Le HCR contient difficilement l'épidémie d'hépatite E au Soudan du Sud

Articles d'actualité, 9 novembre 2012

© HCR/B.Sokol
Un réfugié âgé bénéficie de soins médicaux à son arrivée au camp de réfugiés au Soudan du Sud.

JUBA, Soudan du Sud, 9 novembre (HCR) Le HCR a prévenu vendredi que sa capacité à contenir une épidémie d'hépatite E parmi les réfugiés arrivés au Soudan du Sud est mise à rude épreuve. Parallèlement son opération d'urgence pourrait manquer de financement. « Le risque croira s'il y a prochainement, comme prévu, un afflux de réfugiés depuis les Etats du Sud-Kordofan et du Nil Bleu au Soudan voisin », a indiqué Adrian Edward, porte-parole du HCR.

En raison de l'insécurité et de la détérioration des conditions humanitaires dans les Etats du Sud-Kordofan et du Nil Bleu, le personnel du HCR sur le terrain s'attend à l'arrivée de milliers de nouveaux réfugiés dans les prochaines semaines quand les routes deviendront praticables après la saison des pluies.

Le HCR et ses partenaires, y compris les autorités de santé au Soudan du Sud, luttent déjà une épidémie d'hépatite E dans les États du Haut-Nil et d'Unity, deux régions où la maladie est endémique et où 175 000 réfugiés soudanais ont trouvé refuge.

« Nous comptons 1 050 cas d'hépatite E dans les camps de réfugiés », a déclaré Adrian Edwards. « À ce jour, 26 réfugiés sont décédés dans les camps du Haut-Nil. Il y a eu 10 décès de plus depuis la mi-septembre », a-t-il ajouté. Après avoir été contracté, le virus de l'hépatite E se propage par la consommation d'aliments et d'eau contaminés. Il endommage le foie.

Potentiellement mortel, le risque d'infection est élevé dans des installations densément peuplées comme les camps de réfugiés. Cette situation est exacerbée pendant la saison des pluies à cause des inondations et du manque d'installations sanitaires. Les femmes et les petits enfants sont les plus vulnérables.

Le diagnostic précoce est essentiel pour la survie des malades. Adrian Edwards a déclaré que le HCR travaille avec les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC), la principale agence gouvernementale américaine en matière de protection de la santé publique et de sécurité qui a envoyé six personnes pour tester l'eau et des échantillons de sang ainsi que conduire des entretiens, maison par maison, sur les pratiques d'hygiène.

Pour lutter contre la propagation de la maladie parmi les dizaines de milliers de réfugiés soudanais au Soudan du Sud, « nous communiquons sur les meilleures pratiques d'hygiène par le biais de centaines de travailleurs communautaires qui ont été formés. Dans tous les camps, ce programme de sensibilisation communautaire comprend des actions de dépistage », a déclaré Adrian Edwards.

L'agence pour les réfugiés a également travaillé à améliorer l'approvisionnement en eau potable dans les camps, ainsi que l'amélioration des latrines et l'installation de davantage de points pour le lavage et de savon.

Ces mesures ont contribué à ralentir la propagation de la maladie. Toutefois, le HCR lutte pour respecter les normes humanitaires minimales comme la fourniture de 15 à 20 litres d'eau potable par réfugié et par jour ou la construction de suffisamment de latrines pour que chaque unité soit partagée par 20 réfugiés au maximum.

Adrian Edwards a souligné que l'opération du HCR au Soudan du Sud est confrontée à une grave pénurie de fonds. « Le HCR a besoin d'un minimum de 20 millions de dollars jusqu'à la fin de l'année pour maintenir les activités d'aide humanitaire essentielle. Sur notre appel révisé d'un montant de 186 millions de dollars, seulement 40% des fonds ont été reçus à ce jour. Les ONG internationales ont également besoin de financement supplémentaire au-delà de ce montant, afin de s'assurer que toutes les activités peuvent être réalisées pour répondre aux besoins », a-t-il souligné.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise au Soudan du Sud : Appel urgent

Donnez maintenant et aidez des dizaines de milliers de personnes fuyant le Soudan du Sud pour échapper à la violence.

Donnez pour cette crise

Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

A la veille du référendum portant sur l'autodétermination du Sud-Soudan le 9 janvier 2011, des dizaines de milliers de personnes qui vivaient dans le nord du Soudan ont plié bagage pour rentrer dans leurs villages d'origine au sud du pays. Le HCR a établi des points d'escale le long des axes de retour vers le Sud-Soudan, afin de distribuer des vivres aux voyageurs et de leur fournir un lieu sûr pour qu'ils se reposent durant ce pénible voyage. Plusieurs cas d'attaques et de viols perpétrés contre des voyageurs ont justifié l'ouverture de ces centres où les femmes, les enfants et les personnes handicapées peuvent passer la nuit. Le HCR a mobilisé des ressources pour répondre aux besoins de 50 000 personnes, dans l'éventualité d'un déplacement massif suite aux résultats du vote.

Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

Tchad : l'éducation en exil

L'UNHCR s'associe avec le Ministère de l'éducation et des partenaires ONG pour améliorer l'éducation des réfugiés soudanais au Tchad. La violence continue dans la région ouest du Darfour, au Soudan, a déraciné deux millions de Soudanais dans leur propre pays et a fait fuir quelque 230 000 personnes de l'autre côté de la frontière dans l'est du Tchad. Les réfugiés sont hébergés dans 12 camps au Tchad. Bien que le taux d'inscription à l'école dans les camps au Tchad soit élevé, l'assiduité est variable. Le manque d'instituteurs qualifiés et de fournitures scolaires perturbe le déroulement des classes. Par ailleurs, de nombreux enfants sont accaparés par les tâches domestiques, tandis que d'autres arrêtent l'école pour travailler dans des familles tchadiennes. La fréquentation des filles est moins régulière, surtout après leur mariage qui a lieu généralement lorsqu'elles ont 12 ou 13 ans. Pour les garçons et adolescents, fréquenter l'école diminue le risque d'être recruté par différents groupes armés opérant dans la région.

L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

Tchad : l'éducation en exil

Crise sanitaire au Soudan du Sud

Quelque 105 000 réfugiés se sont regroupés dans le Comté de Maban, au Soudan du Sud. De graves risques pèsent sur la santé de nombre d'entre eux. Le HCR et ses partenaires travaillent d'arrache-pied pour prévenir et contenir l'épidémie de paludisme et plusieurs maladies hydriques.

La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

Crise sanitaire au Soudan du Sud

Soudan du Sud : Le chef du HCR Play video

Soudan du Sud : Le chef du HCR

Le Haut Commissaire du HCR se rend auprès des réfugiés dans l'installation de Yida, située non loin de la frontière avec le Soudan en proie à l'instabilité.
Soudan du Sud : Fier d'aider les réfugiésPlay video

Soudan du Sud : Fier d'aider les réfugiés

D'anciens réfugiés ont été embauchés au HCR au Soudan du Sud pour venir en aide aux réfugiés soudanais.
Soudan du Sud : La fuite de SannaPlay video

Soudan du Sud : La fuite de Sanna

L'année dernière, des raids aériens et des attaques terrestres sur des villages de l'Etat du Nil bleu au Soudan ont forcé des civils à fuir vers le Soudan du Sud. Sanna témoigne sur son voyage vers l'exil.