Le Burundi fait face à l'afflux de Congolais

Articles d'actualité, 24 octobre 2012

© HCR/B.Ntwari
Un groupe de réfugiés congolais après leur arrivée au Burundi en début de cette année.

BUJUMBURA, Burundi, 24 octobre (HCR) Alors que des dizaines de milliers de réfugiés congolais ont fui vers l'Ouganda et le Rwanda depuis avril, un plus petit nombre, mais toutefois significatif, de civils apeurés ont fui depuis l'est de la République démocratique du Congo et ont rejoint le Burundi en quête d'asile.

Environ 6000 Congolais principalement originaires de la province du Sud-Kivu ont traversé la frontière depuis janvier et ont cherché asile au Burundi, avec 4 334 d'entre eux qui sont arrivés entre avril et septembre. Un pic a été observé en août (1033) avant de retomber à 895 en septembre. En octobre, 527 réfugiés ont déjà traversé la frontière vers le Burundi. Ces chiffres se comparent à une moyenne mensuelle de 250 à 300 observée dans les premiers mois de l'année.

L'afflux a porté les trois camps de réfugiés congolais au Burundi Bwagiriza, Musasa et Gasorwe une sévère pression et un quatrième camp pourrait être nécessaire si des personnes continuent à arriver. Le camp de Bwagiriza, qui est particulièrement mis à rude épreuve, a une capacité d'accueil de 8000 personnes et en ce moment plus de 9900 personnes y sont hébergées. Les camps sont gérés par les autorités avec l'appui du HCR.

« La plus grande difficulté, c'est le manque d'hébergement pour les nouveaux arrivants ainsi que la satisfaction des besoins en soins de santé vu le nombre accru de personnes malades et vulnérables », a indiqué Catherine Huck, Représentante du HCR au Burundi. Elle a souligné que les choses s'amélioreraient seulement une fois que la situation sur le plan de la sécurité serait moins précaire dans l'est de la RDC.

Les motifs de la fuite en exil sont nombreux. En début d'année, des centaines de personnes ont fui de l'autre côté de la frontière pour échapper aux affrontements dans les districts d'Uvira et de Fizi entre différents groupes armés, y compris le groupe rebelle rwandais (principalement hutu) connu sous le nom de Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les milices Maï Maï.

La situation instable dans certaines parties de la province a été exacerbée par le conflit depuis avril entre la tribu Barundi dont les membres parlent le congolais et la tribu Bafuliru, ayant causé la mort d'au moins cinq personnes. Des tensions ont grandi entre les deux groupes après le meurtre en avril cette année du chef suprême des Barundi. Des groupes de Bafuliro ont également fui la violence entre les différents groupes armés.

Les Nations Unies et le Gouvernement congolais a essayé de négocier un accord de paix entre les communautés rivales, avec une toute dernière réunion qui a eu lieu à Uvira à la fin septembre.

Les nouveaux arrivants dans les camps de réfugiés sont hébergés dans des salles communes normalement utilisées pour des réunions en raison de la pénurie d'abris, mais celles-ci sont de plus en plus bondées. Le Gouvernement du Burundi a récemment alloué au HCR un terrain supplémentaire de 17 hectares sur lequel se trouve le camp de Bwagiriza, qui est situé à l'est du Burundi.

Mais le HCR a besoin de financement afin de faire construire 500 maisons, acheter des articles de secours pour les distribuer et fournir un appui au Bureau national burundais pour la protection des réfugiés, qui enregistre les arrivants.

Le Burundi abrite plus de 50 000 réfugiés et demandeurs d'asile congolais, dont environ la moitié sont hébergés dans des camps de réfugiés et le reste vit en milieu urbain. Presque tous sont originaires d'Uvira et certains vivent au Burundi depuis plus d'une décennie.

La situation au Nord- et au Sud-Kivu demeure instable, avec de fréquents affrontements entre les différents groupes armés ainsi que des tensions entre les groupes ethniques. Au Nord-Kivu, plus de 220 000 personnes ont été déplacées depuis le mois d'avril par la violence généralisée et les violations des droits humains ainsi que les combats entre les forces gouvernementales et les mutins du mouvement M23. Durant cette période, plus de 100 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du Sud-Kivu.

Plus de 40 000 personnes ont fui vers l'Ouganda et 20 000 autres au Rwanda. En septembre, le HCR a publié un appel de fonds supplémentaire de près de 40 millions de dollars pour ses opérations d'aide aux personnes déracinées dans l'est du Congo, en Ouganda et au Rwanda. Le Burundi pourrait être inclus dans un prochain appel de fonds.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise de la RD du Congo : Appel Urgent

L'intensité des combats de ces derniers mois a forcé plus de 64 000 Congolais à fuir leur pays.

Donnez pour cette crise

Le HCR et ses partenaires apportent de l'aide au Nord-Kivu

Alors qu'une distribution alimentaire massive a lieu dans six camps gérés par le HCR pour des dizaines de milliers de déplacés internes congolais au Nord-Kivu, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés continue à fournir des abris et des articles domestiques dont le besoin se fait ressentir d'urgence.

Un convoi de quatre camions, transportant 33 tonnes de divers biens de secours, notamment des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des jerrycans, a voyagé mercredi depuis le Rwanda vers Goma, la capitale de la province affectée par le conflit et située à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). L'aide, en provenance d'un entrepôt régional d'urgence situé en Tanzanie, devait être distribuée immédiatement. L'aide d'urgence est arrivée à Goma alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) débutait, conjointement avec le HCR, une distribution de vivres pour quelque 135 000 déplacés internes hébergés dans les six camps situés aux alentours de Goma et gérés par le HCR.

Plus de 250 000 personnes sont déplacées dans le Nord-Kivu depuis la reprise des combats en août. On estime que la population déplacée s'élève à plus de 1,3 million de personnes dans cette province à elle seule.

Le HCR et ses partenaires apportent de l'aide au Nord-Kivu

Déplacements incessants de population au Nord-Kivu

Les combats font rage dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), sans aucune perspective d'accalmie en vue pour des centaines de milliers de Congolais forcés à fuir la violence et l'insécurité ces deux dernières années. Des vagues successives de conflit sont à l'origine de déplacements en continu, et souvent les familles sont séparées. Au moins un million de personnes sont déracinées dans le Nord-Kivu, la province la plus touchée. Après des années de conflit, plus de 1 000 personnes meurent chaque jour - principalement de faim ou de maladies qui pourraient être pourtant soignées. Dans certaines régions, deux femmes sur trois sont victimes de viols. Les enlèvements sont toujours fréquents, et des enfants sont recrutés de force pour combattre. Des cas de choléra et d'autres maladies se sont accrus, alors que la situation se détériore et que les organisations humanitaires luttent pour répondre aux besoins de la population.

Lorsque la crise de déplacement a empiré dans le Nord-Kivu en 2007, l'agence pour les réfugiés a envoyé plusieurs équipes d'urgence sur place et a mis en oeuvre des opérations dans plusieurs camps accueillant des déplacés. Les efforts d'assistance comprennent aussi l'enregistrement de la population déplacée et la distribution d'articles non alimentaires. Le HCR mène également un contrôle dans le domaine de la protection pour identifier les abus des droits humains et d'autres problèmes, auxquels sont confrontés les déplacés dans le Nord et le Sud-Kivu.

Juin 2009

Déplacements incessants de population au Nord-Kivu

La crise continue au Nord-Kivu

Dans la province du Nord-Kivu en RDC (République démocratique du Congo), l'insécurité persiste et plus de 500 000 personnes sont des déplacés internes. Un grand nombre d'entre eux sont déplacés pour la deuxième ou la troisième fois consécutive. Le conflit armé, la persécution des populations civiles, les meurtres, les enlèvements, les abus sexuels et le recrutement forcé des enfants sont les motifs de déplacement. Les signalements de viols et de meurtres se comptent par milliers. Quelque 176 000 déplacés vivent dans le district de Masisi, y compris 49 000 d'entre eux accueillis dans 19 camps. Les conditions de vie sont précaires, des familles entières vivent dans des huttes de fortune comptant une pièce unique sans eau potable ni accès aux services essentiels. Le HCR est préoccupé par la situation sécuritaire, les conditions de vie et l'avenir de ces personnes déplacées. Même si quelque 36 000 personnes auparavant hébergées dans des camps au Nord-Kivu ont réussi à rentrer dans leurs villages d'origine en 2010, environ 72 000 personnes restent déplacées à ce jour.

Le HCR coordonne la gestion de 31 camps de déplacés et fournit une assistance d'urgence. Ces camps sont localisés à travers tout le Nord-Kivu. Le HCR est confronté à des défis de taille en termes d'accès aux zones où les déplacés ont trouvé refuge et l'agence pour les réfugiés continue à réclamer l'accès humanitaire aux personnes dans le besoin afin de leur venir en aide.

La crise continue au Nord-Kivu

Tanzanie : Vers la citoyennetéPlay video

Tanzanie : Vers la citoyenneté

En 2007, le HCR et le gouvernement tanzanien lui ont donné le choix : retourner chez lui ou devenir citoyen tanzanien. Pour Michael Sheltieri Namoya, la décision a vite été prise.
RDC : retour à KimokaPlay video

RDC : retour à Kimoka

En 2007 et 2008, les conflits armés avaient contraint des centaines de milliers de Congolais à fuir la province du Nord-Kivu. Les habitants du village de Kimoka sont enfin de retour chez eux.
RDC : Au bord du gouffrePlay video

RDC : Au bord du gouffre

Fatuma Kapuweli, une mère chef de famille et déplacée interne en RDC, craint pour la sécurité et le bien-être de ses enfants.