80 000 déplacés internes rentrent chez eux dans le sud du Yémen

Articles d'actualité, 16 novembre 2012

© HCR/R.Nuri
Les déplacés internes enregistrés par le HCR après avoir fui les combats rentrent désormais chez eux dans le sud du Yémen.

GENÈVE, 16 novembre (HCR) Le HCR a aidé plus de 80 000 déplacés internes yéménites à rentrer chez eux dans le sud du pays, soit la baisse la plus significative du nombre de déplacés depuis l'éruption des combats il y a 18 mois.

« Dans le sud du Yémen, le HCR voit des déplacés rentrer chez eux en nombre croissant », a indiqué Adrian Edwards, le porte-parole du HCR. « Ces quatre derniers mois, en collaboration avec les autorités yéménites, nous avons aidé plus de 80 000 personnes au retour chez elles. D'autres retours sont également en cours. »

« C'est la première baisse significative pour les populations déplacées depuis mai 2011, lorsque des combats avaient éclaté entre les troupes gouvernementales et des militants au sud du Yémen », a indiqué Adrian Edwards.

Cette baisse dans le déplacement de populations fait suite au rétablissement de l'autorité gouvernementale dans la province d'Abyan au sud du pays en juillet dernier.

Au début, les retours étaient plutôt lents du fait de la présence généralisée de mines antipersonnel et de munitions non explosées, ainsi que des dommages considérables sur les infrastructures dans plusieurs zones. Dans de nombreux cas, les civils voulaient aussi mieux se rendre compte par eux-mêmes de l'amélioration de la situation sécuritaire. Cependant, après des programmes mis en œuvre par le Gouvernement yéménite pour le déminage et d'autres améliorations de la situation sécuritaire, davantage de familles ont désormais pris la décision de rentrer.

La plupart des retours se sont déroulés depuis Aden où, sur les 25 000 personnes déplacées qui avaient trouvé refuge dans des écoles et autres bâtiments publics, environ 23 500 sont revenues dans la province d'Abyan. De ce fait, l'enseignement a pu reprendre dans ces écoles, même si elles ont encore besoin de travaux de rénovation après avoir servi de centres d'hébergement collectifs pour les déplacés durant plus d'un an.

Les 1 500 personnes déplacées qui vivent encore dans des écoles à Aden seront transférées dans huit bâtiments (un dans chaque quartier d'Aden). Le HCR, en accord avec les autorités, procède à la réhabilitation de ces huit bâtiments qui serviront de logements temporaires.

Les autorités couvrent les frais de transport pour les personnes de retour à Abyan (en allouant un montant d'environ 70 dollars par famille). Des employés de sécurité sont présents à des points de contrôle routiers pour assurer un passage en toute sécurité. A Abyan même, le HCR et d'autres agences humanitaires fournissent une aide supplémentaire.

En tant qu'agence internationale humanitaire chef de file pour la réponse aux besoins des personnes déplacées et des rapatriés dans le domaine de l'hébergement, le HCR a distribué des kits de réparation pour les logements à environ 32 000 personnes ainsi que des colis d'articles non alimentaires à 33 000 personnes. Ces colis comprennent des matelas, des couvertures, des ustensiles de cuisine, des bâches en plastique et des outils. Par ailleurs, le HCR s'apprête à venir en aide à 180 000 personnes à Abyan en leur allouant des abris et en leur distribuant des kits de secours contenant des articles non alimentaires.

« Actuellement, les défis incluent d'importants dégâts sur les biens et les infrastructures, une situation sécuritaire encore fragile et la rareté des services publics », a indiqué Adrian Edwards.

« Un soutien continu de la part de la communauté internationale et une situation de sécurité stable sont essentiels pour la durabilité des retours. Et ce, en particulier s'il ne doit plus y avoir de déplacés internes dans le sud du Yémen en 2013. »

Parallèlement, au nord du Yémen, plus de 300 000 personnes restent déplacées par le conflit qui survient par intermittence depuis 2004 entre les forces gouvernementales yéménites et les milices Al Houthi. L'insécurité continue y entrave les retours, alors que des affrontements tribaux avaient généré plus tôt en 2012 plus de 6 000 nouveaux déplacés dans les gouvernorats du nord.

Malgré les défis auxquels le pays est confronté, le Yémen reste l'un des pays les plus généreux pour l'accueil de réfugiés avec, sur son territoire, plus de 232 000 réfugiés, principalement des Somaliens. Alors que l'année 2011 avait vu un afflux record de 103 000 réfugiés et migrants, à ce jour, en 2012, il y a eu plus de 90 500 nouveaux arrivants, principalement des Ethiopiens.

Le HCR au Yémen mène des programmes d'aide humanitaire cruciaux dans l'ensemble du pays, avec neuf bureaux et 200 employés nationaux et internationaux sur le terrain. En 2011, le partenaire opérationnel du HCR, la Société pour la solidarité humanitaire (SHS), a reçu la distinction Nansen pour son action dévouée dans l'assistance vitale aux milliers de réfugiés et de migrants qui débarquent chaque année sur les côtes du Yémen après avoir franchi le golfe d'Aden en bateau.

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Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

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Un nombre alarmant de personnes meurent en tentant de rejoindre le Yémen à bord d'embarcations de passeurs, dans le Golfe d'Aden, en partance de Somalie. En l'espace de trois semaines, fin 2005, au moins 150 personnes ont péri lors de ces traversées. Ces morts surviennent lors du chavirement des embarcations surchargées ou bien de leur dérive sans eau potable ni vivres. Ceux qui parviennent au terme de leur périple au Yémen racontent souvent que les voyageurs sont battus par les passeurs ou forcés à sauter par-dessus bord encore loin de la côte - parfois les mains et les pieds liés.

En réaction, l'UNHCR a appelé la communauté internationale à agir d'urgence pour endiguer le flux de réfugiés et d'immigrants éthiopiens et somaliens désespérés tombant aux mains de trafiquants sans scrupules dans l'espoir de rejoindre le Yémen puis d'autres pays. L'agence pour les réfugiés a également travaillé avec les autorités du Puntland, au nord-est de la Somalie, sur les moyens d'informer les gens sur le danger d'emprunter des bateaux de passeurs pour traverser le Golfe d'Aden. Ces moyens incluent la production de vidéos et de programmes radios, afin de sensibiliser les Somaliens et les Ethiopiens aux risques de ces traversées.

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Une fois à Bossasso, ils payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden sur des bateaux de passeurs. Ils attendent souvent des semaines dans des abris de fortune ou des foyers, jusqu'à ce qu'un appel soudain les presse à partir un soir, à bord de bateaux surchargés et impropres à la navigation.

En mer, ils sont la proie des passeurs. Certains passagers sont battus, poignardés, tués et leurs corps sans vie sont jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les côtes du Yémen, où sont enterrés des centaines d'innocents morts en route.

L'ONG yéménite SHS (Société pour la solidarité humaine) vient en aide à ces personnes depuis 1995. Le 13 septembre 2011, le HCR a annoncé que la distinction Nansen 2011 pour les réfugiés est décernée à SHS pour ses efforts exceptionnels dans l'assistance aux personnes arrivées depuis le golfe d'Aden et la mer Rouge.

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