

L'objet le plus important

Soudan du Sud : Le chef du HCR Play video

Soudan du Sud : Le chef du HCR

Le Haut Commissaire du HCR se rend auprès des réfugiés dans l'installation de Yida, située non loin de la frontière avec le Soudan en proie à l'instabilité.
Soudan du Sud : Fier d'aider les réfugiésPlay video

Soudan du Sud : Fier d'aider les réfugiés

D'anciens réfugiés ont été embauchés au HCR au Soudan du Sud pour venir en aide aux réfugiés soudanais.
Soudan du Sud : La fuite de SannaPlay video

Soudan du Sud : La fuite de Sanna

L'année dernière, des raids aériens et des attaques terrestres sur des villages de l'Etat du Nil bleu au Soudan ont forcé des civils à fuir vers le Soudan du Sud. Sanna témoigne sur son voyage vers l'exil.