Soudan du Sud : Le HCR s'apprête à transférer des réfugiés depuis l'installation de Yida

Points de presse, 2 novembre 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 2 novembre 2012 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR est préoccupé par la sécurité de près de 63 000 réfugiés soudanais dans l'installation de Yida au Soudan du Sud et s'apprête à transférer ces civils vulnérables vers un lieu plus sûr. L'agence pour les réfugiés a commencé à évaluer de nouveaux sites pour y ouvrir des camps de réfugiés.

Des employés du HCR et de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud ont mené une mission conjointe en hélicoptère, pour explorer l'adéquation et l'accessibilité des sites potentiels alloués par les autorités du Soudan du Sud, où pourront être transférés des réfugiés.

Nous sommes quotidiennement en contact avec les autorités pour ce transfert de réfugiés. Des experts du HCR seront présents dans la région la semaine prochaine, pour y concevoir de nouveaux sites à la fois pour les réfugiés actuellement à Yida et en prévision de nouveaux afflux de réfugiés qui pourraient fuir les affrontements dans l'Etat du Sud-Kordofan [Soudan] dès la fin de la saison des pluies.

La proximité de la localité de Yida avec la frontière en fait un environnement à haut risque pour la protection des réfugiés, avec la présence récurrente de personnes armées dans et autour de l'installation. En ce moment, la sécurité des réfugiés et le caractère civil de l'installation ne peuvent être garantis. Nous faisons état aux autorités du Soudan du Sud d'incidents dus à la présence d'éléments armés.

La sécurité des réfugiés reste une préoccupation pour le HCR. Ce qui rend la situation particulièrement préoccupante à Yida, c'est que près de 70% des réfugiés sont âgés de moins de 18 ans.

Le HCR et ses partenaires ont créé sept comités de protection de l'enfance avec la communauté réfugiée. Quand des enfants arrivent seuls, nous nous assurons qu'ils sont rapidement réunis avec leurs proches déjà installés dans Yida ou alors nous les orientons vers des familles d'accueil pour qu'ils soient moins vulnérables.

La situation financière actuelle rend difficile pour le HCR de répondre aux besoins même les plus urgents de quelque 175 000 réfugiés dans les Etats d'Unity et du Nil supérieur au Soudan du Sud. L'opération soudanaise est considérablement sous-financée.

L'appel révisé du HCR pour cette année s'élève à 186 millions de dollars, dont seulement 40% ont été reçus à ce jour. Au minimum, un financement de 20 millions de dollars doit être reçu avant janvier prochain. Les ONG internationales ont également besoin de fonds supplémentaires au-delà de ce montant, afin d'assurer que toutes les activités peuvent être mises en œuvre en fonction des besoins.

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La résilience et la dignité des réfugiés au Soudan du Sud

Depuis septembre 2011, plus de 100 000 réfugiés soudanais ont fui les raids aériens et les affrontements survenant dans leur pays d'origine. Ils ont trouvé refuge dans l'Etat du Nil supérieur au Soudan du Sud. Hébergés dans quatre camps de réfugiés dans le comté de Maban, ils font face à des difficiles conditions de vie qui ont empiré durant la saison des pluies. Le personnel du HCR vit également dans des conditions difficiles dans l'une des zones les plus isolées et difficiles d'accès au Soudan du Sud.

Les réfugiés sont reconnaissants de l'aide vitale qu'ils reçoivent du HCR et de ses partenaires humanitaires. Ils sont également un exemple de l'extraordinaire résilience qui peut caractériser les êtres humains. Ces photos ont été prises par des employés du HCR. Elles montrent leurs conditions de vie pour que les réfugiés gardent espoir et dignité.

La résilience et la dignité des réfugiés au Soudan du Sud

La vie de réfugié dans un lieu reculé au Soudan du Sud

L'année dernière, des milliers de personnes de l'Etat du Sud-Kordofan au Soudan ont fui la violence en quête de sécurité. Ils ont rejoint le Soudan du Sud et le camp de réfugiés de Yida, situé juste en face de la frontière. A la fin septembre, Yida hébergeait environ 65 000 réfugiés originaires de la région des monts Nouba. Situé dans l'un des lieux les plus isolés au Soudan du Sud, Yida est désormais une île virtuelle du fait de la saison des pluies qui a rendu impraticables les routes d'accès.

Chaque jour, des réfugiés continuent d'arriver depuis l'autre côté de la frontière après un pénible voyage. Ils sont tous épuisés et un nombre croissant d'entre eux est en mauvaise santé. De nouvelles attaques aériennes et terrestres poussent de plus en plus de gens à fuir.

Le HCR et des partenaires humanitaires sur le terrain assurent la protection et fournissent une assistance vitale à la communauté réfugiée dans le cadre de l'une des opérations les plus délicates au monde. Les photographies ci-dessous, réalisées par Kathryn Mahoney, chargée d'information au HCR, décrivent la vie quotidienne des réfugiés à Yida.

La vie de réfugié dans un lieu reculé au Soudan du Sud

Une famille déracinée au Soudan du Sud

Après l'éruption des combats à Kormaganza dans l'Etat du Nil bleu en septembre l'année dernière, la famille de Dawa Musa, 80 ans, a décidé de fuir vers le village voisin de Mafot. Dawa était trop frêle pour faire le voyage de deux jours à pied. Aussi son fils, Awad Kutuk Tungud, l'a cachée dans des buissons durant trois jours pendant qu'il mettait sa femme, Alahia et leurs neuf enfants en sécurité. Awad est revenu chercher sa mère et l'a portée jusqu'à Mafo où la famille est restée pendant quelques mois dans une relative sécurité, jusqu'à ce que des attaques aériennes bombardent le village.

A nouveau, Awad a fui avec sa famille - cette fois-ci au-delà de la frontière - vers le Soudan du Sud. Durant 15 jours épuisants, il a porté sa vieille mère et sa fille sur son dos jusqu'à la frontière à Al Fudj au mois de février. Le HCR a ensuite pris en charge le transport de la famille vers le camp de réfugiés de Jamam au Soudan du Sud. Ils ont vécu en sécurité pendant sept mois. Les pluies ont causé des inondations rendant difficile pour le HCR d'acheminer de l'eau potable au camp et d'éviter les risques de maladies d'origine hydrique.

Le HCR a ouvert un camp de réfugiés à Gendrassa, situé un peu en hauteur et à 55 kilomètres de Jamam. Dès lors, l'agence a débuté le transfert de 56 000 personnes depuis la frontière vers le camp. Parmi eux, se trouvaient Awad et sa famille. Awad a porté à nouveau sa mère, mais cette fois-ci vers une nouvelle tente à Gendrassa. Awad a commencé à cultiver la terre. « Revenez dans trois mois », a-t-il déclaré. « Le maïs aura déjà poussé. »

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