Le HCR exhorte les parties au conflit dans l'est de la RDC à protéger les civils déplacés

Articles d'actualité, 21 novembre 2012

© HCR/G. Ramazani
Des déplacés internes à Kanyaruchinya au Nord-Kivu. Le camp s'est vidé de ses habitants durant les derniers combats.

GOMA, République démocratique du Congo, 21 novembre (HCR) Le HCR a exhorté mercredi toutes les parties au conflit, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), à assurer la sécurité de dizaines de milliers de personnes déplacées par les combats et la prise de la capitale provinciale de Goma par les rebelles.

« Il est clair que nous sommes face à une situation de déplacement multiple », a déclaré Stefano Severe, Représentant régional du HCR. Il faisait référence aux dizaines de milliers de personnes qui ont fui pour sauver leur vie depuis l'éruption des combats jeudi dernier au Nord-Kivu entre les troupes gouvernementales et les rebelles du mouvement M23. Les rebelles ont capturé Goma, une ville clé, mardi.

Le nombre total de personnes déplacées est actuellement incertain mais au moins 60 000 personnes ont fui le camp de déplacés de Kanyaruchinya au nord de Goma. Beaucoup ont trouvé refuge au camp de Mugunga III, à l'ouest de la capitale provinciale où, samedi dernier, quelque 10 000 personnes étaient déjà arrivées.

Comme d'autres grandes organisations humanitaires organisant l'aide aux déplacés notamment depuis des bureaux à Goma, le HCR a évacué, mardi, son personnel non essentiel vers le Rwanda voisin, en laissant un effectif incompressible à Goma. Les employés restés à Goma ont fait part d'une situation calme mercredi. Ils devaient participer à une réunion aujourd'hui à Goma avec d'autres organisations humanitaires sur l'aide aux personnes déplacées.

Certaines informations non confirmées faisant état de violations des droits humains, le HCR est vivement préoccupé par la sécurité et le bien-être des civils nouvellement déracinés ainsi que des personnes qui se trouvaient déjà dans les camps après avoir été déplacées lors de précédentes vagues de combats.

« Nous appelons toutes les parties armées au conflit à assurer efficacement la sécurité des civils, à faciliter leur évacuation depuis les zones de combat et à protéger les bâtiments publics où ils ont trouvé refuge », a déclaré Stefano Severe.

« Le HCR exhorte toutes les parties à prendre des mesures pour protéger les civils et empêcher des attaques aveugles et disproportionnées contre eux », a-t-il ajouté. Stefano Severe a également demandé que les camps de déplacés soient protégés. Le caractère civil des camps doit être par ailleurs respecté.

Le HCR est également préoccupé par la violence et les manifestations visant le complexe des locaux des Nations Unies depuis la chute de Goma, y ??compris certains bureaux du HCR qui ont été endommagés dans la ville de Bunia, au nord-est.

Parallèlement, les derniers combats au Nord-Kivu ont eu peu d'impact sur l'Ouganda voisin, où plus de 53 000 réfugiés ont été enregistrés depuis janvier dernier. Quelque 33 500 d'entre eux ont été transférés dans des installations de réfugiés. D'autres sont rentrés chez eux ou sont hébergés par des familles d'accueil.

Au Rwanda, la semaine dernière, de nombreux Congolais ont traversé la frontière à Gisenyi, à l'est de Goma. Toutefois, beaucoup sont déjà rentrés au Nord-Kivu, soit environ 6 000 personnes selon les toutes dernières statistiques.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Manuel pour la protection des déplacés internes

Dans plus de 50 pays du monde entier, quelque 24 millions de personnes sont déracinées et déplacées dans leur propre pays suite à un conflit ou à des violations des droits de l'homme.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées fuient en quête de sécurité dans d'autres régions au sein même de leur pays, où ils ont besoin d'une aide.

Crise de la RD du Congo : Appel Urgent

L'intensité des combats de ces derniers mois a forcé plus de 64 000 Congolais à fuir leur pays.

Donnez pour cette crise

Le HCR et ses partenaires apportent de l'aide au Nord-Kivu

Alors qu'une distribution alimentaire massive a lieu dans six camps gérés par le HCR pour des dizaines de milliers de déplacés internes congolais au Nord-Kivu, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés continue à fournir des abris et des articles domestiques dont le besoin se fait ressentir d'urgence.

Un convoi de quatre camions, transportant 33 tonnes de divers biens de secours, notamment des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des jerrycans, a voyagé mercredi depuis le Rwanda vers Goma, la capitale de la province affectée par le conflit et située à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). L'aide, en provenance d'un entrepôt régional d'urgence situé en Tanzanie, devait être distribuée immédiatement. L'aide d'urgence est arrivée à Goma alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) débutait, conjointement avec le HCR, une distribution de vivres pour quelque 135 000 déplacés internes hébergés dans les six camps situés aux alentours de Goma et gérés par le HCR.

Plus de 250 000 personnes sont déplacées dans le Nord-Kivu depuis la reprise des combats en août. On estime que la population déplacée s'élève à plus de 1,3 million de personnes dans cette province à elle seule.

Le HCR et ses partenaires apportent de l'aide au Nord-Kivu

Déplacements incessants de population au Nord-Kivu

Les combats font rage dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), sans aucune perspective d'accalmie en vue pour des centaines de milliers de Congolais forcés à fuir la violence et l'insécurité ces deux dernières années. Des vagues successives de conflit sont à l'origine de déplacements en continu, et souvent les familles sont séparées. Au moins un million de personnes sont déracinées dans le Nord-Kivu, la province la plus touchée. Après des années de conflit, plus de 1 000 personnes meurent chaque jour - principalement de faim ou de maladies qui pourraient être pourtant soignées. Dans certaines régions, deux femmes sur trois sont victimes de viols. Les enlèvements sont toujours fréquents, et des enfants sont recrutés de force pour combattre. Des cas de choléra et d'autres maladies se sont accrus, alors que la situation se détériore et que les organisations humanitaires luttent pour répondre aux besoins de la population.

Lorsque la crise de déplacement a empiré dans le Nord-Kivu en 2007, l'agence pour les réfugiés a envoyé plusieurs équipes d'urgence sur place et a mis en oeuvre des opérations dans plusieurs camps accueillant des déplacés. Les efforts d'assistance comprennent aussi l'enregistrement de la population déplacée et la distribution d'articles non alimentaires. Le HCR mène également un contrôle dans le domaine de la protection pour identifier les abus des droits humains et d'autres problèmes, auxquels sont confrontés les déplacés dans le Nord et le Sud-Kivu.

Juin 2009

Déplacements incessants de population au Nord-Kivu

La crise continue au Nord-Kivu

Dans la province du Nord-Kivu en RDC (République démocratique du Congo), l'insécurité persiste et plus de 500 000 personnes sont des déplacés internes. Un grand nombre d'entre eux sont déplacés pour la deuxième ou la troisième fois consécutive. Le conflit armé, la persécution des populations civiles, les meurtres, les enlèvements, les abus sexuels et le recrutement forcé des enfants sont les motifs de déplacement. Les signalements de viols et de meurtres se comptent par milliers. Quelque 176 000 déplacés vivent dans le district de Masisi, y compris 49 000 d'entre eux accueillis dans 19 camps. Les conditions de vie sont précaires, des familles entières vivent dans des huttes de fortune comptant une pièce unique sans eau potable ni accès aux services essentiels. Le HCR est préoccupé par la situation sécuritaire, les conditions de vie et l'avenir de ces personnes déplacées. Même si quelque 36 000 personnes auparavant hébergées dans des camps au Nord-Kivu ont réussi à rentrer dans leurs villages d'origine en 2010, environ 72 000 personnes restent déplacées à ce jour.

Le HCR coordonne la gestion de 31 camps de déplacés et fournit une assistance d'urgence. Ces camps sont localisés à travers tout le Nord-Kivu. Le HCR est confronté à des défis de taille en termes d'accès aux zones où les déplacés ont trouvé refuge et l'agence pour les réfugiés continue à réclamer l'accès humanitaire aux personnes dans le besoin afin de leur venir en aide.

La crise continue au Nord-Kivu

RDC : retour à KimokaPlay video

RDC : retour à Kimoka

En 2007 et 2008, les conflits armés avaient contraint des centaines de milliers de Congolais à fuir la province du Nord-Kivu. Les habitants du village de Kimoka sont enfin de retour chez eux.
RDC : Au bord du gouffrePlay video

RDC : Au bord du gouffre

Fatuma Kapuweli, une mère chef de famille et déplacée interne en RDC, craint pour la sécurité et le bien-être de ses enfants.