Des Congolais rentrent chez eux, malgré la situation incertaine à l'est de la RDC

Articles d'actualité, 22 novembre 2012

© HCR/F.Noy
Le camp de Mugunga III, à l'ouest de Goma, la ville qui a été prise par le M23 en début de cette semaine.

GOMA, République démocratique du Congo, 22 novembre (HCR) Deux jours après la prise de Goma, la capitale provinciale, par les combattants rebelle, des centaines de civils quittent un camp de déplacés et rentrent chez eux dans une ancienne zone de combats de l'est de la RDC.

« Je l'ai vu de mes propres yeux à Mugunga III [le camp] », a indiqué l'employé du HCR Kouassi Lazare Etien, en faisant référence au camp situé près de Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu en RDC. « Maintenant que les combats ont cessé [dans le territoire de Rutshuru, leur région d'origine, à environ 30 kilomètres au nord], ils veulent rentrer chez eux... personne ne les y a forcés... », a-t-il ajouté.

Toutefois, il a ajouté que les déplacés rentrent chez eux également du fait de l'interruption de la livraison d'assistance causée par l'insécurité, tout en soulignant que les provinces du Nord et du Sud-Kivu demeurent très instables et incertaines. Des membres du personnel du HCR ont fait état d'échanges de tirs nourris qui se faisaient entendre depuis la zone de Sake au Nord-Kivu jeudi après-midi. La ville de Sake est tombée aux mains des rebelles mercredi. Des personnes déplacées se dirigeraient vers Goma à environ 20 kilomètres de là.

Kouassi Lazare Etien dirige le bureau du HCR à Goma et il est resté sur place pendant la crise, y compris durant la prise de la ville mardi par le mouvement M23. Il a noté que la population de Mugunga III et d'autres camps, comme Mugunga I et le Lac Vert, avait augmenté après l'arrivée de personnes fuyant les combats, y compris plus de 30 000 personnes depuis Kanyaruchinya vers le nord de Goma. Mais leur situation est devenue de plus en plus difficile.

« Depuis trois ou quatre jours, à cause de la crise, aucun acteur humanitaire n'a pu se rendre dans le camp. C'est pourquoi les déplacés qui ont quitté Kanyaruchinya pour Mugunga n'ont reçu aucune assistance », a-t-il indiqué, ajoutant que, depuis mercredi, beaucoup ont commencé à rentrer chez eux dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu.

« Maintenant que le M23 a pris Goma, ils pensent que le territoire de Rutshuru est suffisamment sûr pour rentrer. Par ailleurs, leur situation est difficile dans les camps de déplacés, où ils ne bénéficient plus d'une assistance pleine et entière », a-t-il souligné. Le HCR et de nombreuses autres organisations humanitaires ont évacué leur personnel non-essentiel vers le Rwanda au début de cette semaine.

Kouassi Lazare Etien s'est rendu à Mugunga pour tenter d'évaluer les besoins. Il a fait part de son espoir selon lequel les autorités et les agences d'aide humanitaire, y compris le Programme alimentaire mondial (PAM), pourraient fournir deux ou trois jours de rations alimentaires aux personnes de retour chez elles, afin qu'ils prennent des forces pour le voyage.

« Nous voulons les aider », a indiqué Kouassi Lazare Etien, en faisant référence au transport des personnes les plus vulnérables, une fois que la situation de sécurité le permettra. Le HCR et ses partenaires clés, l'UNICEF et le PAM, travaillent ensemble pour essayer de reprendre le programme d'aide. Un peu d'aide a été distribuée aux plus nécessiteux.

Toutefois, Kouassi Lazare Etien a indiqué que les personnes ayant fui le territoire de Masisi, lors de l'éruption des combats en avril entre les forces gouvernementales et le mouvement M23, n'étaient pas rentrées chez elles. Il a indiqué que leur sort est un problème urgent pour le HCR.

Parallèlement, des représentants du HCR ont indiqué que la situation à Goma était revenue à un semblant de normalité. Les boutiques sont ouvertes et de nombreuses motos ont recommencé à circuler sur les routes, un signe formel de retour à la normalité. « Nous pouvons voir que les gens sortent en ville sans aucun problème », a expliqué Kouassi Lazare Etien.

La situation générale dans l'est et à travers le pays reste néanmoins tendue et incertaine. Lors d'une réunion publique à Goma mercredi, un porte-parole du M23 a indiqué que le prochain objectif était Bukavu, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu, également en proie aux violences et aux déplacements de populations.

Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), on compte plus de 1,6 million de déplacés internes dans le Nord- et le Sud-Kivu, y compris 285 000 nouveaux déplacés entre juillet et septembre.

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